/misc
Navigation

Les parents pauvres

Coup d'oeil sur cet article

« Je suis on ne peut plus fier de mon association. Pour une fois, on n’a pas été des paillassons ! » Cette déclaration est celle d’Antoine Roussel lors de sa chronique à l’émission JiC, sur les ondes de TVA Sports.

Le robuste attaquant répondait à ma question sur son degré de satisfaction dans les récentes négociations au sujet du cadre financier en vue de la reprise des activités dans la Ligue nationale.

Roussel est limpide, sincère et cultivé. Mettons que son discours détone en comparaison des traditionnelles langues de bois. Des gars qui hors d’ondes sont d’extraordinaires compagnons et deviennent de doux moutons à l’antenne, je pourrais en nommer des dizaines.

Pourquoi ?

Je vais laisser des experts plus compétents que moi répondre à cette épineuse question. 

Chose certaine, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les joueurs de la LNH sont les parents pauvres du sport
professionnel nord-américain. Je sais que tout ça vous paraît être une évidence.

Hausse importante des revenus

Pourtant, depuis 20 ans, la courbe de revenus de la LNH a été en fin de compte identique à celle des trois autres grands circuits nord-américains, soit le baseball majeur, la NFL et la NBA. 

Le hockey tire de la patte au niveau des encaisses totales lors d’une saison type, mais sa courbe de revenus montre une progression faramineuse en 20 ans.

En 2020-2021, n’eût été la COVID-19, les revenus globaux de la LNH auraient atteint 5 milliards de dollars, alors qu’ils étaient sous la barre du milliard en 1999-2000.

Pourtant, lorsque l’on regarde l’évolution des masses salariales et du salaire moyen des quatre grands circuits, on constate que la courbe est similaire pour la NFL, la MLB et la NBA, alors que celle de la LNH est la seule qui est au goût du docteur Arruda, soit aplanie... 

Lors des conflits de travail de 2004-2005 et de 2012-2013, Gary Bettman et ses propriétaires ont obtenu des faveurs importantes de leurs joueurs. Ces derniers ont chaque fois bêtement plié l’échine dans les négociations. Chaque fois, ils ont cédé sur des enjeux financiers essentiels. Ce sont ces défaites qui placent les joueurs aussi en retard par rapport à leurs camarades du basket, du football et du baseball. 

Les joueurs tiennent leur bout

Sauf que cette fois, l’histoire est différente. Gary Bettman tient à écouler sans attendre la dernière année d’un contrat de télé moribond aux États-Unis, lequel ne rapporte que 200 millions annuellement.

En dépit de la résistance de quelques propriétaires qui préféreraient annuler la saison plutôt que de perdre des dizaines de millions, Bettman insiste pour une reprise des activités. Les joueurs le savent et s’en servent dans les négociations. Enfin ! 

Faut dire que lors des conflits de 2004-2005 et de
2012-2013, le pouvoir au sein de l’Association des joueurs appartenait à des vétérans à qui il en restait moins en avant qu’en arrière dans leurs carrières. Ces influenceurs pliaient plus vite afin de recommencer à « collecter », ou si vous préférez à jouer.

Cette fois-ci, les propriétaires se sont butés au cran des joueurs qu’ils souhaitent promouvoir plus jeunes et pour moins cher... La nuance dans le vote de l’Association des joueurs, elle se trouve précisément là.