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Un pas de géant pour la protection du territoire québécois

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Lorsque je suis arrivé à la barre du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques en janvier 2019, j’ai pris connaissance du retard que le Québec avait pris à protéger 17 % de son territoire terrestre et 10 % de son milieu marin avant la fin de 2020. Nous en étions alors respectivement à 10,7 % et 1,3 % !  

• À lire aussi: Le Québec protégera 17% de son territoire

Nous avons depuis investi des efforts sans précédent afin de protéger notre territoire, si bien que j’ai aujourd’hui l’immense plaisir de vous annoncer que nous avons atteint nos objectifs. 

Aux quatre coins du Québec

Cela s’est traduit par l’ajout, depuis le début de 2019, de dizaines d’aires protégées aux quatre coins du Québec totalisant plus de 90 000 km2. Pour vous donner une idée, la superficie totale protégée au Québec est désormais plus grande que le Royaume-Uni ! 

Nous avons ainsi pu protéger des territoires qui marquent notre imaginaire collectif comme les monts Chic-Chocs ou l’île d’Anticosti. Plusieurs gouvernements avant nous ont affirmé vouloir protéger ces sites exceptionnels, mais nous seuls l’avons fait. 

Nous avons également pu établir des partenariats inédits avec l’Administration régionale Kativik, la Nation naskapie de Kawawachikamach, la Société Makivik et le Gouvernement de la Nation Crie afin de protéger 20 % du Nunavik. 

Puis, dans le cadre unique de la Grande Alliance, qui réunit le gouvernement du Québec et le Gouvernement de la Nation Crie, nous avons pu ajouter 39 000 km2 au territoire protégé de la région d’Eeyou Istchee Baie-James et ainsi dépasser notre objectif de protéger au moins 20 % du territoire situé au nord du 49e parallèle. 

En outre, la création officielle de 17 réserves de territoires aux fins d’aires protégées marines, totalisant plus de 14 100 km2 dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, nous permettra de protéger 10,4 % du milieu marin québécois. 

Certains m’ont toutefois fait part de leurs craintes que ces aires protégées viennent éliminer des emplois miniers ou forestiers dans leur région. 

Ces personnes doivent savoir que j’ai travaillé étroitement avec mes collègues Jonatan Julien, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, et Pierre Dufour, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, afin de minimiser les impacts sur les emplois. Je les remercie, ainsi que leur personnel, pour cet extraordinaire succès obtenu en si peu de temps. 

D’autres nous ont reproché de ne protéger que des territoires nordiques et, donc, peu représentatifs des divers écosystèmes du Québec. Bien que plusieurs des territoires que nous avons protégés sont en fait dans le sud, il est vrai que leur protection sud s’avère plus compliquée. 

Ainsi, comme ces aires sont en grande partie de propriété privée, il faut négocier avec leurs propriétaires. C’est pourquoi notre gouvernement a annoncé, dans le budget de 2019-2020, qu’il consacrera 45 M$ de plus à la création de partenariats à des fins de création ou de mise en valeur de nos aires protégées. Je tiens à remercier les organismes de conservation qui sont nos partenaires dans cette démarche.   

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec Benoit Charette, ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, sur QUB radio:    

Nouveaux défis pour 2021

Dans la même optique, nous venons de compléter l’étude du projet de loi no 46, lequel nous permettrait de créer un nouveau statut d’aire protégée plus compatible avec la nécessaire conciliation des usages du territoire situé au sud du Québec. J’ai bon espoir que ce projet de loi pourra être adopté à l’unanimité au début de 2021. 

Au cours de la prochaine année, un nouveau cadre mondial pour la biodiversité sera adopté par les Nations Unies, avec de nouveaux objectifs et de nouvelles cibles. Grâce au travail accompli avec tous nos partenaires au cours des deux dernières années, et forts d’un cadre légal renouvelé, il n’y a aucun doute que le Québec sera bien outillé pour faire sa part dans la protection du patrimoine naturel mondial. L’atteinte de notre cible de 17 % n’est pas une fin en soi, et nous poursuivrons nos actions pour la protection de la notre biodiversité. 

Benoit Charette
Ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec
et ministre responsable de la région de Laval

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