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Un couple se bat pour garder sa ruche

Les résidents de Longueuil tiennent tête à la Municipalité depuis quatre ans et demandent un vrai règlement

Myriam Circé et Simon Duhamel
Photo Pierre-Paul Poulin Myriam Circé et Simon Duhamel avec leur ruche protégée pour l’hiver sur le toit de leur maison située dans l’arrondissement Greenfield Park, à Longueuil.

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Un couple se bat contre la Ville de Longueuil depuis quatre ans pour sauver sa ruche alors que la réglementation entourant l’apiculture urbaine est pratiquement inexistante au Québec.

«On nous reproche de tenir une activité agricole dans une zone résidentielle», raconte Simon Duhamel au sujet du constat d’infraction reçu l’an dernier.

Ce dernier sera d’ailleurs contesté en cour le 6 janvier prochain.

Depuis 5 ans, M. Duhamel et sa conjointe, Myriam Circé, ont une ruche sur le toit plat de leur résidence de l’arrondissement Greenfield Park, à Longueuil. Comme exigé, cette ruche a été enregistrée auprès du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

Formation

Contrairement à certains apiculteurs du dimanche, Mme Circé a suivi une formation auprès de l’organisme Miel Montréal afin de bien s’occuper de la ruche et de ses abeilles.

La première fois que le couple a reçu un avis pour sa ruche de la part de la Ville de Longueuil remonte à environ quatre ans.

«On a parlé à un inspecteur qui nous a demandé d’enlever notre ruche. Quand on lui a demandé pourquoi et selon quel règlement, il nous a juste répondu qu’on devait l’enlever», se souvient M. Duhamel.

«Nous leur avons dit [à la Ville] que nous souhaitions nous conformer et de nous signifier les règlements en vigueur, mais nous n’avons pas eu de suivi jusqu’au constat de septembre 2019 qui parle de zonage et qu’on conteste», ajoute M. Duhamel.

La seule norme encadrant l’apiculture urbaine au MAPAQ stipule qu’une ruche doit se trouver à 15 mètres d’une voie publique ou d’un terrain ou bâtiment voisin. Sinon, elle doit se trouver dans un enclos.

«La réglementation n’est pas assez précise», affirme Laure Charpentier, directrice générale de Miel Montréal. 

Vide juridique

Celle qui dirige la coopérative à but non lucratif qui a pour mission la pratique apicole responsable en milieu urbain parle d’un vide juridique sur tout le territoire québécois. 

La Ville de Longueuil admet ne pas avoir de règlement qui encadre l’apiculture. Sans vouloir commenter le cas du couple, on mentionne travailler sur une refonte réglementaire de l’agriculture urbaine qui comprendra l’apiculture.

D’ailleurs, une politique pour guider les modifications et les ajouts réglementaires a été adoptée par le conseil municipal en janvier dernier.

On y lit que «Longueuil participe, accompagne et réalise plusieurs projets en lien avec l’agriculture urbaine», dont notamment «un projet éducatif de ruches sur un bâtiment municipal».

«C’est ironique, car il y a d’autres ruches sur le territoire dont la Ville fait la promotion et qui ne sont pas en zone agricole, mais, nous, on ne peut pas en avoir», plaide M. Duhamel.


Le Québec compte 1439 apiculteurs enregistrés au MAPAQ.