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Un Plan «vert pâle » pour protéger nos forêts

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Le gouvernement Legault a déposé il y a quelques semaines un Plan vert allouant une somme de 6,7 milliards $ sur cinq ans pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.  

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Rien dans ce plan ne concerne l’amélioration des forêts qui agissent pourtant comme puits absorbant de carbone et qui constituent jusqu’à 50% des réductions totales du plan vert en Colombie britannique. 

Au contraire nous devons subir les âneries du ministre des Forets Pierre Dufour qui affirme qu’en récoltant le bois des forêts québécoises, nous posons un geste positif dans la lutte des changements climatiques. 

La communauté scientifique a unanimement dénoncé cette affirmation comme fausse parce qu’elle exclue l’ensemble du cycle de carbone d’une forêt, les émissions dues à la coupe et la multitude des autres bienfaits qu’offre une forêt mature aux communautés humaines, animales et végétales. 

Photo courtoisie

Le «bunker du ministère des Forêts»

Notre poète Richard Desjardins a récemment décrit avec brio le bunker du ministère des Forêts où une vingtaine de technocrates sont complètement colonisés par les compagnies forestières à qui ils consentent tout le bois dont leurs usines ont besoin, au moindre coût possible et en les subventionnant à coup de 500 M$ par année. 

La surexploitation est telle qu’on vise maintenant le saccage des plus belles forêts du sud, en pleine zone de villégiature, en attaquant les projets de conservation et en étouffant les comités sur les aires protégées, avec l’aide des fonctionnaires entièrement dévoués à leurs intérêts. 

Le parc régional de la Forêt Ouareau, créé il y a 50 ans pour sa préservation par les cinq municipalités environnantes, est maintenant une garantie d’approvisionnement pour la scierie Crête, qui combat sa désignation d’aire protégée. 

Le projet structurant de création d’un éco-corridor lanaudois reliant le mont Kaaikop, la Forêt Ouareau, la pourvoirie Basilières et le parc des Sept chutes permettrait la création d’une bande verte en forêt publique, à faible coûts. Ce projet, qui a obtenu l’approbation de 12 000 citoyens, est complétement ignoré par les autorités. 

L’urgence d’agir

Le Plan vert pâle du premier ministre Legault rentre dans la lignée des leaders politiques mondiaux qui ne trouvent pas le courage politique d’appuyer les actions jugées nécessaires par les scientifiques. 

L’urgence d’agir est évidente quand on considère que les émissions globales de CO2 sont 62% plus élevées qu’il y a 30 ans, quand ont commencé les négociations internationales sur le climat. 

Au Québec on se demande avec Richard Desjardins comment le gouvernement arrivera à protéger 17% de son territoire forestier d’ici le jour de l’An prochain alors qu’il n’en a à peine protégé la moitié depuis 20 ans. Quand il est question d’environnement, on se prend toujours à la dernière minute... 

Dans la réforme annoncée de la loi sur l’aménagement durable des forêts, le premier ministre Legault et son ineffable ministre des Forêts sont toute oreille pour les compagnies forestières milliardaires qui exigent une garantie de la ressource ligneuse pour les années à venir et souhaitent un meilleur « environnement d’affaires ». 

Les changements climatiques posent des défis aux gestionnaires forestiers. La question de l’adaptation du secteur forestier a été étudiée dès 2008 par le Conseil canadien des ministres des forêts qui a alors établi que les changements climatiques constituaient l’une des deux priorités à l’échelle nationale dans tous les aspects de l’aménagement forestier durable. 

Au Québec, dans l’autobus des richesses naturelles que conduit Francois Legault, on entend encore le chauffeur demander aux passagers d’avancer par en arrière. 

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