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«Pierre Lacroix était un gagnant»

Steven Finn pleure le départ de son ancien agent et directeur général

Steven Finn
Photo d'archives Pierre Lacroix a eu un impact significatif sur le parcours de l’ancien défenseur des Nordiques Steven Finn.

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Il existait un lien très étroit entre Steven Finn et Pierre Lacroix. L’ancien défenseur des Nordiques a connu Lacroix alors que ce dernier a occupé ses deux principaux rôles dans la LNH, ceux d’agent et de directeur général. 

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« Pierre est rentré dans ma vie quand j’avais 16 ans, a rappelé Finn en entrevue téléphonique au Journal. Avant de devenir mon agent, il avait rencontré mes parents afin d’obtenir leur autorisation. Mes parents ont accepté. Il m’avait approché quand j’étais dans le midget AAA et il m’a représenté à ma première saison avec les Voisins de Laval, dans la LHJMQ.

« Dans ma génération, tu pouvais te considérer très chanceux quand tu avais Pierre Lacroix comme agent. Il avait une grande influence dans la LNH. Il était un peu le Pat Brisson d’aujourd’hui.

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« Pierre avait beaucoup de charisme et il imposait le respect. Il prenait de la place, mais il a toujours eu une belle influence dans ma vie. » 

Dernier contrat

Choix de 3e tour des Nordiques au repêchage de 1984, Finn a fait ses débuts à Québec en 1985-1986 où il a joué 17 matchs. Après une saison à faire la navette entre la Ligue américaine à Fredericton et Québec, le Lavalois est devenu un défenseur à temps plein avec les Nordiques à compter de la saison 1987-1988. 

Il était encore avec les Nordiques quand Lacroix a accepté le poste de DG en 1994-1995. 

« À l’été où je négociais mon dernier contrat dans la LNH, je me souviens d’un appel de Pierre. Il m’avait réveillé en me téléphonant tard pour me dire qu’il était pour devenir mon patron avec les Nordiques, a expliqué Finn. Il voulait connaître ma réaction à l’idée qu’il devienne le DG des Nordiques. »

« Je n’avais pas encore de contrat, mais il avait parlé avec Marcel Aubut. Les deux hommes reconnaissaient ma contribution à l’équipe et ils voulaient me garder à
Québec. J’ai négocié mon dernier contrat avec Pierre alors qu’il se retrouvait à l’autre bout de la table comme DG. J’avais obtenu une entente de quatre ans. C’était mon dernier contrat dans la LNH. Bob Sauvé avait pris la relève comme agent. »

Transaction déchirante

Lacroix et les Nordiques ont mis le cap sur Denver à l’automne de 1995 pour devenir l’Avalanche du Colorado. Finn a vécu le déménagement sans toutefois ne jamais revêtir l’uniforme de l’Avalanche. 

« Pierre m’a échangé avant le début de la saison. J’avais participé au camp à Denver, mais j’ai changé d’adresse quelques jours avant le début de la saison. Pierre m’avait envoyé au Lightning de Tampa Bay. » 

« Cette année-là, l’Avalanche a gagné la coupe Stanley, a-t-il continué. J’ai toujours eu un pincement au cœur. Je ne remettrai toutefois jamais en doute la sincérité de Pierre. Quand il m’a annoncé mon départ pour Tampa, il pleurait dans son bureau. Je pleurais aussi. Mais ça fait partie du hockey. C’est le cycle d’un joueur de hockey. J’étais en fin de carrière et l’Avalanche a opté pour d’autres défenseurs plus jeunes que moi. » 

Lacroix a finalement été l’architecte des deux conquêtes de l’Avalanche en 1996 et 2001. 

« Je n’étais pas surpris de le voir connaître du succès dans la LNH au poste de DG, a dit Finn. Je savais qu’il avait un talent pour négocier. Il n’acceptait pas la défaite, il fonçait toujours. Il a réalisé de bonnes transactions avec l’Avalanche. Il avait une mentalité de bulldozer. Pour moi, Pierre Lacroix était un gagnant. »  

Un grand architecte pour l’Avalanche  

Le Ball Arena, anciennement connu sous le nom du Pepsi Center, s’illuminait aux couleurs de l’Avalanche du Colorado dimanche soir. Il y avait du bleu, du blanc et du bourgogne dans le ciel de Denver. C’était une façon de saluer la carrière du premier bâtisseur de l’Avalanche, Pierre Lacroix. 

Vice-président senior aux communications avec l’Avalanche, Jean Martineau avait la voix nouée par les émotions en parlant du décès de Lacroix à l’âge de 72 ans. Martineau est à l’emploi des Nordiques et de l’Avalanche depuis 1986. Il fait donc partie des meubles de cette organisation. 

« Pierre était comme un grand frère pour moi, a mentionné Martineau au Journal. Il traitait tous les gens au sein de l’équipe et des opérations hockey comme sa famille immédiate. Mes enfants le considéraient comme un oncle. Il était très sensible, il avait un côté humain. Il a fait de l’Avalanche une belle et grande famille. »

« Il avait une philosophie vraiment unique comme directeur général dans la LNH, a-t-il poursuivi. Il a connu de très belles années comme DG, mais aussi comme président de l’équipe. Il avait à cœur les succès de l’Avalanche. »

Sakic a appris de Lacroix

L’Avalanche a remporté la coupe Stanley en 1996 et 2001. Joe Sakic était l’une des grandes étoiles de l’équipe. Aujourd’hui, il se retrouve dans le siège de DG. 

« C’est Pierre qui a contacté Joe pour établir les premiers contacts avant qu’il devienne le DG de l’Avalanche, a rappelé Martineau. Je dirais qu’il lui avait téléphoné une première fois environ trois ou quatre ans avant qu’il accepte le poste (2015-2016). Joe avait commencé à travailler dans la direction de l’équipe en 2013-2014 et il suivait souvent Pierre dans son rôle de président.

« Joe est un gars très réfléchi, comme Pierre l’était. Il réussit à se tenir loin des émotions. »

Sakic a également réagi à la mort de Lacroix par l’entremise d’un communiqué de l’Avalanche.

« Comme joueurs, nous savions qu’il ferait tout en son pouvoir pour permettre à l’Avalanche de réaliser le plus ultime, gagner la coupe Stanley. Pierre a eu un rôle instrumental dans les conquêtes de la coupe Stanley de l’Avalanche, mais aussi dans la croissance du hockey au Colorado. Ses empreintes sont partout au sein de la communauté hockey.

« Dès ma première rencontre, j’ai immédiatement fait confiance à Pierre. Je me souviendrai toujours de lui comme un bon DG, mais aussi une bonne personne. Pierre était un mentor pour moi, j’ai beaucoup appris de lui sur mon métier. J’offre mes sympathies à Coco (Colombe), Martin, Éric et toute la famille Lacroix. »

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