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Une partie de l'Angleterre reconfinée face à un virus «hors de contrôle»

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Plus de 16 millions de Londoniens et d’habitants du sud-est de l’Angleterre se sont reconfinés dimanche pour une période qui pourrait être longue, contraints de renoncer aux retrouvailles de Noël pour tenter de juguler une mutation « hors de contrôle » du nouveau coronavirus. 

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Malgré le déploiement d’une campagne de vaccination, le gouvernement de Boris Johnson a décidé de drastiquement serrer la vis après une envolée des contaminations et des hospitalisations attribuée à une nouvelle variante beaucoup plus contagieuse du virus.

« Malheureusement la nouvelle souche était hors de contrôle. Nous devions reprendre le contrôle », a justifié le ministre de la Santé, Matt Hancock, sur la chaîne Sky News. 

« Ce sera très difficile de la garder sous contrôle jusqu’à ce qu’un vaccin soit déployé », a-t-il ajouté, laissant entendre que les restrictions pourraient durer au moins « deux mois ». 

AFP

Le Royaume-Uni, un des pays les plus durement touchés en Europe avec plus de 67 000 morts et un record de près de 36 000 cas enregistrés dimanche, a informé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de la contagiosité accrue de cette souche, « jusqu’à 70 % de plus » selon le premier ministre Boris Johnson.

Pour se prémunir, plusieurs pays européens, dont le voisin irlandais, ont décidé de suspendre leurs liaisons aériennes ou ferroviaires avec le Royaume-Uni. 

Les vols seront interdits pendant « au mois 48 heures » lundi et mardi, tandis que les liaisons maritimes restent assurées, a indiqué Dublin. Des mesures aussi seront prises pour « faciliter le rapatriement » des résidents irlandais. 

Noël en février

Déjà soumis à de contraignantes restrictions, les habitants de Londres, du sud-est et d’une partie de l’est de l’Angleterre ont désormais pour consigne de rester chez eux. 

Ils ne pourront plus se retrouver pour Noël, tandis qu’ailleurs dans le pays, les familles pourront se voir le 25 décembre uniquement. 

Les commerces non essentiels ont fermé, un coup dur en cette période habituellement faste pour leur activité. Les pubs et musées étaient déjà porte close depuis quelques jours. 

Dimanche, Oxford Street, artère la plus commerçante du centre de Londres d’habitude bouillonnante d’activité, était à nouveau désertée, près de trois semaines après la sortie d’un deuxième confinement en Angleterre.

AFP

 « Si c’est nécessaire, qu’il en soit ainsi », confie, résignée, Liz Field, une retraitée de 73 ans, à l’AFP. « On peut fêter (Noël) en janvier, février, n’importe ». 

David, 59 ans, qui travaille dans l’assurance, déplore lui que « de nouveau, nous soyons pris par un manque de préparation au niveau gouvernemental ».

Les déplacements en dehors des zones placées sous le niveau d’alerte le plus élevé sont interdits. Des policiers supplémentaires ont été déployés dans les transports. 

Ces annonces samedi ont immédiatement poussé des Londoniens à quitter la capitale dans l’urgence, des images relayées par les médias montrant des gares prises d’assaut et des embouteillages sur les routes. 

Qualifiant ce comportement de « totalement irresponsable », Matt Hancock a appelé les gens à agir « comme s’ils avaient le virus » pour tenter de freiner sa propagation.

« Négligence grave »

Tout en soutenant ces restrictions, le chef de l’opposition travailliste, Keir Starmer a accusé Boris Johnson de « négligence grave » pour avoir agi tardivement et ignoré les signaux d’alarme « pendant des semaines ». Mercredi, le dirigeant conservateur clamait encore qu’il serait « inhumain » d’annuler Noël. 

De précédentes mutations du SARS-CoV-2 ont déjà été observées et signalées dans le monde.

Le conseiller scientifique du gouvernement, Patrick Vallance, avait indiqué samedi que cette nouvelle variante, baptisée VUI 202012/01, en plus de se propager rapidement, devenait aussi la forme « dominante ». Elle serait apparue mi-septembre à Londres ou dans le Kent (sud-est). 

Selon Susan Hopkins, de l’agence de santé publique Public Health England, la nouvelle souche a aussi été décelée à un niveau faible « dans beaucoup d’autres régions » du Royaume-Uni. L’OMS a rapporté « un petit nombre » de cas aux Pays-Bas, au Danemark et en Australie.

Des études complémentaires sont en cours pour déterminer son degré de transmissibilité et sa résistance éventuelle aux vaccins. Rien n’indique pour le moment que la nouvelle souche engendre une forme plus sévère de la maladie.

Très critiqué depuis le début de la pandémie pour sa gestion de la crise, le gouvernement mise gros sur la vaccination pour en sortir, avec l’objectif d’administrer une première dose du vaccin Pfizer/BioNTech à 500 000 personnes d’ici la fin du week-end. 

Le Pays de Galles a également décidé de reconfiner dès dimanche, tandis que l’Écosse et l’Irlande du Nord le feront juste après Noël, chaque nation du Royaume-Uni définissant sa propre stratégie sanitaire. En dehors de Londres et du sud-est, le relâchement autorisant trois foyers à se voir durant cinq jours initialement prévu autour de Noël a été réduit à un seul jour. 

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