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Partys de Noël: dénoncer ou pas ses voisins?

Valérie Plante a réagi beaucoup plus en citoyenne inquiète – avec raison – qu’en politicienne. Pour une rare fois, pourrait-on même ajouter.
Photo d'archives, AGENCE QMI Valérie Plante a réagi beaucoup plus en citoyenne inquiète – avec raison – qu’en politicienne. Pour une rare fois, pourrait-on même ajouter.

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Dénoncer ou pas? Toute une question!

Doit-on dénoncer ou pas des voisins qui, malgré la consigne du gouvernement de «fêter» seulement dans sa propre bulle familiale – ou avec une personne seule –, font ou feront des partys intérieurs avec des personnes venues de plusieurs ménages? 

La question se pose déjà. Dans la période imminente des Fêtes, elle se posera encore plus.

Que faire si l’on voit plusieurs voitures se stationner avec des gens qui, venus de plusieurs ménages, se rendent tous à une même adresse?

Cette question, difficile, Valérie Plante, mairesse de Montréal, se l’est fait poser en point de presse. 

Hésitante à répondre, son malaise crevait l’écran. Que dire? Doit-on appeler la police?

Sa réponse: «Écoutez. Je pense que si on voit plusieurs personnes qui rentrent dans une résidence, c’est la chose à faire. Mais en même temps, il faut comprendre que le SPVM y va en ordre de priorité d’appels. Donc, ce n’est pas ce qui va garantir que d’un coup, un policier va débarquer à la maison.»

Sa réponse a fait beaucoup réagir.

Pour certains, la mairesse encourageait la «délation» entre citoyens. Donc, elle avait tort. Mais est-ce vraiment ce qu’elle a fait?

La réalité est que Valérie Plante a réagi beaucoup plus en citoyenne inquiète – avec raison – qu’en politicienne. Pour une rare fois, pourrait-on même ajouter.

Nul besoin de le redire. La deuxième vague de COVID-19 frappe très fort. Montréal n’est pas en reste. 

Les cas de contamination sont en hausse. Dans notre système de santé tout croche, le nombre d’hospitalisations frôle le désastre pour le personnel déjà épuisé par neuf mois de pandémie. 

S’ajoutant à plus de 7000 morts déjà, des Québécoises et des Québécois meurent encore de la COVID-19.

Quand on sait que les rassemblements intérieurs sont une des sources documentées de propagation du virus dans la communauté, que faire lorsqu’on voit qu’il y a un «party» à plusieurs ménages, tout près? 

Le contexte pandémique étant sans précédent et les dangers de propagation de la COVID-19, bien réels, est-ce ou non un «devoir citoyen» d’appeler la police dans des situations du genre?

Personnellement, je dirais comme la mairesse. 

Le Québec compte trop de morts pour laisser faire. Le système de santé compte trop d’employés épuisés (ou même décédés eux-mêmes du virus), pour ne rien faire face à des comportements hautement risqués pour la santé des gens. 

D’autant plus qu’avec l’arrivée de vaccins au cours des prochains mois, l’espoir d’une fin éventuelle de cette saloperie de pandémie est palpable.

Raison de plus, aussi fatigués puissions-nous tous en être (!), pour ne pas baisser la garde dans le respect des consignes

Mais en même temps, le malaise d’«appeler la police» pour rapporter un party «clandestin» se comprend aussi.

Et vous? Que feriez-vous?

Décidément, il n’y aura rien de simple dans cette période des Fêtes sous le joug de la COVID-19.