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Des effets négatifs de la loi 21 sur les étudiants en enseignement, selon une étude

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La Loi sur la laïcité de l’État aurait eu des effets «négatifs ou discriminatoires» au sein des facultés d’éducation du Québec depuis son adoption en 2019, selon un sondage réalisé auprès d’étudiants universitaires et du personnel d’universités par un groupe de chercheuses..

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Dans un rapport diffusé lundi par l’Observatoire sur la formation à la diversité et l’équité (OFDE), il est rapporté que 16,5% des 423 étudiants en enseignement ayant répondu au sondage ont dit avoir été victimes ou témoins de traitement négatif en lien avec la loi 21.

«Le fait qu’un.e étudiant.e sur six ait répondu "Oui" à cette question indique une présence importante de formes de traitement négatif ou discriminatoire liées à la loi 21», ont expliqué les chercheuses de l’OFDE, qui est dirigé par Maryse Potvin, professeure à l’UQAM.

Chez les 549 employés du milieu universitaire sondés, 6,6% font aussi ce constat.

Du côté des étudiants, 13,5% ont dit avoir remarqué que la loi 21 avait un impact négatif sur les relations, soit entre les étudiants, entre les étudiants et les membres du personnel de leur faculté, ou entre les étudiants et les acteurs des milieux scolaires.

Commentaires vexants

Le rapport renferme aussi des exemples de commentaires reçus par des stagiaires en enseignement qui ont vécu des expériences négatives toujours associées, selon les chercheuses, à l’adoption de la loi 21.

«Les enseignants posent toujours la question si je suis touchée par la loi 21 ou pas. Si je suis autorisée à porter mon signe religieux. Ça me dérange à chaque fois de devoir répondre», a déclaré une répondante non identifiée.

«Quand j’ai fait part à mon professeur des problèmes que la loi occasionne à la minorité musulmane, celui-ci m’a invité à reconsidérer mon projet d’études et à considérer l’éventualité de changer de province», a déclaré une autre personne, dont la citation est incluse dans le rapport.

Le sondage en ligne a été effectué auprès de 972 répondants sur la plateforme LimeSurvey entre mars et avril 2020.

Environ trois fois plus de femmes (74%) que d’hommes (25%) ont répondu au sondage.

Adoptée par le gouvernement Legault en 2019, la Loi sur la laïcité de l’État interdit le port de signes religieux pour les employés de l’État en situation d’autorité, ce qui comprend les enseignants. Elle s’applique seulement aux nouveaux employés; ceux qui portaient déjà un signe religieux avant l’adoption de la loi en sont exemptés.