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Fin d’année pitoyable pour trop d’élus

Periode des questions
Photo d'archives Le député, Harold LeBel

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Télé-Québec a retiré mardi le documentaire Nos élus de toutes ses plateformes.

Il montrait – de remarquable manière – les dimensions plus humaines, moins connues, du travail des députés. « Nous voulons faire tomber le cynisme à l’égard de la politique », avait dit le réalisateur Louis Asselin. Un projet tout à fait méritoire.

Une des têtes d’affiche en était toutefois Harold LeBel, député péquiste de Rimouski. Comme on le sait, LeBel a été arrêté et accusé d’agression sexuelle mardi.

LeBel est l’archétype du chic type, toujours la main sur le cœur. L’équipe de Nos élus l’avait choisi parce qu’il était « sensible », « à l’écoute ». Un scrutin de La Presse publié en fin de semaine dernière concluait d’ailleurs que c’est ce que ses collègues députés pensaient de lui.

LeBel était aussi whip et président du caucus péquiste. À la fois préfet de discipline et confesseur : il connaissait donc tous les secrets des élus de sa formation.

La faille

Quand la série La faille a été retirée après l’affaire Maripier Morin, l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ) avait protesté.

Mais selon elle, le retrait de Nos élus se justifiait. Ce n’est pas une œuvre de fiction et si jamais LeBel était reconnu coupable, on reprocherait à Télé-Québec d’avoir attiré « la sympathie du public [...] envers un possible agresseur et ce serait préjudiciable envers sa victime alléguée », fait valoir l’ARRQ.

Hier, LeBel a soutenu dans un communiqué qu’« en temps opportun, il souhaite démontrer qu’il n’a rien à se reprocher ». Il continuera à remplir sa fonction. Il a annoncé être représenté par Maxime Roy (même avocat qu’une autre ex-élue plongée dans la tourmente, Nathalie Normandeau).

Député imbibé

« Le discrédit est quand même jeté sur l’ensemble des élus », rageait un membre de l’Assemblée nationale mardi, au téléphone, peu après l’arrestation de LeBel.

C’était avant cette autre catastrophe pour leur image.

Le député caquiste de Rivière-du-Loup–Témiscouata, Denis Tardif, filmé sans masque mercredi soir, totalement imbibé, enlaçant ses amis comme à l’ère pré-COVID, dans une microbrasserie bondée.

La vidéo est assassine : l’élu se fout royalement des mesures sanitaires que son propre gouvernement martèle et qu’il implore pourtant tous les jours aux citoyens de respecter. Faites ce que je dis, pas ce que je fais...

Tardif ne pouvait rester au caucus et en a d’ailleurs été expulsé.

Code d’éthique

Ces histoires pitoyables m’ont rappelé l’article 6 du code d’éthique, écrit et adopté par les députés eux-mêmes : « La conduite du député est empreinte de bienveillance, de droiture, de convenance, de sagesse, d’honnêteté, de sincérité et de justice ».

Code qu’un autre élu, Pierre Fitzgibbon, trouve dépassé et dont il s’est moqué allègrement (pour la portion conflit d’intérêts). Mais lui n’a pas été évincé du caucus, bien au contraire.

Surtout, il faut se garder de généraliser. Nos élus se montrent très souvent à la hauteur de leur exigeant code. Mais force est de constater que leur année 2020, déjà éprouvante en raison de la COVID, se termine très mal.