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La face cachée du parti communiste chinois que Justin Trudeau se refuse de voir

La face cachée du parti communiste chinois que Justin Trudeau se refuse de voir
Photo d'archives

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Depuis deux ans en date du 10 décembre, MM. Kovrig et Spavor croupissent dans une geôle chinoise dans des conditions inhumaines qualifiées de torture par Amnesty International parce que le gouvernement chinois a choisi par sa «diplomatie des otages» d’imposer des représailles politiques au Canada pour avoir arrêté Mme Meng Wanzhou, directrice financière de sa compagnie familiale Huawei.  

730 jours que MM. Kovrig et Spavor sont dans l’incertitude face à quand ils pourront rencontrer l’ambassadeur canadien en Chine, car le gouvernement chinois contrevient à l’accord consulaire Canada-Chine de 1999, ainsi qu’à l'article 36 du droit international de la Convention de Vienne sur les relations consulaires. Violation décriée, mais qui reste impunie par le gouvernement canadien. 

730 jours que le gouvernement chinois et ses ardents supporteurs canadiens, dont les anciens ministres libéraux John McCallum et Allan Rock, tentent par tous les moyens de convaincre les Canadiens que «le Canada a offensé les droits légitimes des citoyens chinois et des entreprises chinoises» et que le gouvernement de Justin Trudeau devrait s’immiscer dans un processus judiciaire indépendant afin de renvoyer la CFO de Huawei en Chine pour un échange potentiel de prisonnier digne des romans de John Le Carré. 

730 jours que Justin Trudeau refuse de bannir Huawei de notre réseau 5G alors que tous nos alliés l’ont fait directement ou indirectement afin de préserver l’intégrité de nos réseaux de communication. 

Huawei, comme rapporté par le Washington Post cette semaine, a développé un système de reconnaissance faciale pour détecter, surveiller et traquer les membres de minorités ethniques en Chine afin de les arrêter et de les envoyer dans des camps d’internement où plus d’un million d’entre eux y sont déjà emprisonnés pour la simple raison qu’ils sont musulmans. 

  • Écoutez l'entrevue de Me Jérôme Beaugrand-Champagne au micro de Richard Martineau sur QUB radio:

730 jours pendant lesquels le gouvernement libéral n’a toujours pas adopté une nouvelle politique étrangère envers un régime chinois reconnu coupable de génocide envers la population ouïghoure par un sous-comité parlementaire. 

Alors que le Parlement anglais vient d’adopter une loi qui rend caduque tout traité commercial avec un gouvernement étranger reconnu coupable de génocide, le gouvernement canadien ne fait que dénoncer timidement le traitement des Ouïghours par le parti communiste chinois sans adopter de sanctions tangibles. 

730 jours que les droits de la personne sont bafoués à Hong Kong, où on emprisonne impunément des activistes prodémocratie comme la jeune Agnès Chow, communément appelée la vraie Mulan, et le célèbre journaliste Jimmy Lai, pour avoir participé à des manifestations pacifiques contre l’adoption de la loi sur la sécurité nationale imposée par le gouvernement chinois. 

Alors que le Congrès américain adopte des sanctions de type Magnitsky contre les dirigeants de Hong Kong qui ont un véritable impact, le gouvernement canadien ne fait que suspendre son traité d’extradition avec Hong Kong sans se soucier du sort de plus de 300 000 Canadiens résidants à Hong Kong. 

730 jours que le gouvernement libéral tente par tous les moyens de stimuler les échanges commerciaux avec la Chine sans se soucier qu’il envoie un message de tolérance envers les actions coercitives du gouvernement chinois à notre égard. 

On apprenait cette semaine, grâce à des documents déclassifiés, que le ministère des Affaires extérieures sous la gouverne de la ministre Freeland voulait faire fi des recommandations de l’armée canadienne et inviter l’armée chinoise à s’entraîner avec nos forces armées sur le sol canadien afin de ne pas endommager la relation sino-canadienne sur la défense et la sécurité! 

Je ne savais pas que, pour la ministre Freeland, la Chine était notre alliée alors qu’elle bafoue les droits de l’Homme et retient en otages MM. Kovrig et Spavor! 

Alors que des rumeurs circulent sur la négociation d’un plaidoyer entre le département de la Justice américain et Mme Meng Wanzhou, MM. Kovrig et Spavor passeront vraisemblablement un troisième Noël en prison. Mme Meng Wanzhou ne devrait pas être libérée sans la garantie formelle de la libération de MM. Kovrig et Spavor, sans quoi le gouvernement libéral perdrait un précieux levier de négociation avec le régime communiste chinois. 

D’ici leur libération, je vous invite à suivre l’exemple de l’ancien ambassadeur canadien en Chine Guy Saint-Jacques et d’envoyer une carte avec vos meilleurs vœux à MM. Kovrig et Spavor en la postant à l’ambassade de Chine dont l’adresse est: 515, St. Patrick Street, Ottawa, ON, K1N 5H3. 

N’attendons plus que Justin Trudeau adopte de véritables actions contre le régime communiste chinois et démontrons à ce dernier que nous ne tolérons plus leurs infâmes actions! 

Jérôme Beaugrand-Champagne, avocat spécialisé en droit chinois et chargé de cours à la Faculté de droit de l’Université McGill

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