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Au temps complexe des Fêtes à l’ère covidienne

Nous voici maintenant passés du «rester chez soi» à la possibilité, pour une personne seule, d’aller visiter une «bulle» familiale, et vice-versa.
Capture d'écran Nous voici maintenant passés du «rester chez soi» à la possibilité, pour une personne seule, d’aller visiter une «bulle» familiale, et vice-versa.

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La deuxième vague de la COVID-19 frappe fort et, par conséquent, les «consignes» envoyées à la population changent rapidement. Tout particulièrement pour le temps des Fêtes.

Le noter, ce n’est pas pour accabler la «cellule de crise» du gouvernement Legault, mais pour souligner le besoin d’une communication plus claire de ces mêmes consignes.

À vrai dire, pas mal de monde dont le travail à temps plein n’est pas de suivre religieusement les points de presse du premier ministre commence à s’y perdre. 

En peu de temps, nous sommes en effet passés de «quatre rassemblements sur quatre jours» à deux, puis à zéro. 

La consigne principale étant de fêter chez soi, dans sa propre «bulle» familiale, quand les gens en ont une. Les personnes seules, elles, pouvant aller visiter une autre personne seule.

Face à la remontée du virus, du nombre de cas, de décès et d’hospitalisations, pour ce qui est des rassemblements intérieurs, c’était clair et, selon de nombreux experts, fort sage et prudent.

L’objectif suprême, en attendant le vaccin, étant toujours de réduire nos contacts le plus possible. Point.

Même des publicités télévisuelles fort bien ficelées avec l’humoriste François Bellefeuille étaient déjà diffusées avec ce même message: à Noël, on reste chez soi. Le reste, on le fait par les moyens électroniques connus.

Les commerces, eux, devaient rester ouverts. Sauf pour les restos, bars, etc., déjà fermés depuis l’automne.

Mardi, le premier ministre Legault modifiait à nouveau son «plan Noël». Les détails (nombreux) sont ici, dans ce petit guide produit par Le Journal:

En résumé, c’est un semi-confinement de deux semaines pour certains secteurs d’activité et de trois semaines pour d’autres. Incluant la possibilité de rassemblements extérieurs limités, mais pas dans les cours privées.

Et les rassemblements intérieurs? 

Nous voici maintenant passés du «rester chez soi» à la possibilité, pour une personne seule, d’aller visiter une «bulle» familiale, et vice-versa. 

Ce qui, selon des experts, comporte toutefois des risques de transmission du virus s’il y a, parmi celles-ci, une ou des personnes à la santé plus vulnérable et d’autres qui sont asymptomatiques. Bref, une très grande prudence est de mise.

Cela n’enlève rien aux craintes très sérieuses, au sein même du système de santé, de craquer sous le poids de nouvelles hospitalisations en janvier et février. 

Bref, le gouvernement a fait de nouveaux choix. Un brin politiques, un brin santé publique et un brin santé mentale. Le tout, enrobé de la possibilité de rassemblements intérieurs à certaines conditions.

Mais Noël, c’est encore à neuf jours d’aujourd’hui. Les cas de COVID-19 continuent de monter, les décès et les hospitalisations aussi.

Cet après-midi, la directrice de la Santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, confirmait que les éclosions sont nombreuses dans la métropole. Y compris dans plusieurs hôpitaux.

Elle dit également constater «beaucoup de relâchement» dans les milieux de travail. 

En d’autres termes, la transmission communautaire sévit, de plus en plus. 

Plus de 40% des gens, selon la Dre Drouin, contractent le virus à l’intérieur même de leur propre domicile avec une ou un proche.

Y aura-t-il, par conséquent, d’autres modifications aux consignes gouvernementales d’ici le 25 décembre? 

Si oui, on espère qu’elles seront communiquées clairement.

Surtout, redisons-le. 

Les consignes sont ce qu’elles sont, mais nous avons tous le pouvoir de réduire volontairement nos contacts encore plus et de suivre, beaucoup mieux encore, la distanciation, le port du masque et les autres consignes sanitaires connues.

Ce pouvoir, il est individuel, mais il est tout le contraire de l’individualisme.

Si on l’exerce, c’est pour se protéger soi-même, certes, mais aussi pour protéger les autres – les nôtres, nos collègues, nos amis, nos voisins, etc.

Nul besoin d’attendre la prochaine pub de François Bellefeuille pour le faire...

Cette pandémie, comme les autres avant elle, finira bien un jour. Mais pas encore. Pas pour ce Noël-ci, c’est certain...