/news/coronavirus
Navigation

Un taux de vaccination de 70% serait excellent, disent des experts

Il y a encore trop d’inconnues pour dire quand la COVID-19 n’affectera plus nos vies

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA | Il faudra que des millions de Canadiens soient vaccinés contre la COVID-19 avant qu’un retour à la normale soit possible, préviennent des scientifiques.

• À lire aussi: [EN IMAGES] COVID-19: une octogénaire de Québec est la première personne vaccinée au pays

• À lire aussi: Vaccin contre la COVID-19: au moins 30 000 doses la semaine prochaine?

• À lire aussi: Pourquoi administrer le vaccin aux personnes âgées d’abord?

« En ce moment, le taux de vaccination requis pour qu’il soit sécuritaire d’assouplir les mesures de santé publique est inconnu », a indiqué l’Agence de la santé publique du Canada au Journal.

Afin d’éviter les éclosions de rougeole, par exemple, la Santé publique recommande que 95 % des jeunes du primaire et du secondaire soient vaccinés, car ce virus est extrêmement contagieux.

Pour la COVID-19, le microbiologiste Gary Kobinger, qui est à l’origine du vaccin contre l’Ebola, estime qu’une couverture vaccinale de 70 % et plus, « ce serait excellent ». 

Ceci reviendrait à vacciner 26 millions de Canadiens, dont 6 millions de Québécois.

Le microbiologiste Gary Kobinger, ici dans son laboratoire du Centre hospitalier de l’Université Laval en 2016, est connu pour ses travaux sur le Zika et l’Ebola.
Photo d’archives, Jean-François Desgagnés
Le microbiologiste Gary Kobinger, ici dans son laboratoire du Centre hospitalier de l’Université Laval en 2016, est connu pour ses travaux sur le Zika et l’Ebola.

Patience

Mais ce chercheur du Département de microbiologie-infectiologie et d’immunologie de l’Université Laval, à Québec, précise néanmoins qu’il faudra « être très patient » avant de pouvoir fixer une cible de couverture vaccinale précise, car trop d’inconnues demeurent.

Dans le cas d’un vaccin efficace à près de 100 % qui protège toute la vie, il suffit que 60 à 72 % de la population soit vaccinée, indique Roy Anderson, de l’École de santé publique du Collège impérial de Londres, dans un récent numéro de la revue médicale Lancet.

Par contre, pour un vaccin qui pourrait ne protéger qu’un ou deux ans, comme celui contre la grippe, une proportion bien plus large de la population devrait être immunisée pour stopper les éclosions, poursuit-il.

Pour cette raison, combinée à l’hésitation de certains citoyens à l’égard des vaccins, « l’atteinte de l’immunité collective par la vaccination a de bonnes chances d’être un défi dans plusieurs pays », écrit M. Anderson.

D’après différents sondages parus ces dernières semaines, à peine plus d’un Canadien sur deux serait prêt à se faire vacciner immédiatement contre la COVID-19.

Analyse en cours

À ce chapitre, d’ici la vaccination de masse, au printemps, des régulateurs auront accumulé une masse phénoménale de données afin de rassurer la population, estime M. Kobinger, puisque des millions de personnes à travers le monde auront été vaccinées.

D’ici là, « il y a des efforts de communication à faire », dit celui qui travaille au développement d’un vaccin contre le VIH-sida, notamment sur les possibles effets secondaires. Il appuie l’approche du Royaume-Uni qui a indiqué avoir approuvé un nombre restreint de doses du vaccin de Pfizer-BioNTech.

« Au Royaume-Uni et aux États-Unis, ce sont des accès d’urgence : on lâche des doses petit à petit parce qu’on continue d’accumuler des données », explique-t-il.

Santé Canada a plutôt dit avoir fait une « revue complète » des données afin d’homologuer de multiples lots. Mais dans les faits, l’analyse est toujours en cours. Des données sur l’innocuité du produit seront compilées et analysées pendant deux ans.

M. Kobinger souligne que lorsqu’un premier palier de 100 000, puis d’un million de personnes immunisées aura été atteint, « ça va être très solide ».

Situation au Québec

En date du

Cas confirmés

Total

Décès

Total

Vaccins administrés

Total 84 837+ 9 264

Tests effectués

Total 5 195 725+ 35 114

Hospitalisations

Total

Soins intensifs

Total

Voir tous les chiffres