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La pandémie frappe durement une restauratrice

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Photo d'Archives, AFP

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Mère monoparentale avec trois enfants à sa charge, Cathy a assuré la survie financière de sa famille grâce à son petit restaurant situé dans un centre commercial. Mais la crise sanitaire a été fatale à ses affaires. 

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Pendant 15 ans, Cathy a travaillé dur pour opérer son comptoir de nourriture dans une foire alimentaire. Au fil du temps, elle a traversé des difficultés financières, rendant sa situation précaire bien avant que la pandémie frappe le Québec. Elle avait alors accumulé pour 40 000 $ de loyer en retard et se servait de ses cartes de crédit personnelles pour payer ses fournisseurs.

Quand en mars dernier tous les commerces non essentiels ont dû fermer leurs portes, cela a été la goutte qui a fait déborder le vase. Cathy était non seulement endettée, mais l’interruption des activités ne lui laissait également aucune chance de s’en sortir.

Des dettes écrasantes

Elle a d’abord songé à demander l’aide gouvernementale destinée aux entreprises et à négocier un sursis supplémentaire avec le propriétaire du centre commercial. Compte tenu des montants que la restauratrice lui devait déjà, celui-ci a refusé de prendre une entente avec elle.

À partir de là, tout s’est effondré pour Cathy. Épuisée psychologiquement et à bout de ressources, elle a cessé de se battre pour sauver son restaurant. Elle a également décidé de consulter une firme de syndic autorisé en insolvabilité afin d’obtenir des conseils pour gérer son endettement.

« La restauratrice est personnellement responsable du bail commercial et du loyer qui en découle. De plus, bien avant le mois de mars, elle avait aussi demandé un prêt et utilisé ses propres cartes de crédit afin de pouvoir poursuivre ses opérations, car les fournisseurs refusaient désormais de lui faire crédit », analyse Suzanne Savard, conseillère principale en redressement financier chez Raymond Chabot. 

À cela s’ajoutent 4000 $ de taxes de vente encore dues au gouvernement, de même que 9500 $ de déductions à la source impayées. Au total, c’est une écrasante dette de 70 000 $ à laquelle l’entrepreneure doit faire face, alors que son restaurant a cessé définitivement ses activités.

Seule issue : la faillite

Pour assurer sa subsistance, Cathy a déniché un emploi à temps partiel dans un magasin d’alimentation. Les épreuves qu’elle a traversées ont durement affecté sa santé, ce qui ne lui permet pas de travailler à temps plein. Avec un salaire de 1600 $ par mois, elle peut payer ses factures, son logement et rembourser son prêt auto, ce qui représente un montant mensuel de 1638 $. Heureusement, sa fille l’aide financièrement pour ce petit manque à gagner.

Dans son cas, la proposition de consommateur n’est pas une option, car cela nécessiterait des paiements mensuels qui dépassent largement ses capacités financières. La faillite est donc sa seule issue. Grâce à celle-ci, les intérêts cessent de courir sur les dettes et les poursuites des créanciers sont suspendues. Pendant neuf mois, elle devra verser une somme de 225 $ au syndic autorisé en insolvabilité, puis elle sera définitivement libérée de ses dettes. Ces montants mensuels seront également payés par sa fille. Puisqu’elle a besoin de son automobile pour se rendre à son travail et qu’elle est à jour dans le remboursement de son prêt auto, elle pourra également conserver son véhicule.

« Même si elle avait touché les aides gouvernementales, Cathy n’aurait pas réussi à sauver son restaurant. Il fallait se rendre à l’évidence. Elle l’a vécu comme un gros échec, mais au moins la faillite lui a permis d’en finir avec ses dettes, de retrouver la paix de l’esprit et de se concentrer désormais sur sa santé », conclut Suzanne Rivard. Néanmoins, son dossier de crédit portera la mention R-9, la pire, durant six ans après sa libération, ce qui compromettra sa capacité à obtenir du crédit pendant plusieurs années.

Sa situation financière  

Actif :  

  • Véhicule financé : montant encore dû de 20 000 $    

Dettes :  

  • Loyer commercial : 40 000 $  
  • Prêt personnel : 10 000 $  
  • Cartes de crédit : 6500 $  
  • TPS-TVQ : 4000 $  
  • Déductions à la source : 9500 $    

TOTAL DES DETTES : 70 000 $

Revenus mensuels  

  • Revenus d’emploi à temps partiel : 1600 $    

Dépenses mensuelles  

  • 1638 $ (incluant loyer, téléphone, électricité, assurances, épicerie, remboursement du prêt auto, etc.)