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Une saison inimaginable

Pas facile de tirer des conclusions d’une année aussi atypique

MLS - Toronto FC c. Impact
Photo d’archives, Martin Chevalier En cette année hors de l’ordinaire, Clément Diop et ses coéquipiers de l’Impact ont pu disputer trois matchs devant 250 spectateurs au stade Saputo en août et septembre avant de devoir jouer leurs rencontres locales au Red Bull Arena, dans le New Jersey.

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L’étrange saison 2020 de l’Impact s’est terminée, mardi soir, avec une victoire qui est devenue une défaite, un point d’orgue tout à fait logique à une saison hors normes.

C’est la cruauté de la Ligue des champions. Tu peux l’emporter 1 à 0, mais si tu as perdu le premier match 2 à 1 à domicile, l’avantage va à l’adversaire.

Et c’est drôle que cette saison se termine par une cruelle éviction en quart de finale de la Ligue des champions puisque c’est justement sur un triomphe au championnat continental qu’elle s’est amorcée.

Qui se souvient de cette nulle de 2 à 2 au Costa Rica contre Saprissa, suivie d’une autre nulle de 0 à 0 au Stade olympique ? C’est tellement loin. C’était en février dernier. Un océan a coulé sous les ponts depuis.

Bon départ

On l’oublie, mais la saison s’est assez bien amorcée pour l’Impact, qui n’a pas perdu à ses quatre premiers matchs (1-0-3), toutes compétitions confondues.

L’équipe marquait des buts et en donnait, mais le jeu s’annonçait intéressant sous la gouverne de Thierry Henry.

On attendait d’ailleurs avec impatience de voir ce que l’ancien attaquant vedette pourrait faire à la barre de l’Impact après une première expérience ratée à Monaco.

Son équipe s’est toutefois fait couper l’herbe sous le pied par la pandémie, comme toutes les autres d’ailleurs. Il aura fallu attendre trois mois pour que les entraînements puissent recommencer et un mois de plus pour que l’équipe joue un match compétitif lors du tournoi de reprise de la MLS, à Orlando.

Début de tournoi Chancelant

Privé d’entraînement plus longtemps que la plupart des formations de la MLS, l’Impact a paru chancelant à ses deux premiers matchs lors de ce tournoi, encaissant deux défaites.

Une victoire lors de la dernière rencontre de phase de groupe lui a permis d’accéder à la ronde éliminatoire, qui s’est terminée dès la première rencontre, puis l’équipe a vécu une nouvelle pause d’un mois avant de reprendre l’action dans une série de six matchs contre les Whitecaps de Vancouver et le Toronto FC, qui faisait aussi office de qualification pour la finale du Championnat canadien.

L’équipe s’en est bien tirée dans l’ensemble avec une fiche de 3-3-0, mais ça n’a pas suffi pour accéder à cette finale.

Et c’est après ce bref passage en sol canadien qui lui a permis de jouer seulement trois matchs au stade Saputo devant 250 spectateurs que l’Impact a réellement amorcé son chemin de croix. 

Exil forcé

En raison de la fermeture de la frontière entre le Canada et les États-Unis qui imposait une quarantaine à chaque retour au pays, le Bleu-blanc-noir a vécu un exil forcé au Red Bull Arena, dans le New Jersey.

Cette période où l’équipe a joué ses 12 derniers matchs au sud de la frontière a été particulièrement difficile mentalement et sur le terrain, comme en témoigne la fiche de 3-8-1, l’équipe s’en tirant relativement bien loin de son domicile temporaire avec un dossier de 2-3-1.

Mais une période de plus de deux mois à l’hôtel et six périodes de quarantaine, à chaque retour à Montréal à compter de la fin du mois de juillet, ont miné le moral des troupes, au point où Saphir Taïder a choisi de quitter l’équipe pour l’Arabie saoudite, n’en pouvant plus d’être séparé de son épouse et de ses quatre enfants.

La situation a également laissé des traces dans l’effectif puisque les blessures se sont multipliées, de sorte qu’on avait peine à habiller assez de joueurs pour les matchs.

En des circonstances exceptionnelles, il est un peu difficile d’évaluer le travail de Thierry Henry, qui n’a même pas eu une vraie saison complète pour se faire valoir.

En transition

Qui plus est, il a dirigé un effectif manifestement en transition qui ne porte pas encore entièrement l’empreinte du directeur sportif, Olivier Renard, qui a fait de bons coups avec Romell Quioto et Luis Binks, notamment. On en attendait cependant plus de Victor Wanyama, un joueur désigné aux performances inégales.

Sous Henry, l’Impact a eu d’importantes difficultés défensives causées par un personnel d’arrières incomplet, mais a aussi marqué des buts malgré des limites évidentes en attaque.

On a toutefois constaté une volonté de construire un beau jeu intéressant de l’arrière plutôt que de pratiquer un soccer éteignoir, et c’est ce qui devrait encourager les partisans pour l’avenir.

Thierry Henry dirige comme il joue, avec l’attaque en tête, sans négliger le jeu dans sa globalité. Avec les bons éléments, il se pourrait qu’il parvienne à offrir un foot séduisant, comme l’attendent les amateurs depuis un bon moment déjà.

Bulletin des joueurs  

9/ 10 - Romell Quioto

La surprise de la saison. Un joueur hargneux, teigneux et explosif qui peut mettre les défenses adverses dans le pétrin et qui a surtout démontré qu’il abordait cette nouvelle chance avec sérieux et détermination.

8,3 / 10 - Luis Binks

À seulement 19 ans, il a été le meilleur défenseur de l’équipe, c’est tout un exploit. Il est combatif, calme et précis dans ses tacles. Il doit toutefois améliorer sa mobilité.

7,5 / 10 - Clément Diop

MLS - Toronto FC c. Impact
Photo courtoisie, Impact de Montréal

Pour une première saison comme titulaire, il s’en est assez bien tiré, malgré certaines difficultés dans ses relances et surtout un manque de mobilité sur les ballons arrêtés.

7,3 / 10 - Amar Sejdic

Joueur au QI soccer élevé et à l’éthique de travail irréprochable, il risque de devenir un élément important de cette équipe par son ardeur au travail et son intelligence du jeu. Un diamant qui ne demande qu’à être poli.

7,2 / 10 - Samuel Piette

Il a passé une bonne partie de la saison à s’habituer à un rôle un peu plus offensif en jouant plus haut sur le terrain. L’effort y est toujours et l’implication aussi. Tout est une question de trouver le bon équilibre.

7 / 10 - James Pantemis

Il a eu peu de matchs à se mettre sous la dent, mais il est athlétique, vif et combatif sur la balle. Sa courbe de progression pourrait être intéressante.

6,8 / 10 - Bojan

Il a mis beaucoup de temps à trouver son rythme, mais a démontré l’étendue de son talent en fin de saison. Il a trop tardé à sortir de sa coquille pour justifier une grosse dépense et sa décision de faire l’impasse sur le match retour de la Ligue des champions est franchement décevante.

6,7 / 10 - Rudy Camacho

Le mal-aimé de beaucoup de partisans. Il a une propension à commettre une gaffe au mauvais moment, mais quand il est dans un bon match, il est précis et fiable. Sa plus grosse lacune reste encore son salaire élevé, qui teinte l’évaluation.

6,7 / 10 - Emanuel Maciel

Il manque encore de constance, mais il pourrait bien devenir un certain métronome dans le milieu de terrain de l’Impact, surtout avec les longues passes qu’il est capable de décocher au bon moment.

6,5 / 10 - Zachary Brault-Guillard

Il est encore jeune et il va continuer de progresser même si on a noté un certain plafonnement cette saison. Cela dit, il veut contribuer en attaque et a les atouts pour le faire. Il doit trouver l’équilibre entre l’attaque et la défense.

6,3 / 10 - Lassi Lappalainen

Il a les atouts nécessaires pour être un bon joueur dans la MLS, mais il traîne souvent des blessures. Qui plus est, il manque de constance, de sorte que lors de certains matchs, il semble avoir envie de jouer tandis que l’on peut parfois questionner son engagement dans d’autres rencontres.

6,2 / 10 - Mustafa Kizza

L’échantillon est très petit, ce qui impose une évaluation conservatrice. Il a toutefois démontré de belles choses sur le plan offensif, mais le jeu défensif est à polir.

6,2/ 10 - Rod Fanni

Toujours fiable même s’il a montré des signes évidents de ralentissement, ce qui n’est pas étonnant puisqu’il était le joueur le plus âgé (il a eu 39 ans le 6 décembre) de la MLS en 2020. Il aura rendu de bons services à l’équipe, mais il est décevant qu’il n’ait pas été là pour le dernier match de Ligue des champions.

6 / 10 - Maxi Urruti

L’homme aux trois poumons. Il travaille comme un forcené et court comme une gazelle pendant 90 minutes, mais son jeu demeure étrangement statique et il manque de précision près du but adverse. 

6 / 10 - Joel Waterman

Une saison en deux temps en raison d’une blessure. Il peut être une bonne roue de secours au besoin. Joueur de profondeur fiable.

6 / 10 - Shamit Shome

Il a vu beaucoup moins d’action que l’an passé et s’est tranquillement effacé même s’il demeure un bon soldat. Il a peut-être déjà atteint son plafond.

5,8 / 10 - Ballou Tabla

Le talent est là, mais les performances continuent de se faire attendre. Il a eu peu de temps de jeu, notamment en raison d’une blessure, mais il doit aussi démontrer qu’il le mérite.

5,7 / 10 - Jukka Raitala

Il n’a pas été le même joueur après son retour de blessure l’été dernier. Plus lent, il n’apporte tout simplement pas assez sur le plan offensif.

5,5 / 10 - Anthony Jackson-Hamel

C’était sa dernière chance avec le Bleu-blanc-noir et il n’a pas su la saisir. Il est capable de marquer des buts, mais il manque un liant dans son jeu pour qu’il puisse être un régulier sans la MLS.

5 / 10 - Jorge Corrales

Plein de bonne volonté, mais limité dans ses qualités pour jouer dans la MLS match après match. Il a trop souvent été débordé dans son couloir malgré une volonté d’animer l’attaque.

4,5 / 10 - Orji Okwonkwo

Le joueur de la saison 2019 s’est complètement effacé cette année. Moins explosif, souvent apathique, il donnait l’impression d’un joueur qui n’avait pas envie d’être là, lui qui avait ouvertement remis en question un retour en 2020 à la fin de la saison précédente.

4,3 / 10 - Mason Toye

Il y avait de certaines attentes quand il est arrivé du Minnesota, mais il n’a rien démontré qui donne envie d’en voir plus. L’intégration à son nouveau milieu a semblé difficile.