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Détresse chez les jeunes: «c’est alarmant»

Détresse chez les jeunes: «c’est alarmant»
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Un enseignant au secondaire s’inquiète de la détresse des jeunes induite par la pandémie, considérant le système de santé incapable de répondre à la demande. 

«J’ai peur qu’ils s’en aillent dans un mur, confie Pierre Magloire. Il y a plus de démotivation et les élèves le verbalisent grandement. Ils sont en souffrance», affirme cet enseignant à l’école secondaire Jacques-Rousseau à Longueuil.

Isolés et démotivés

À cause de l’enseignement à distance et du confinement imposé par la pandémie de COVID-19, les jeunes sont isolés, démotivés et dysfonctionnels, constate-t-il.

«Ils se lèvent le matin, prennent l’ordi, font leurs cours, les devoirs dans la chambre. Il y en a qui sont enfermés dans leur chambre presque 24 heures sur 24. Ça a un effet.»

L’enseignant d’éthique et de culture religieuse appréhende le mois de janvier puisque c’est généralement à ce moment de l’année que la pression du cégep commence à se faire sentir pour les élèves de cinquième secondaire. Ajoutons à cela le fait que le premier bulletin de l’année scolaire sera exceptionnellement rendu en janvier, ce qui augmentera la détresse, selon lui.

«Quand la vague va nous frapper qu’est-ce qu’on va pouvoir faire? s’inquiète-t-il. Tous les professionnels du système scolaire sont épuisés. Si, nous, on est plus capables de voir ce qui se passe parce qu’on est trop épuisés, est-ce qu’on va être capables de ramasser cette vague de détresse? C’est ce qui m’alarme le plus», dit-il.

Les listes d’attente

Pierre Magloire est doublement sensibilisé aux problèmes de santé mentale et aux failles de notre système. D’abord par son métier, mais aussi parce qu’il est le frère d’Alain Magloire, cet itinérant qui avait été abattu par des policiers au centre-ville de Montréal en 2014 alors qu’il était en crise.

Avant son décès, Alain Magloire avait demandé de l’aide en psychiatrie. On lui avait répondu de s’inscrire sur une liste d’attente.

«C’est là que je considère que le système a une défaillance majeure», souligne son frère, mentionnant que le problème des listes d’attente est récurrent et répandu.

Cet automne, une élève qui voulait avoir des services s’est fait répondre qu’il y avait jusqu’à deux ans d’attente, cite-t-il en exemple parmi d’autres.

«J’ai déjà eu une élève que j’ai référée pour des services au mois de septembre et elle est venue me voir au bal de finissants pour me dire: "vous savez, monsieur, je n’ai toujours pas eu d’appel"», raconte-t-il.

Quand il voit que ses élèves sont trop démotivés, Pierre Magloire n’hésite pas à prendre le temps de discuter avec eux.

«Je vois le moral qui est en chute libre à un point tel que, moi, au lieu de continuer mon cours, j’arrête et je leur dis que je suis conscient que c’est dur et je prends 75 minutes juste pour parler de ça avec eux.»

L’enseignant aimerait établir un processus avec l’Hôpital Charles-Le Moyne pour y référer directement les jeunes qui sont en détresse.

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