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La loi 21 viendrait protéger les femmes

Mardi sera la dernière journée des plaidoiries des défenseurs de la Loi sur la laïcité de l’État

palais de justice de Montréal
Photo d’archives, Chantal Poirier L’avocate Christiane Pelchat, qui représente l’organisme Pour les droits des femmes du Québec, est venue plaider lundi en faveur de la Loi sur la laïcité de l’État.

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La Loi sur la laïcité de l’État doit être maintenue, car son annulation viendrait « porter atteinte à l’égalité des sexes », puisqu’elle protégerait les droits des femmes, a plaidé une avocate au procès pour la faire invalider. 

« La loi 21, c’est un jalon de plus pour protéger les femmes, a soutenu Me Christiane Pelchat. Le voile fait partie d’un package deal d’une religion patriarcale qui voit la femme comme inférieure. »

Les débats entourant la Loi sur la laïcité entrent dans leur dernière ligne droite : mardi sera la dernière journée pour entendre les différentes parties qui s’opposent à la législation ou la défendent. 

Le juge Marc-André Blanchard entendra les répliques aux plaidoiries des nombreux groupes souhaitant voir la loi invalidée. Par la suite, il prendra l’affaire en délibéré et rendra plus tard sa décision, très attendue.  

L’État doit-il cautionner ? 

Me Pelchat, qui représente l’organisme Pour les droits des femmes du Québec, s’est demandé lundi s’il était de la responsabilité de l’État de « cautionner » le choix individuel de porter un signe religieux de manière visible et « où s’arrête la liberté de religion de l’enseignant ».

Plusieurs enseignantes dénonçant la loi 21 ont témoigné du fait que le port du voile islamique était non négociable et que leur droit à la liberté de religion était brimé. 

« Ce qui est étonnant, c’est que ces enseignantes ne se préoccupent pas de l’impact du signe religieux sur les enfants, a souligné l’avocate. Elles ne se soucient pas des droits des autres qui les entourent. La liberté de religion, c’est un droit individuel, mais c’est aussi un droit collectif. »

Mères musulmanes inquiètes 

Elle a aussi mentionné les témoignages de parents d’origine musulmane qui ne veulent pas que l’enseignante de leurs enfants porte le voile, puisque c’est contraire à leurs convictions. Leur « liberté de conscience » est ainsi affectée, puisqu’ils n’adhèrent pas à cette vision intégriste de l’islam. 

« L’école est un lieu d’apprentissage où la valeur de l’égalité des sexes est enseignée. Il y a là un message contradictoire [avec le port du voile] », a affirmé Me Christiane Pelchat, rappelant qu’il existe des pressions religieuses. 

Elle a rappelé que les enseignants ont un « devoir de neutralité », faisant écho à des propos tenus par son confrère du Mouvement laïque québécois, Me Guillaume Rousseau. 

Ce dernier a rappelé « l’importance de l’apparence de neutralité » des enseignants, puisque ceux-ci ont une « grande influence sur les élèves », ajoutant que cette importance s’appliquait également à tous les fonctionnaires de l’État.