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Montréal intensifie sa lutte contre le trafic d’armes

On assiste à une recrudescence du nombre de crimes commis par arme à feu

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Photo d'archives, Maxime Deland Sylvain Caron, directeur du SPVM, et la mairesse Valérie Plante ont annoncé jeudi, à l’hôtel de ville, la création d’une équipe dédiée à la lutte contre le trafic d’armes.

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La police de Montréal met les bouchées doubles dans sa lutte contre le trafic d’armes à feu en créant une équipe spéciale qui traquera les têtes dirigeantes des réseaux après une période sombre au chapitre des fusillades dans la métropole. 

« On souhaite aller plus loin que de juste saisir une arme. On veut retrouver le fournisseur, s’attaquer au réseau de distribution et aux gens qui approvisionnent la métropole. Bref, remonter à la source du problème », a expliqué d’un ton ferme Sylvain Caron, directeur du Service de police de la Ville de Mont-réal (SPVM).

Accompagné par la mairesse Valérie Plante, il a annoncé jeudi en conférence de presse la création de l’équipe de lutte contre le trafic d’armes (ELTA) qui sera effective vers la fin janvier.

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Photo Erika Aubin

Composée d’une vingtaine de policiers, l’escouade permanente a comme objectif de rassurer la population devant la « hausse atypique » d’événements violents par armes à feu survenus depuis juin. 

Nuire à l’approvisionnement des individus criminalisés en armes à feu aura un impact direct sur le nombre d’événements violents, croit-on.

  • Écoutez l’entrevue de Caroline Bourgeois, responsable de la sécurité publique au comité exécutif de la Ville de Montréal  

Avant que ça dégénère 

Le SPVM souhaite poser des gestes concrets, dit-il, avant que la situation dégénère à Montréal, comme ce fut le cas dans d’autres villes canadiennes, notamment à Toronto et à Ottawa. 

Même si le chef de police n’était pas en mesure de dire s’il y a davantage d’armes illégales en circulation, un nouveau phénomène le préoccupe : des individus s’affichent ouvertement sur les réseaux sociaux avec des armes.

« C’est comme s’ils banalisaient la possession de ces armes et qu’ils avaient un sentiment d’impunité. C’est quelque chose qu’on ne voyait pas il y a quelques années », a dit Sylvain Caron.

Près des écoles

Depuis le déconfinement lié à la pandémie, on constate une hausse du nombre de fusillades et de tentatives de meurtre, dans le nord-est de Montréal plus précisément. 

« Ces incidents se produisent à toute heure du jour, parfois près des écoles et dans des quartiers résidentiels. C’est inacceptable », a déploré le chef de police de la ville.

L’inquiétude est palpable dans les arrondissements qui sont visés par ces incidents. Des citoyens de Montréal-Nord et de Rivière-des-Prairies (RDP) avaient d’ailleurs confié au Journal ne plus se sentir en sécurité dans leur propre quartier. 

La mairesse de RDP et responsable de la sécurité publique au comité exécutif, Caroline Bourgeois, reçoit « un nombre énorme de courriels de citoyens qui ont des inquiétudes légitimes ». 

Sans vouloir parler d’une crise de confiance à l’égard du service de police, M. Caron reconnaît qu’il y a « un grand sentiment d’insécurité dans certains secteurs concernés ». 

« De là l’importance de prendre des actions comme celle de créer l’ELTA », a laissé tomber le chef de police.

Le recrutement pour la composition de l’ELTA et son financement se feront à même les effectifs et les budgets existants du SPVM.