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Avoir la bonne attitude

Le onze montréalais a été combatif malgré les embûches rencontrées

MLS - Whitecaps FC c. Impact
Photo Martin Chevalier Zachary Brault-Guillard (à gauche) et Samuel Piette lors d’un match contre les Whitecaps de Vancouver, l’été dernier.

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Avec une fiche de huit victoires, treize défaites, deux verdicts nuls et la neuvième place dans l’Association de l’Est, l’Impact a fait le minimum acceptable. Mais, dans les conditions que l’on connaît, c’est loin d’être mauvais.

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Si l’équipe est parvenue à se qualifier pour les éliminatoires et à lutter jusqu’à la fin contre Olimpia mardi, malgré l’épuisement mental et un certain déficit de talent, c’est surtout grâce à son comportement.

« L’attitude qu’on devait avoir cette année était non négociable dans notre vestiaire, on ne pouvait pas trouver d’excuses pour ne pas se battre sur le terrain », a insisté Samuel Piette.

Le Québécois semble d’ailleurs être un candidat de choix pour le poste de capitaine l’an prochain puisque Jukka Raitala ne sera pas de retour. 

L’équipe s’est drôlement rajeunie dans les deux dernières semaines et Piette ne cache pas qu’il commence à se sentir comme un vétéran, même s’il a eu seulement 26 ans cet automne.

N’empêche que, quand Thierry Henry prend la peine de mentionner son nom et de dire à quel point il a su prendre plus de place et faire preuve de caractère, c’est un bon indicateur de son importance au sein d’un jeune effectif.

« Je ne sais pas si je serai au centre de ce qu’ils veulent construire, mais j’aime à croire que oui parce que j’ai joué un rôle important dans ce club, et je viens d’ici. J’ai le club tatoué sur le cœur.

« J’aime vraiment la direction que prend l’équipe. On a une équipe jeune et on veut des joueurs qui se battent pour le maillot, et je crois que c’est ce qu’Olivier [Renard] est en train de faire. »

Apprentissage

Puisqu’il est question de jeunes, on ne peut passer sous silence cette première saison du défenseur Luis Binks, qui a eu 19 ans quelques semaines avant le début de la campagne.

L’Anglais a rapidement trouvé sa place dans le système de Henry pendant qu’Amar Sejdic, 24 ans, est lentement sorti de son cocon.

« J’ai défié Luis Binks toute la saison et je peux dire qu’il a très bien répondu à l’appel, a précisé l’entraîneur. J’ai aussi talonné Amar Sejdic toute l’année afin de m’assurer qu’il comprend l’enjeu. »

Binks, qui a expliqué être venu à Montréal en partie en raison de la présence de Henry, a compris ce que c’était que de devenir un professionnel avec l’imputabilité qui en découle.

« Il m’a laissé sur le banc contre Orlando en fin de saison et j’ai voulu me prouver à l’entraînement, et il m’a fait confiance pour le match suivant contre D.C. »

Nouveau défi

Dans le même esprit, Samuel Piette a été muté d’un poste de milieu défensif vers un rôle un peu plus offensif, ce qui l’a fouetté.

« Quand t’es amené à faire des trucs que tu n’as pas nécessairement faits auparavant, la première réaction est d’avoir des questionnements. Mais je pense qu’il n’y a pas meilleure personne pour répondre à ces questions que Thierry Henry. On a rapidement été rassurés. »

Autre joueur qui a changé de poste, passant de l’aile gauche à l’attaque, Romell Quioto a su faire taire ses détracteurs avec la meilleure saison de sa carrière.

« Tout le monde a droit à son propre point de vue. Je n’ai pas à commenter ça, a-t-il dit au sujet des réserves émises lors de son acquisition. Mais je suis content d’avoir démontré à travers mon travail ardu que je pouvais aider cette équipe. » 

Déception signée Bojan 

Bojan, attaquant
Photo courtoisie, Impact de Montréal
Bojan, attaquant

Il a beaucoup été question vendredi de caractère ou de l’absence de caractère au sein de l’Impact. Certains joueurs auraient pu en manifester plus.

C’est ce qui nous mène à Bojan, qui a fait l’impasse sur le match quart de finale de la Ligue des Champions contre Olimpia cette semaine. 

Ayant appris que l’option sur son contrat n’avait pas été exercée par l’Impact, il a plutôt choisi de rentrer en Espagne après l’élimination de l’équipe le mois dernier.

Le directeur sportif, Olivier Renard, a expliqué qu’il n’avait pas eu de contact avec Bojan depuis son départ, même si le club lui a soumis une offre en bonne et due forme pour la saison 2021.

« L’offre est dans ses mails. Je n’ai pas eu de réponse par rapport à cette offre présentée à son agent et à lui.

« Très sincèrement, je ne pense pas qu’il sera de retour avec nous. Comment ses coéquipiers vont réagir à quelqu’un qui n’a pas joué le dernier match ? », s’est demandé Renard, en ajoutant que l’Espagnol a tout de même joué en éliminatoires contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre, même s’il savait déjà que le club n’exercerait pas son option.

Si l’Impact l’avait fait, Bojan serait devenu joueur désigné en 2021. Avec une production de sept buts et deux aides en 25 matchs au cours de la dernière année et demie, ce n’était pas logique.

Jackson-Hamel jusqu’au bout

Autant Renard que Thierry Henry ont cité en exemple Anthony Jackson-Hamel, qui est resté jusqu’à la fin même s’il savait qu’il ne serait pas de retour.

« Je dois féliciter Jackson qui a tout de même joué ce dernier match, il a donné tout ce qu’il a, et j’aurais préféré que d’autres personnes accompagnent le groupe même si elles avaient demandé de ne pas jouer, a dit Renard. Ça aurait été très bien pour plusieurs joueurs de faire ça, mais ils ne l’ont pas fait. »

Une petite flèche à l’endroit de Rod Fanni, qui n’a pas repris l’entraînement avec l’équipe et n’a donc pas joué contre Olimpia ? Il n’a pas de contrat pour 2021.

« Il y a eu beaucoup de critiques envers Jackson en lien avec son professionnalisme, et certaines étaient fondées, mais il est resté avec nous jusqu’au bout », a ajouté Renard.

« Jackson a eu une année difficile, notamment avec des problèmes aux genoux, mais il est venu jouer contre Olimpia, ça démontre son désir de se battre pour le club même s’il ne restera pas, et je respecte ça », a pour sa part mentionné Henry.