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Vol au-dessus d’un nid de coucous

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Photo d'archives Université d’Ottawa

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« La Révolution est comme Saturne : elle dévore ses propres enfants », lance Vergniaud en 1793.

Autrement dit, quand l’extrémisme parvient au pouvoir, il s’y accroche en se durcissant encore, et les révolutionnaires finissent par s’entredéchirer.

Vergniaud, qui prononça la culpabilité de Louis XVI, fut lui-même guillotiné peu après, comme Robespierre, Danton et tant d’autres.

Engrenage

Je vous ai déjà parlé du vent de folie, déguisé en antiracisme vertueux, qui balaie l’Université d’Ottawa.

Ça ne se calme pas. 

Suite aux protestations de quelques « crinqués », le doyen Kee avait suspendu une chargée de cours pour avoir prononcé le mot « nègre » dans un contexte pédagogique.

Le recteur Frémont n’y a pas vu un abus de pouvoir. 

Il a blâmé les profs qui ont défendu leur collègue et la liberté académique. 

Il a cautionné la censure.

Il a avalisé la cyberintimidation des profs par les étudiants. 

Il s’est dit déterminé à agir concrètement contre le racisme supposément virulent sur ce campus.

A-t-il hurlé avec les loups par opportunisme, conviction, ou peur ? Ça se discute. 

Mais devinez quoi...

Son bureau est occupé depuis vendredi. 

Les manifestants y étaient encore au moment où j’écris ces lignes.

Ils reprennent les revendications du lobby le plus militant : le Black, Indigenous and People of Colour (BIPOC) Professors and Librarians Caucus.

Oui, car ces étudiants ultraradicaux sont appuyés par des profs et des employés.

Ils rejettent le plan d’action du recteur qui n’irait pas assez loin. 

Ils veulent des cours obligatoires d’antiracisme pour tous.

Ils veulent des quotas d’embauches de profs noirs, spécialisés dans le racisme antinoirs, qui enseigneront, évidemment, le racisme antinoirs.

Et d’autres demandes encore.

Ironiquement, l’Université nomme un prof, Boulou Ebanda de B’béri, comme conseiller principal dans le dossier de l’antiracisme.

Il dit d’abord qu’on peut prononcer tous les mots s’il y a prudence, et que les étudiants avaient réagi de manière « épidermique ».

Il change ensuite d’avis : évitons tout mot « qui a la potentialité, aussi minime qu’elle soit » de heurter, ne serait-ce qu’une personne.

Il a mesuré la puissance du vent ? On lui a parlé ?

Allez sur YouTube visionner « Evergreen et les dérives du progressisme » sur les événements délirants survenus dans cette université américaine.

Nous sommes devenus « Evergreen of the North », me dit un collègue.

« Une fois qu’on commence à traiter avec le BIPOC, dit-il, on est pris dans un engrenage dont il est impossible de sortir. »

Il ajoute : « J’ai l’impression de regarder une maison brûler dans le désert, loin de toute source d’eau ».

Nous aussi

Le recteur Frémont ne devrait pas s’étonner.

En disant que le « groupe majoritaire » est collectivement coupable d’être ce qu’il est, collectivement responsable du racisme « systémique » sur le campus, il a admis faire partie du problème. 

Ces excités l’ont donc pris au mot.

Ces folies arrivent maintenant au Québec. Les dirigeants universitaires ont peur. Le message du retour à la raison doit venir de plus haut.

M. Legault, il y a des virus aussi dangereux que la COVID-19.