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Pleins feux sur la Géorgie

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Parmi les surprises de l’élection 2020, la Géorgie figure avantageusement pour le camp démocrate. Si on ajoute le Nevada, l’équipe de Joe Biden peut se réjouir d’avoir conquis des territoires acquis aux républicains depuis plusieurs cycles électoraux. 

Après une victoire à l’arraché pour la présidentielle, la marge la plus serrée de toute l’histoire électorale de la Géorgie, cet État peut-il encore réserver deux surprises pour les élections sénatoriales du 5 janvier ? Advenant des échecs républicains, Joe Biden et sa formation politique contrôleraient les deux chambres et la présidence.

Outre le contrôle du Sénat, les résultats de janvier fourniront également un certain nombre d’indicateurs pour d’autres enjeux. Alors que des élus républicains dominent la vie politique de Géorgie, le Peach State pourrait permettre aux démocrates de s’imposer à Washington. Comment expliquer ce paradoxe ?

Une mobilisation forte

L’évolution démographique et la mobilisation des progressistes constituent assurément des facteurs importants pour comprendre les résultats de cette année. Des activistes comme Stacey Abrams ont déployé des efforts colossaux pour lutter contre la suppression des votes, inscrire des électeurs sur les listes électorales et mobiliser les électeurs afro-américains. Ces derniers ont représenté 40 % de l’électorat, et Joe Biden a été appuyé par plus de 70 % d’entre eux.

Les appuis du candidat démocrate étaient particulièrement diversifiés. Le taux de participation des Américains d’origine asiatique a augmenté de 90 % et celui des hispanophones de 72 %. En comparaison, le vote des Blancs n’a grimpé que de 16 %. Même si les sondages actuels indiquent que les candidats démocrates et républicains pour les deux sièges du Sénat sont au coude à coude, un fort taux de participation avantagerait les premiers.

Le « charme » de Donald Trump s’estompe-t-il ?

Si l’évolution démographique et le travail des activistes associés aux démocrates ont eu un impact indéniable, on peut aussi se demander si « l’effet Donald Trump » opère toujours. Bien sûr, le président continue de miser sur un groupe d’indéfectibles, mais ceux-ci ne peuvent assurer une victoire.

L’attitude et les propos récents du président semblent avoir eu un effet repoussoir pour plusieurs électeurs républicains. En accusant des élus républicains de l’État de Géorgie d’être de mèche avec l’adversaire, il a choqué des électeurs, mais aussi convaincu quelques républicains de rester à la maison plutôt que de se déplacer pour enregistrer leur préférence. À quoi sert un vote si, comme l’affirme Donald Trump, le système est à ce point corrompu ?

Dans leur réflexion sur l’avenir de leur formation politique, les républicains observeront l’impact de la participation directe de Donald Trump aux campagnes électorales en Géorgie. Deux échecs pourraient assurément nourrir une réflexion sur un divorce éventuel, et les langues se délieraient un peu plus. 

Les élus du Grand Old Party se refusent encore à condamner les élucubrations et la désinformation promues par le président. Si je ne crois pas que les résultats du 5 janvier représentent un chemin de Damas pour la totalité de ces élus, j’espère qu’un nombre significatif d’entre eux reviendra dans le monde réel au bénéfice de la majorité.