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Le gouvernement du Québec se fait de l’argent sur le dos des pauvres

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Vous avez bien lu! En mars dernier, la pandémie menaçait de précariser des millions de personnes. Rapidement, le gouvernement du Canada a mis en place la Prestation canadienne d’urgence (PCU) pour soutenir financièrement les citoyens et citoyennes en temps de crise, le tout dans une grande confusion politique et médiatique autour des critères d’accès. 

Pendant ce temps, le gouvernement du Québec tardait à annoncer des mesures concrètes pour venir en aide aux personnes assistées sociales. Ces mêmes personnes voyaient alors les prix augmenter à l’épicerie et perdaient, du même coup, leurs maigres ressources, comme les revenus de recyclage de canettes ou l’accès aux banques alimentaires. 

C’est dans ce contexte que certaines personnes assistées sociales se sont inscrites à la PCU. Au printemps prochain, le Canada fera ses enquêtes et réclamera la PCU aux personnes qui n’y avaient finalement pas droit.

Double dette

C’est déjà peu réjouissant de se faire annoncer qu’on devra rembourser l’argent avec lequel on a couvert ses besoins en temps de crise. Mais, comme si ce n’était pas assez, le ministère québécois du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale souhaite lui aussi réduire les revenus des personnes assistées sociales qui ont reçu l’aide sociale et la PCU en même temps, même si elles devront aussi rembourser le Canada! 

Des personnes assistées sociales se retrouvent donc, aujourd’hui, avec la menace d’avoir une double dette, c’est-à-dire de rembourser aux deux paliers de gouvernement les montants reçus. On leur annonce qu’elles auront à rembourser la PCU à même leur chèque d’aide sociale, alors qu’elles attendent déjà avec appréhension de voir si le Canada la leur réclamera. Ainsi, le gouvernement du Québec se fait de l’argent en allant chercher des montants qui sont, pour le moment, spéculatifs. Si ce n’est pas se faire de l’argent sur le dos des pauvres, on se demande ce que c’est!

Une suspension de trois mois sur le remboursement des dettes a été annoncée en octobre, mais ce n’est que de la poudre aux yeux: même si elles n’ont pas encore à rembourser, des personnes prestataires continuent de recevoir des avis de réclamation de la part de l’aide sociale et plusieurs d’entre elles paient déjà leur dette via une ponction sur le crédit d’impôt pour solidarité.

Une aide d’urgence réclamée

Déjà, le gouvernement du Québec refuse, malgré nos demandes répétées depuis maintenant neuf mois, d’accorder une aide d’urgence aux personnes assistées sociales – qui sont déjà, en temps normal, en situation de pauvreté extrême – pour combler les besoins additionnels et les pertes de revenus occasionnés par la crise. 

Mais, pour couronner le tout, le gouvernement les laisse mariner dans la crainte de rembourser deux fois des montants qu’elles n’ont déjà plus dans leurs poches. C’est tout simplement honteux.

Le ministre de l’Emploi, du Travail et de la Solidarité Sociale Jean Boulet doit annoncer rapidement que cette double réclamation scandaleuse n’aura pas lieu.

Contestation

En attendant, notre message aux personnes assistées sociales qui ont reçu ou recevront un avis de réclamation en lien avec la PCU est le suivant: contestez! Le délai pour contester via une demande de révision est de 90 jours suivant la réception de votre avis de réclamation. L’objectif de la contestation est de suspendre les réductions sur le chèque d’aide sociale en attendant de pouvoir faire la preuve d’un plan de remboursement éventuel de la PCU. 

Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ)


*Pour trouver les organismes de défense de droits de votre région, visitez le www.fcpasq.qc.ca/groupes-de-defense-des-droits/ ou contactez le Front commun des personnes assistées sociales du Québec: (514) 987-1989 poste 104.