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Djordje Mihailovic avait besoin de changement

Djordje Mihailovic avait besoin de changement
AFP

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Djordje Mihailovic s’amène avec l’Impact de Montréal avec beaucoup d’appréhension. Excellent avec le Fire de Chicago, mais pas apprécié à sa juste valeur, l’Américain a été très heureux de recevoir l’appel de Thierry Henry.

À 22 ans, le milieu de terrain a déjà un bagage admirable et il viendra combler plusieurs lacunes dans la formation du onze montréalais. En vidéoconférence, lundi, Mihailovic s’est dit heureux d’obtenir sa chance avec un club qui a vraiment envie de travailler avec lui.

«Pendant les quatre dernières années, à Chicago, je me sentais comme si j’étais le petit frère, a-t-il mentionné aux représentants des médias. J’ai marqué quelques buts, ajouté des passes ici et là, et j’ai été appelé en équipe nationale. J’ai l’impression qu’on me voyait toujours comme ce jeune joueur formé au club, sans grandes attentes et qui arrivera à produire.»

«J’étais remplaçable... Mais ici à Montréal, je ressens ce désir, je ressens cet engagement et cette pression sur mes épaules, et c’est comme ça que je pourrai m’améliorer en tant que joueur», a-t-il ajouté.

Encore l’effet Henry

Une partie de ce désir mutuel entre le jeune joueur et la métropole québécoise provient de l’entraîneur Thierry Henry. L’ancien attaquant de calibre mondial est un patron attirant pour Mihailovic, qui croit qu’un partenariat avec le Français le rapproche des trophées.

«J’ai pris du temps à prendre ma décision, mais quand j’ai entendu les mots personnels de Thierry, ç’a vraiment solidifié mon choix de jouer à Montréal.»

Mihailovic se décrit lui-même comme un joueur polyvalent, mais qui aime faire parler sa créativité en attaque. Il a d’ailleurs disputé 73 matchs en carrière avec le Fire, dont 45 départs en saison régulière, totalisant sept buts et 15 passes décisives.

«Je ne crois pas que j’aurai un passe-droit au milieu, a-t-il indiqué. Cette équipe a des joueurs de qualité et elle s’améliore. Je sais qu’elle a ajouté beaucoup de jeunes gars qui seront affamés et qui voudront prouver leur valeur. Je devrai faire la même chose.»

Par le passé, Mihailovic a fait part de son intérêt envers une carrière en Europe, comme beaucoup de jeunes joueurs. Si une aventure sur le Vieux Continent est toujours dans les plans, il assure que toute sa concentration est dirigée vers Montréal.

«C’est là où vous voyez les meilleurs joueurs, c’est là où il y a le plus d’argent. En ce moment, ce n’est pas le meilleur choix pour moi. De venir à Montréal pourrait n’être qu’un tremplin, mais mon attention est dirigée vers l’équipe, pas sur ce que je ferai ensuite.»

La fin d’un conte de fées pour Djordje Mihailovic

En passant quatre saisons avec l’équipe première du Fire de Chicago, Djordje Mihailovic a accompli plusieurs rêves. C’est à contrecœur qu’il quitte le club de son État natal, mais en sachant qu’il sera très bien entouré avec l’Impact de Montréal.

En entrevue, lundi, le milieu de terrain a laissé entendre qu’il n’était peut-être pas apprécié à sa juste valeur en Illinois. Ce n’est jamais facile de quitter un environnement dans lequel il était à l’aise, mais Mihailovic estime que c’est bon pour la suite de sa carrière.

«C’est un sentiment doux-amer, j’ai grandi en regardant Chicago jouer. Depuis que je suis tout petit, je voulais jouer avec la première équipe, a-t-il raconté. J’ai gravi les échelons et c’était mon but à l’époque. Maintenant, je crois être prêt pour un nouveau défi, un peu de changement.»

En 2020, Mihailovic a été utilisé à profusion, disputant les 20 matchs du Fire. Il avait toutefois l’impression que son tour pouvait sauter rapidement et qu’il était loin des trophées, un signe qui ne ment pas pour lui.

«Tous les joueurs arrivent à un moment où un changement est nécessaire, a indiqué l’athlète de 22 ans. Je crois que la saison dernière, j’ai atteint un point de non-retour. J’étais avec ma famille et je savais que quelque chose devait être fait pour atteindre mes buts. C’est triste de quitter un club que tu aimes, que tu as regardé et pour lequel tu as fini par jouer. C’est un triste moment, mais ça arrive dans le sport.»

Recréer la magie

La saison dernière, l’Américain a sans doute disputé le meilleur soccer de sa jeune carrière. Avec le Slovène Robert Beric, le tandem a été l’un des plus dangereux de toute la Major League Soccer. Pourra-t-il recréer un duo aussi performant avec l’Impact?

«J’ai vraiment hâte de jouer avec [Romell] Quioto. Je l’ai regardé toute la saison, il a été phénoménal pour vous. C’est sûr que j’ai développé une belle chimie avec Robert, surtout en fin de saison. C’est dur, parce que je ne sais pas comment il pourra marquer sans moi», a-t-il mentionné avec un sourire narquois.

Beric pourrait en effet s’ennuyer, lui qui a inscrit plus du tiers des buts du Fire en 2020 grâce aux remises précises de Mihailovic.