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Elle se filme pendant deux ans pour prouver son innocence

Elle se filme pendant deux ans pour prouver son innocence
AMÉLIE ST-YVES/AGENCE QMI

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Une femme de Trois-Rivières en mauvais termes depuis longtemps avec un voisin s’est filmée pendant deux ans chaque fois qu’elle sortait de chez elle pour finalement réussir à prouver que celui-ci inventait des histoires à son sujet. 

Marie-Ève Perron avait la gorge nouée et la voix tremblante quand elle s’est adressée au juge Denys Noël, qui lui a finalement donné raison le mois dernier.

«J’aimerais tellement que ce soit terminé... qu’on passe à d’autres choses [...] Je n’ai pas le goût de retourner à la maison et de me filmer pendant 20 ans encore», a déclaré la mère monoparentale de 36 ans.

Son voisin, Gilles Pelletier, un homme de 64 ans, a été trouvé coupable de méfaits, pour avoir faussement déclaré aux policiers que Mme Perron l’avait menacé de mort le 1er novembre 2018. Il a été condamné à trois mois d’emprisonnement dans la collectivité, c’est-à-dire chez lui avec, notamment, des sorties contrôlées pour des besoins de base seulement.

Pas une première

Ce n’était pas la première fois qu’il portait plainte contre elle. Marie-Ève Perron avait notamment été acquittée en 2019 pour menaces et il y avait eu arrêt des procédures en 2017 pour harcèlement. D’autres dossiers s’étaient conclus par un interdit de contact. Elle a donc eu affaire avec la police à plusieurs reprises.

«C’est dans ce contexte qu’un enquêteur lui a suggéré de filmer ses déplacements, en vue d’éviter qu’elle soit accusée à tort. Donc, depuis 2016, elle actionne une caméra sur le tableau de bord de son véhicule et une caméra à chaque fois qu’elle utilise son véhicule», a relaté le juge en rendant sa décision.

C’est ainsi que la victime a commencé à accumuler des images qui ont rempli trois disques durs externes.

Confronté aux preuves déposées par sa voisine, Gilles Pelletier a tenté de blâmer les policiers qui avaient pris sa déposition lorsqu’il a porté plainte, mais le juge ne l’a pas cru.

«Devant moi, il change sa déclaration. Il donne des explications complètement farfelues pour se justifier. Je ne le crois aucunement. Son témoignage ne soulève aucun doute à mon esprit», a dit le juge Noël.

Contactée par l’Agence QMI, Marie-Ève Perron a tenu à remercier le premier enquêteur qui l’a crue, quand elle se disait la véritable victime de cette affaire de chicane de voisins qui perdure depuis des années.