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Le vaccin est en route pour le Québec

Pour des raisons de sécurité, son trajet depuis l’Europe est fait dans le plus grand des secrets

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La fébrilité a monté d’un cran chez des résidents de CHSLD sélectionnés pour être les premiers vaccinés parce que les précieuses doses, qui arriveront d’un moment à l’autre en catimini, étaient en route vers le Canada samedi.

« Je n’ai aucune idée où est ce fameux vaccin. Le plus tôt que je serai vaccinée sera le mieux », lance Beverly Spanier, 75 ans.

Confinée depuis des mois, la résidente au CHSLD Maimonides, à Montréal, fait partie des premières personnes âgées au Québec qui devraient recevoir le nouveau vaccin contre la COVID-19.

Des militaires canadiens distribuaient des congélateurs médicaux hier pour préparer l’arrivée des précieux colis dans le nord du pays.
Photo courtoisie, Twitter
Des militaires canadiens distribuaient des congélateurs médicaux hier pour préparer l’arrivée des précieux colis dans le nord du pays.

Les premières doses ont commencé dans la nuit de vendredi à samedi leur périple depuis la Belgique via le service de courrier UPS, choisi par Pfizer-BioNTech pour acheminer les doses au Canada.

Elles atterriront au pays après des escales à Cologne, en Allemagne, puis à Louisville, au Kentucky. 

Pour des raisons de sécurité, les informations concernant la livraison et les lieux d’entreposage demeurent confidentielles, expliquent le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et l’entreprise UPS.

Trajet ultrasecret

Garder les détails de la chaîne d’approvisionnement discrets et même secrets est la meilleure chose à faire pour protéger les précieuses doses, croit Alfredo Munoz, enquêteur privé et ex-sergent au Service de police de la Ville de Montréal.

« Il y a plusieurs façons de protéger des biens ou des gens, mais la meilleure reste toujours celle où l’on ne sait pas où ni comment se font les déplacements », explique-t-il.

Tout au long de cette campagne de vaccination, la sécurité informatique sera également un enjeu de taille, selon des experts.

D’ailleurs, depuis la cyberattaque à l’Hôpital juif de Montréal en octobre, le gouvernement prend ce type de menace au sérieux, selon Steve Waterhouse, expert en cybersécurité.

« [Il] est à l’œuvre pour revoir la sécurité informatique de tous les CIUSSS et CISSS afin de réduire les risques de dérangement dans l’approvisionnement et dans la documentation [de la campagne de vaccination] », rassure-t-il.

Confusion au CHSLD Maimonides

Dans un courriel envoyé aux proches des résidents jeudi, l’établissement indiquait que la vaccination pourrait débuter samedi soir.

Or, les résidents et travailleurs du CHSLD Maimonides ainsi que ceux du Centre d’hébergement Saint-Antoine, à Québec, seront vaccinés demain, a fait savoir samedi une porte-parole du MSSS.

« C’était d’abord censé être vendredi, puis samedi et maintenant on ne sait plus trop, dit Mme Spanier. Ça me crée une petite anxiété. L’organisation me préoccupe un peu. Mais, peu importe quand le vaccin arrivera, je serai très contente de le prendre. »

Cette situation témoigne du grand secret qui entoure le trajet des vaccins pour les raisons de sécurité évoquées. 

Malgré la confusion, Mme Spanier se réjouit de l’arrivée imminente d’un vaccin qui permettra à la vie normale de reprendre son cours.

Une obligation morale

Pour sa part, Rabbi Ronnie Cahana, 67 ans, est enthousiaste à l’idée de le recevoir. Il estime que la vaccination est « une obligation en tant que concitoyen ».

« On ne sait pas quand ça sera. On a hâte, mais on reste patient », appuie Joyce Shanks, dont le père de 81 ans sera aussi l’un des premiers vaccinés.

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