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La laïcité dans l’intérêt des enfants, plaide un avocat

Le Mouvement laïque québécois est un des rares à appuyer la Loi 21

GEN - DOSSIER PROCÈS LAICITÉ
Photo Martin Alarie Me Luc Alarie, du Mouvement laïque québécois, a plaidé en faveur de la Loi sur la laïcité, vendredi au palais de justice de Montréal.

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Les enseignants ont un devoir de réserve et ne doivent absolument pas faire valoir leurs croyances religieuses dans le cadre de leur travail, a plaidé vendredi le Mouvement laïque québécois.

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​« On doit toujours avoir à l’esprit l’intérêt des enfants. Le port du hijab représente une façon de vivre sa croyance, ça envoie un message à ceux qui le voient », a affirmé Me Luc Alarie, vendredi au palais de justice de Montréal.

L’avocat qui représente le Mouvement laïque québécois fait partie des trois groupes qui appuient le gouvernement, face à 17 groupes et individus qui veulent invalider la loi sur la laïcité, adoptée l’an dernier.

La Loi 21 interdit, entre autres, le port de signes religieux aux juges, policiers, procureurs, agents correctionnels et professeurs, dans le cadre de leurs fonctions.

Les personnes qui portaient un signe religieux avant l’entrée en vigueur de la loi bénéficient toutefois d’une clause de droit acquis.

Représentantes de l’État

Lors du procès, des enseignantes et aspirantes enseignantes avaient affirmé que le port du voile islamique était non négociables et brandissaient leur liberté de religion pour le garder pendant qu’elles donnent leurs cours.

« Ces enseignantes, ce qu’elles font, c’est de faire prévaloir leur pratique religieuse sans questionner leur influence sur les élèves sous leur autorité », a toutefois fait valoir Me Alarie vendredi, en rappelant qu’elles sont des représentantes de l’État et que tous les organismes publics doivent être neutres religieusement.

Le but, a-t-il noté, est de laisser aux parents le droit d’assurer les croyances de leurs enfants.

« C’est l’effet [des signes religieux] sur les enfants qui compte », a-t-il insisté.

Son collègue Me Guillaume Rousseau a pour sa part rappelé que, lors du procès, ces enseignantes avaient « dramatisé » les conséquences de ne pas porter le hijab, mais avaient « dédramatisé » celles sur ceux qui le voient.

Neutralité

« C’est une question de neutralité religieuse de l’État plutôt que de liberté religieuse », a-t-il affirmé.

Il a d’ailleurs rappelé qu’en raison de l’utilisation de la clause dérogatoire, le tribunal ne peut faire invalider la loi.


Les plaidoiries, devant le juge Marc-André Blanchard, se poursuivront la semaine prochaine avec celles des organismes Pour le droit des femmes du Québec et Libres penseurs athées, tous deux en faveur de la Loi sur la laïcité.