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Une élue claque la porte et accuse Valérie Plante d'être autoritaire

Une élue claque la porte et accuse Valérie Plante d'être autoritaire
PHILIPPE-OLIVIER CONTANT/AGENCE QMI

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 Une autre conseillère quitte le caucus de Valérie Plante, accusant la mairesse de Montréal d’avoir une «gestion rétrograde et autoritaire».

Christine Gosselin, qui est conseillère de Ville dans le district du Vieux-Rosemont, a claqué la porte de Projet Montréal, jeudi, en expliquant sa décision dans un long texte partagé sur Facebook.

Elle dit être «en porte-à-faux avec les valeurs et comportements de la mairesse de Montréal, principalement en matière de gestion des ressources humaines».

Mme Gosselin, qui avait déjà annoncé récemment qu’elle ne se représenterait pas aux élections de novembre 2021, va terminer son actuel mandat au sein de l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie à titre d’indépendante.

En 2021, je siégerai en tant qu'élue municipale indépendante Il y a des moments dans la vie où notre conscience nous...

Publié par Christine Gosselin sur Jeudi 17 décembre 2020

 

«Renvoyée sans ménagement et sans explications du comité exécutif il y a presque deux ans, j'y ai moi-même goûté et en suis restée d'autant plus déstabilisée que la mairesse fait valoir ses valeurs féministes sur toutes les tribunes, a écrit Mme Gosselin. J'avais néanmoins décidé de prendre mon renvoi comme une occasion d'amélioration. Je me suis consacrée aux mandats qui m'ont été confiés tant à la Ville qu'à l'arrondissement.»

«Je me suis tue, car je craignais de manquer de solidarité et de faillir à mon devoir de soutenir la première femme maire de Montréal, a-t-elle ajouté. Je souhaitais lui apporter le soutien et le support qu’en tant qu’élue investie de nombreuses responsabilités accaparantes, j’aurais aimé recevoir de sa part et de son cabinet.»

La décision de Mme Gosselin s’explique aussi par le dossier de la mairesse de l’arrondissement de Côtes-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce,Sue Montgomery, qui vient de remporter une bataille en cour contre l’administration Plante relativement à sa chef de cabinet, Annalisa Harris.

«Maintenant, nous savons que c’est la Ville qui a agi de manière illégale et que Sue Montgomery était, non seulement justifiée de résister aux pressions exercées sur elle pour qu’elle congédie sa chef de cabinet Annalisa Harris, mais qu’elle faisait preuve d’intégrité en refusant de le faire», a indiqué Mme Gosselin sur Facebook.

Le cabinet de la mairesse Plante a réagi en soirée à cet autre départ au sein de son équipe.

«C’est toujours triste quand une collègue appréciée nous quitte et nous lui souhaitons bonne continuation, a-t-on indiqué par courriel. Son départ n’est pas une surprise, considérant que Mme Gosselin a déjà annoncé il y a plusieurs mois son intention de quitter la vie politique municipale. Ceci dit, sur ses raisons, nous n’avons pas la même interprétation de ses conclusions.»

«À moins d’un an de l’élection, il est normal de s’attendre à du renouvellement dans notre équipe, ce sera l’occasion de présenter un nouveau visage dans le Vieux-Rosemont», a-t-on ajouté.

L'opposition à l'hôtel de ville de Montréal croit que le parti de Valérie Plante est «en crise».

«Avec sa démission, Christine Gosselin attaque directement le jugement et l’intégrité morale de la mairesse Plante. Avec trois départs en quelques semaines, la crise est réelle et je remets sérieusement en question la capacité de la mairesse à gérer Montréal alors que son parti implose. Distraite par les guerres internes, elle est trop occupée pour répondre aux besoins des citoyens de Montréal», a dit Lionel Perez, chef d’Ensemble Montréal.

«Encore une autre femme forte et courageuse qui décide de ne plus se rallier au mode de gestion autoritaire et questionnable de Projet Montréal; pour des gens qui se disent féministes, engagés et modernes, je crois que les membres du caucus, comme les employés du cabinet de la mairesse, et Valérie Plante elle-même, se doivent de faire un examen de conscience et de répondre publiquement aux allégations de climat malsain qui pullulent dans leurs rangs», a indiqué pour sa part Karine Boivin-Roy, qui est leader de l’opposition officielle.

D’autres départs récents au sein de Projet Montréal

La démission de Christine Gosselin du caucus de Projet Montréal s’ajoute à d’autres départs récents, qui surviennent à moins d’un an des élections municipales.

Christian Arseneault, élu dans le district de Loyola dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, a annoncé le 9 décembre dernier qu’il siègera dorénavant comme indépendant.

Rosannie Filato, qui siégeait au comité exécutif à titre de responsable de la sécurité publique, a renoncé à cette fonction au début décembre, mais demeure conseillère pour Projet Montréal jusqu’aux prochaines élections. Elle ne sollicitera pas de second mandat.

Sue Montgomery, qui est mairesse de Côtes-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, a été exclue en janvier dernier du caucus du parti de Valérie Plante à la suite d’une controverse touchant à sa directrice de cabinet.

Julie Pascale Provost, conseillère d’arrondissement à Lachine, s’est fait montrer la porte de Projet Montréal en octobre dernier. On explique cette décision par son opposition à la fermeture de la marina de Lachine. De son côté, le parti a indiqué que les relations avec elle étaient tendues depuis son élection en 2017.

Plus lointain, le départ de la mairesse de l'arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Giuliana Fumagalli, du caucus de Projet Montréal avait fait grand bruit en août 2018. Mme Fumagalli avait été visée par des allégations de harcèlement psychologique.