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Il apprend à la télé l’éclosion qui a tué sa fille

Son enfant handicapée de 39 ans fait partie de la trentaine de décès survenus au CHSLD Saint-Augustin

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Réjean Savard tenant une photo de sa fille Christina qui adorait les animaux. Dans son atelier de peinture, l’ancien caméraman de télévision a également réalisé des portraits de ses filles.

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Un père dont la fille handicapée de 39 ans est décédée de la COVID-19 dans un CHSLD de Québec affirme ne pas avoir été averti que le coronavirus courait dans la résidence.

Christina Savard est décédée le 17 octobre à l’âge de 39 ans au CHSLD Saint-Augustin de Beauport, l’un des établissements les plus touchés par le coronavirus dans la Capitale-Nationale.

L’éclosion y a fait au moins 36 morts chez les résidents.

Faisant un peu de fièvre, Christina a subi un test de dépistage qui s’est avéré positif au début du mois d’octobre.

«Personne ne m’a jamais dit qu’il y avait des cas de COVID dans la bâtisse. Je l’ai su quand m’a fille l’a attrapée. J’ai su qu’il y avait autant de cas en regardant un reportage de TVA», confie Réjean Savard, le père de Christina.

Dans cette télédiffusion du 31 octobre, il apprenait que le coronavirus avait déjà fait 21 morts dans l’établissement et que 36 usagers étaient touchés.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale maintient, pour sa part, que tous les premiers répondants, comme M. Savard, de tous les résidents ont été contactés pour les aviser du premier cas de COVID-19.

C’est ensuite au premier répondant d’aviser les autres membres de sa famille et les proches aidants, s’il y a lieu. 

Le CHSLD Saint-Augustin compte 195 lits.

Santé précaire

Christina était atteinte d’une maladie dégénérative héréditaire qui la rendait vulnérable à une infection comme la COVID-19.

«Elle avait la polyneuropathie. Ç’a atteint les nerfs. Elle était très handicapée et se déplaçait en fauteuil roulant électrique. En dernier, elle ne pouvait pas manger seule», raconte M. Savard.

Elle avait une machine pour lui retirer les sécrétions des poumons le jour, et une assistance respiratoire la nuit.

«Ils lui ont enlevé les deux machines. C’était trop dangereux que le virus aille dans l’atmosphère et ils lui ont donné de l’oxygène. Je savais que c’était fini en enlevant ses machines. C’est ce qui la tenait en vie. Je savais qu’elle était partie du mauvais côté et qu’elle ne reviendrait pas. Mais ça semblait bien organisé. Ils avaient le même niveau de soins qu’à l’hôpital.»

Rapidement, son état s’est détérioré et elle a fait une crise d’épilepsie.

«Après le dîner samedi [le 17 octobre], j’ai rassemblé mes forces pour y aller. Une infirmière m’avait appelé pour me dire que c’était une question d’heures. J’ai appelé à 14 h 5, en même temps qu’elle mourait. Elle venait d’arrêter de respirer.»

Dévouement exceptionnel

M. Savard n’a jamais ménagé ses efforts pour le bien-être de Christina.

«J’allais la voir aux deux jours de 16 h à 19 h 30. Je lui lavais le visage, les mains, je la faisais manger, lui brossais les dents, lui donnais son médicament. Je l’hydratais, parce qu’elle était déshydratée quand j’arrivais la plupart du temps.»

M. Savard avait une autre fille, Katia, qui souffrait de la même maladie.

«Elle est décédée le lendemain de l’attentat de la grande mosquée à l’Hôpital Laval. Elle résidait aussi au centre Saint-Augustin. Je m’occupais des deux. J’ai mis la moitié de mon horaire depuis cinq ans dans leurs soins.»

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