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L-C ne demandait qu’à jouer

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Il s’appelle Louis-Charles Davignon. Il fréquente un collège privé en dépit d’une forme légère de paralysie cérébrale. Sa seule évidence physique, un strabisme à l’œil. Autrement dit, il voit clair, mais il louche. Il n’est pas infirme et ses médecins lui recommandent la pratique d’un sport collectif pour aider à son développement. 

À 12 ans, Louis-Charles garde les buts en alternance dans le Pee Wee « C » de Varennes. Il atteint et gagne les finales régionales de Hockey Richelieu. Toutefois, la saison suivante, tout bascule. 

L-C partage le filet récréatif Bantam « B » avec un nouvel inscrit venant de l’extérieur. Un jeune plus talentueux qui aurait dû évoluer au niveau « CC » compétitif et qui aujourd’hui évolue midget « AA ». Comme c’est trop souvent le cas, le nouvel arrivé est tabletté à un niveau trop faible pour lui. Y’a toujours le fils de quelqu’un à protéger...

Malgré de beaux discours, le coach finit par céder aux pressions des parents qui réclament plus de départs à la faveur du gardien plus talentueux. 

Le conflit

L’escalade s’ensuit. Sensible, Louis-Charles souffre terriblement. Railleries de la part de certains coéquipiers, ses parents sont aussi victimes d’intimidation d’autres parents de la même équipe.

Les parents de Louis-Charles déposent une plainte au hockey mineur de Varennes. Les entraîneurs sont blâmés, sans sanctions. Pire, les parents de Louis-Charles sont aussi blâmés au rapport. 

Ils sont mécontents. Hockey Richelieu est saisi de l’affaire. C’est que, voyez-vous, les parents des autres joueurs du club Bantam « B » veulent l’expulsion de Louis-Charles des cadres de l’équipe. 

Discussion enregistrée

Jacques Hébert et Denis Proulx, président et v-p de Hockey Richelieu, débarquent avec leurs sabots. Ils rencontrent Louis-Charles seul pendant près de 30 minutes. Devant le malaise de leur enfant, les parents de Louis-Charles glissent un cellulaire dans la poche de celui-ci afin d’enregistrer la conversation, durant laquelle un des deux hauts dirigeants demande à Louis-Charles s’il voit bien la rondelle. Puisqu’il louche, les deux « enquêteurs » demandent même à l’enfant s’il les voit bien puisqu’il n’a pas l’air de les regarder.

La suite est prévisible comme la pluie. Au rapport de Hockey Richelieu, une simple obligation pour les parents, dont ceux de Louis-Charles, de suivre en ligne la formation respect et sport de Hockey Québec.

Interloqués, les parents de L-C s’adressent directement à Hockey Québec. Le comité de discipline provincial débarque. Résultat ; un blâme aux parents fous, mais aucune sanction. La police qui enquête sur la police. Benoit Noël était à la tête du comité provincial de discipline de Hockey Québec. Tout juste avant la remise de son rapport sur l’affaire Louis-Charles Davignon, il a été intronisé au temple de la renommée de Hockey Québec.

Un héros

Louis-Charles est un héros. Il ne garde plus les buts, mais joue encore au hockey. Il doit se soumettre à une évaluation physique chaque année, sur ordre de Hockey Québec. Ses parents sont aussi des héros. Trois ans plus tard, ils continuent le combat. Le dossier est désormais à la Commission des droits de la personne. Tout ça à partir d’intimidation de parents fous et de coachs sans colonne dans le Bantam « B ».  

L’enfant ne demandait pourtant rien de plus que de s’amuser en « jouant » au hockey... Malheureusement, le cas L-C Davignon n’est pas un cas isolé. Alors, Madame la Ministre Charest, vous faites quoi maintenant ?