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Attention aux faux vaccins miraculeux contre la COVID

Des escrocs tentent de vendre des fioles par téléphone et sur internet

H1N1 influenza vaccination
Photo Reuters Hydroxychloroquine, vaccins bidons, phosphate de chloroquine et quoi encore; les produits censés protéger de la COVID-19 polluent le dark web ces temps-ci.

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OTTAWA | Le Centre antifraude met les Canadiens en garde contre des escrocs qui tentent de vendre de faux vaccins contre la COVID-19 par téléphone, pour la modique somme de 2500 $, en se faisant passer pour des représentants de compagnies pharmaceutiques.

L’organisme fédéral indique avoir reçu des informations anonymes concernant un individu offrant un « système de vaccination à six doses » à s’injecter soi-même.

H1N1 influenza vaccination
Capture d’écran tirée du dark web

Le coût de la première dose serait de 450 $, puis un tarif réduit s’appliquerait aux suivantes, pour un total de 2500 $.

Le tout est supposément livrable à domicile, par la poste ou par messagerie.

Le seul vaccin contre le coronavirus actuellement autorisé au Canada est celui de Pfizer BioNTech, qui doit être conservé à une température de -70 degrés Celcius.

Cela exclut donc d’emblée toute possibilité de livraison en dehors du système de santé. Ce vaccin s’administre par ailleurs en deux doses uniquement, tout comme celui de Moderna, dont l’approbation par Santé Canada est imminente.

Le fraudeur tente donc vraisemblablement de distribuer des fioles frauduleuses ou tout simplement d’obtenir de l’argent en échange de promesse de livraisons qui ne viendront jamais.

De tout sur internet

Les offres de vaccins miraculeux se multiplient aussi en ligne, a constaté Le Journal en plongeant quelques heures dans les marchés illégaux du dark web, l’internet clandestin.

Pour 200 à 300 $, on y trouve de tout en quelques clics : des vaccins de Pfizer à ceux de la compagnie chinoise Sinovac, en passant par de l’hydroxychloroquine à l’effigie de Donald Trump.

La firme de cybersécurité Check Point a constaté un accroissement soudain des offres de vaccins sur les marchés clandestins virtuels, depuis l’approbation de celui de Pfizer BioNTech aux États-Unis.

H1N1 influenza vaccination
Capture d’écran tirée du dark web

« Tous les vendeurs que nous avons trouvés insistent sur le paiement en bitcoin, car cela minimise les chances de les retrouver », explique Oded Vanunu, du département de recherche de Check Point.

Il indique qu’avant de proposer des vaccins, les vendeurs du dark web ont aussi prétendu offrir des fioles contenant du sang de personnes guéries de la COVID et toute sorte de remèdes miracles contre le coronavirus.

« La plupart d’entre nous regardent avec espoir le début de la vaccination. Mais certains la regardent avec avidité et malveillance et ont bien l’intention de capitaliser sur notre peur », prévient M. Vanunu.​

H1N1 influenza vaccination
Capture d’écran tirée du dark web

Panoplie de fraudes

« La seule façon d’avoir accès à des vaccins contre la COVID-19 sûrs et efficaces est de passer par des cliniques organisées ou approuvées par l’autorité locale de Santé publique », rappelle le Centre antifraude.

Les arnaques pharmaceutiques s’ajoutent aux nombreuses fraudes liées à la pandémie documentées ces derniers mois.

Des fraudeurs se sont notamment emparés des identités de centaines de Québécois, y compris de mineurs, pour ouvrir des comptes de banque et y recevoir des Prestations canadiennes d’urgence.

  • 249 000 doses du vaccin de Pfizer BioNTech sont attendues au Canada d’ici la fin de l’année. 500 000 autres suivront en janvier. Ottawa prévoit que tous les Canadiens qui le souhaitent seront vaccinés gratuitement d’ici septembre 2021.

L’approvisionnement des vaccins dans l’œil des cyberpirates 

Le Service canadien du renseignement de sécurité s’inquiète pour la sécurité de la chaîne d’approvisionnement des précieux vaccins contre la COVID-19.

Ses experts ont mis en garde des logisticiens du pays, lors d’une conférence à huis clos en novembre dernier.

La rencontre virtuelle a eu lieu à l’occasion du congrès annuel de l’association canadienne des logisticiens, note la présidente de l’organisme Pina Melchionna sans pouvoir révéler les détails des discussions dont elle a été témoin.

Peu connues du grand public, les compagnies de logistique n’en sont pas moins vitales.

D’elles dépendent tant l’approvisionnement en papier de toilette et en bananes que celui du matériel médical.

Sur un pied de guerre

Alors qu’arrivent les premières doses de vaccin contre la COVID-19, ces entreprises sont sur le pied de guerre, bien conscientes d’avoir des vies entre les mains.

Or, au cours des quatre dernières semaines, la firme israélienne de cybersécurité Check Point a répertorié en moyenne 677 attaques par semaine contre les réseaux informatiques d’organisations canadiennes liées au système de santé, soit trois fois plus qu’en temps normal.

Cyberattaques

Les pirates paralysent le réseau informatique, s’emparent des données et réclament des rançons, explique Oded Vanunu, de Check Point.

C’est d’ailleurs ce qui s’est passé cette semaine en Israël. 

Des pirates ont pris en otage le système informatique de plusieurs dizaines d’organisations, dont certaines impliquées dans la distribution du vaccin, dit M. Vanunu qui craint que cette attaque retarde l’immunisation dans son pays.

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