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Après 28 ans, le tueur de Concordia ne regrette rien

Valery Fabrikant, meurtrier
Photo d'archives Valery Fabrikant, meurtrier

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Le professeur de Concordia qui a froidement abattu quatre collègues, il y a 28 ans, pourrait bien finir ses jours en prison puisqu’il ne montre toujours aucun regret à l’endroit de ses victimes, souligne la Commission des libérations conditionnelles du Canada en refusant sa demande. 

« Le Conseil note que vos offenses sont extrêmement sérieuses et qu’après 28 ans d’incarcération, vous considérez toujours qu’aucune personne innocente n’a été blessée par vous », indique la décision, rendue mercredi dernier. 

Après avoir ouvert le feu sur ses quatre collègues et sur une secrétaire de l’Université Concordia, à Montréal, le 24 août 1992, Valery Fabrikant a tenu en otage un cinquième professeur et un agent de sécurité, qui sont finalement parvenus à prendre le dessus sur lui pendant ses pourparlers avec les policiers.

Ses actions lui ont valu une sentence de prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. 

Paranoïa et théories du complot

Aujourd’hui âgé de 80 ans, l’ancien enseignant de génie mécanique a déposé récemment une demande devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC), soutenant qu’il « mérite » une libération conditionnelle totale, puisque « sa vie est en danger », en raison de la pandémie, relate le document de cour. 

« Dans les derniers mois, vos travailleurs sociaux ont noté une hausse de comportements indésirables en lien avec vos distorsions cognitives et votre paranoïa liées à la COVID-19 », poursuit le document, en précisant que Fabrikant est devenu hostile, crie et refuse de les rencontrer, les accusant d’être porteurs du virus ou de faire partie d’un complot. 

« Zéro risque de récidive »

Il se présente comme une personne avec « zéro risque de récidive », déplore la CLCC, qui n’est pas du même avis. 

« Votre réaction à la pandémie actuelle démontre votre vulnérabilité et exacerbe vos défenses paranoïaques. Vous êtes rapide à accuser d’autres de mettre en danger votre sécurité [...]. Le Conseil est toujours préoccupé par votre potentiel pour les conflits et la colère, ainsi que votre propension à affronter, défier, remettre en question et ignorer les règles », peut-on lire. 


Déclaré plaideur quérulent en 2000, il lui avait été interdit de présenter d’autres demandes pour réduire son temps avant l’admissibilité à une libération conditionnelle.