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Transat désormais sous l’aile d’Air Canada

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Quel manque de transparence de la part des dirigeants et administrateurs de Transat !

Ils ont attendu jusqu’à hier matin, jour crucial du vote sur l’offre d’achat d’Air Canada, pour informer leurs actionnaires qu’ils avaient rejeté du revers de la main une autre proposition d’achat, sous prétexte qu’elle n’était pas, à leurs yeux, supérieure à l’offre d’Air Canada.

  • Écoutez Michel Girard sur QUB radio:

Cela a pour effet de ternir la victoire qu’Air Canada a remportée hier alors que les actionnaires de Transat ont de nouveau approuvé la vente de leur société à Air Canada, et cette fois pour la modique somme de 190 millions $.

La transaction représente pour Air Canada un rabais de 73 % par rapport aux 720 millions $ initialement offerts aux actionnaires de Transat avant le déclenchement de la pandémie du coronavirus.

En octobre dernier, à la suite d’une nouvelle entente entre les directions d’Air Canada et de Transat, l’offre initiale à 18 $ l’action de Transat a été révisée à seulement 5 $ pièce.

Il ne reste plus à Air Canada qu’à obtenir l’approbation de Transports Canada et celle de la Commission européenne pour devenir officiellement propriétaire du fleuron québécois des vacances voyages et grand concurrent en ce domaine d’Air Canada.

Compte tenu de la grave crise financière qui frappe l’industrie du transport aérien, il serait surprenant de voir Transports Canada bloquer la transaction de vente de Transat à Air Canada.

D’autant que Transat se retrouve à l’heure actuelle au bord du précipice financier en raison de la dramatique chute de ses revenus en cette période de pandémie.

Obtenir le feu vert de la Commission européenne représente un plus grand défi. Les autorités réglementaires européennes craignent que l’acquisition de Transat par Air Canada entraîne une diminution de l’offre et par conséquent une hausse des prix sur les 33 liaisons entre le Canada et l’Europe.

D’intenses négociations se déroulent actuellement entre la Commission européenne et Air Canada. La décision des autorités européennes est attendue d’ici le 15 février prochain.

CONSÉQUENCES QUÉBÉCOISES

L’acquisition de Transat par Air Canada se fera malheureusement au détriment des consommateurs québécois.

Étant présent dans une soixantaine de destinations dans plus de 25 pays en Amérique et en Europe, Transat force Air Canada et les autres transporteurs aériens à offrir une gamme de forfaits vacances, de séjours hôteliers et de liaisons aériennes à prix concurrentiels.

Le jour où Transat deviendra propriété d’Air Canada, la concurrence va forcément se ramollir dans le secteur du voyage vacances.

Chaque fois qu’il y a fusion d’entreprises, cela entraîne automatiquement une rationalisation. Il faudra s’attendre à des pertes d’emplois chez Transat. Les fournisseurs de Transat risquent eux aussi de passer dans le tordeur de la rationalisation.

Reconnu pour servir adéquatement ses clients francophones dans la langue de Molière, croisons les doigts pour que Transat puisse conserver cette bonne habitude.

La mauvaise réputation d’Air Canada en matière de services en français n’est pas de bon augure pour les clients de Transat.

Comme le siège social d’Air Canada est localisé à Montréal, mon petit doigt me dit que celui de Transat risque fort de se transformer en un simple siège administratif.