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«La bouche pleine» d'Elisabeth Massicolli: l’âpreté de la vingtaine

Elisabeth Massicolli
Photo courtoisie, Martine Doyon Elisabeth Massicolli – La bouche pleine

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Journaliste, féministe, autrice de talent, Elisabeth Massicolli s’attaque aux codes de séduction, au double standard quant à l’apparence des corps et aux dérives du dating dans un premier roman féroce, La bouche pleine. Avec humour, elle montre les grandeurs et misères d’une jeune adulte célibataire. Au fil des pages, le lecteur découvre que la réalité, en fait, n’est pas toujours si drôle et légère que ça. Parfois, elle saisit. 

<b>La bouche pleine</b><br/>Elisabeth Massicolli.<br/>Éd. Québec Amérique, 176 pages.
Photo courtoisie
La bouche pleine
Elisabeth Massicolli.
Éd. Québec Amérique, 176 pages.

Camille, une milléniale au cœur éraflé, décide de donner un bon coup de barre dans sa vie. Remplie de doutes, d’angoisse et d’attentes, elle tente de garder la tête hors de l’eau, entre les rencontres Tinder qui ne mènent à rien et un travail dans lequel elle se sent à l’étroit.

La jeune femme partage ses réflexions, sans censure, racontant un quotidien qui peut ressembler à celui des femmes de sa génération, mais qui trouve aussi écho chez celles des autres générations. Comme on dit parfois : plus ça change, plus c’est pareil...

Elisabeth Massicolli touche des points importants dans son roman. «Il y a des thèmes universels, même s’ils sont à la sauce 2020. Mes grands-mères l’ont lu et elles ne sont pas tombées en bas de leurs chaises», commente-t-elle, en entrevue. 

PRÈS DE LA RÉALITÉ

Elle avait ce livre en tête depuis longtemps. «J’avais envie d’écrire un livre extrêmement vrai et près de la réalité de certaines jeunes femmes d’aujourd’hui, dont moi-même. Ça m’a pris du temps à en venir à la trame narrative de Camille, comme si je n’avais pas atteint la maturité qu’il fallait pour en parler avec détachement, d’une façon plus objective.»

Elle voulait faire un roman qui serait divertissant, pas moralisateur, mais qui ferait réfléchir par la bande. «Je trouvais important qu’on retrouve dans les pages cette espèce de lourdeur que c’est, d’être une jeune femme professionnelle célibataire. Pourtant, ça a l’air bien le fun et dans la chick lit, on boit des martinis sur une terrasse... mais j’avais envie de montrer l’envers de la médaille.»

Elle le montre sous toutes ses formes : en amour, en amitié, au travail, en dating, en sexe. «Je ne voulais pas tourner les coins ronds. Je voulais le montrer d’une façon vraiment directe et crue.»

LA VINGTAINE, VRAIMENT BELLE? 

Camille, dans toutes les sphères de sa vie, frappe des murs. «On entend souvent dire : la vingtaine, c’est le plus beau moment de ta vie! Mais moi, je ne connais personne pour qui la vingtaine, c’était vraiment le plus beau moment de leur vie. C’est un moment tumultueux. On profite encore d’une certaine liberté, mais on se cherche beaucoup, on devient un adulte. C’est pas facile, dans aucune des sphères de la vie.»

Elisabeth Massicolli montre aussi à quel point les rapports hommes-femmes sont compliqués dans la vingtaine. 

Elle a amalgamé des messages lus sur les applis de rencontres pour les intégrer dans l’histoire. «Ah, mon dieu, les horreurs qu’on reçoit là-dessus... Vaut mieux en rire qu’en pleurer. Les jokes d’approche Tinder, ça fait quasiment partie de la culture populaire.»