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La vitamine D diminue la mortalité liée au cancer

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Une étude clinique randomisée rapporte que la prise de suppléments de vitamine D diminue le risque de développer des cancers avancés et métastatiques.

Au cours des dernières semaines, on a beaucoup parlé (avec raison) de l’importance de la vitamine D pour réduire les complications sévères de la Covid-19. Plusieurs études ont en effet montré qu’une insuffisance (hypovitaminose) en vitamine D était associée à un risque accru de développer des formes sévères de COVID-19 et de décéder de la maladie. 

Par exemple, une étude récente rapporte que les patients atteints de COVID-19 qui présentent une hypovitaminose D lors de leur admission à l’hôpital ont 4 fois plus de risque de décéder de la maladie (1).

Hausse de survie

Ces résultats spectaculaires ne doivent pas faire oublier que la vitamine D exerce plusieurs autres effets positifs sur la santé, en particulier en ce qui concerne la mortalité associée au cancer (2)

De multiples études ont montré que la vitamine D possède une grande diversité d’actions anticancéreuses directes (inhibition de la croissance cellulaire) ou indirectes (immunomodulatrice, anti-inflammatoire, anti-angiogénique) qui, collectivement, peuvent freiner la progression du cancer et empêcher l’apparition de formes avancées et invasives de la maladie, incluant les métastases (3)

Cet effet protecteur a des bénéfices cliniques évidents : par exemple, une étude a montré que des femmes affectées par un cancer du sein et qui présentent des taux de vitamine D insuffisants (< 50 nmol/L) ont presque deux fois plus de risque de récidive suite au traitement et de décéder de la maladie (4)

Réduction de cancers agressifs

Les résultats récemment publiés d’une étude clinique permettent de mieux apprécier ce lien entre la vitamine D et le risque de développer des formes agressives de cancers (5)

Dans cette étude randomisée à double-aveugle, 12 938 hommes et femmes âgés de 50 ans et plus ont été séparés au hasard en 2 groupes, soit un groupe placebo et un groupe d’intervention qui recevait 2000 UI/jour d’un supplément de vitamine D3.

Pendant une période de cinq ans, les chercheurs ont par la suite répertorié l’apparition de cancer chez les participants des deux groupes.

Globalement, les chercheurs n’ont pas observé de différence significative dans l’incidence de cancers totaux entre les deux groupes. 

Par contre, et c’est là que les résultats sont intéressants, ils ont noté une diminution significative (17 %) du nombre de cancers avancés et métastatiques chez les participants du groupe vitamine D. 

Cette diminution d’incidence de cancers avancés est encore plus importante (38 %) chez les personnes minces (IMC<25), mais devient non significative (11 %) chez les personnes en embonpoint (IMC 25-29) et disparaît complètement chez les personnes obèses (IMC ≥ 30). 

La vitamine D est liposoluble et il est donc probable que la présence d’un excès de graisse chez les personnes en surpoids crée un réservoir qui séquestre la vitamine et diminue sa concentration dans le sang. 

Une autre possibilité est que le système immunitaire est souvent déréglé chez les personnes obèses (les cellules spécialisées dans l’élimination des cellules cancéreuses, notamment) et que ces modifications diminuent l’effet immunomodulateur de la vitamine D. 

Quoi qu’il en soit, cette absence de protection observée chez les personnes obèses illustre encore une fois à quel point le surpoids est une condition physiologique anormale, qui peut contribuer au développement de conditions aussi graves que des cancers métastatiques.

Que ce soit pour prévenir les complications de la Covid-19 ou réduire le risque de cancers fatals, la prise de supplément de vitamine D3 (1000 UI et plus) représente donc une intervention simple et peu coûteuse qui permet de compenser la baisse de nos taux sanguins de vitamine D causée par la diminution des heures d’ensoleillement pendant la saison hivernale. 


♦ (1) De Smet D et coll. Serum 25(OH)D level on hospital admission associated with COVID-19 stage and mortality. Am. J. Clin. Pathol., publié le 25 novembre 2020.

♦ (2) Keum N et coll. Vitamin D supplementation and total cancer incidence and mortality: a meta-analysis of randomized controlled trials. Ann Oncol. 2019 ; 30 : 733–743.

♦ (3) Feldman D et coll. The role of vitamin D in reducing cancer risk and progression. Nat. Rev. Cancer. 2014 ; 14 : 342-357.

♦ (4) Goodwin et al. Prognostic effects of 25-hydroxyvitamin D levels in early breast cancer. J. Clin. Oncol. 2009 ; 27 : 3757-3763.

♦ (5) Chandle PD et coll. Effect of vitamin D3 supplements on development of advanced cancer: a secondary analysis of the VITAL randomized clinical trial. JAMA Netw Open. 2020 ; 3 : e2025850.