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Oui, je dénoncerais!

Team of Surgeons Operating.
Photo Adobe Stock Entre le « droit » de faire un party et le droit de se faire opérer, je n’hésite pas.

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Ainsi, la mairesse de Montréal Valérie Plante se retrouve dans l’eau chaude après avoir encouragé les citoyens à dénoncer leurs voisins qui organisent des gros partys de Noël.

Cet appel à la délation serait inacceptable, selon certains. 

Digne des pires régimes fascistes.

L’ALLEMAGNE COMMUNISTE ?

Dans La Presse, Marie-Claude Lortie a même évoqué les méthodes utilisées par la Stasi, la police militaire qui faisait régner la terreur en Allemagne de l’Est. 

La chroniqueuse n’est pas allée jusqu’à brandir le fantôme d’Hitler, Dieu merci, mais on sent que ça la démangeait. 

Eh bien, au risque de me faire lancer des roches par les apôtres de l’Église des droits de la personne, je vous déclare que si jamais je voyais des voisins faire le party à 15 ou à 20 malgré les consignes du gouvernement, oui, je les dénoncerais, sans une seconde d’hésitation et avec la fierté d’avoir accompli mon devoir de citoyen.

Vous savez pourquoi je ferais ça ?

Pour Sylvie Miron.

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FORCE MAJEURE

La journaliste Élisa Cloutier nous a raconté l’histoire de Sylvie Miron la semaine dernière

Atteinte d’un cancer des ganglions, cette préposée aux bénéficiaires de 47 ans devait se faire enlever une tumeur.

Or, on l’a contactée pour lui dire que son opération serait remise à une date indéterminée. Cause : l’hôpital a les mains pleines avec les cas de COVID-19.

« J’ai appelé cette semaine au secrétariat de planification des opérations à l’Hôtel-Dieu de Québec et on m’a dit que je ne serais pas opérée avant le 29 décembre. Mon opération pourra même être reportée après le mois de janvier... », a-t-elle dit, rongée par l’inquiétude.  

Actuellement, le délestage affecte 40 % des activités opératoires. Et chaque semaine, juste au CHU de Québec, près de 80 chirurgies doivent être annulées ou reportées.

Et pendant ce temps, des tapons décident d’organiser des partys ?

Et on ne devrait surtout pas les dénoncer ?

Alors qu’ils augmentent les risques qu’il y ait encore d’autres Sylvie Miron ?

Je m’excuse, les amis, mais c’est avec grand plaisir que j’appellerais la police. 

Ces gens-là ne sont pas capables d’agir de façon responsable ? Ils ne sont pas capables de lever les yeux de leur nombril hypertrophié pour penser aux autres ? Alors on va les aider. 

Ça s’appelle un cas de force majeure.

Entre le « droit » de faire un party et le droit d’être opéré, vous me pardonnerez de toujours pencher du côté de la santé.

Et lâchez-moi la Russie ou la Stasi.

Plus capable d’entendre crier à la dictature à tout bout de champ. 

FELIZ NAVIDAD

C’est comme ceux qui sont partis faire la fête au Mexique, à Cuba ou en République dominicaine.

Cette année, c’est la première fois en 18 ans que je ne passe pas le temps des Fêtes dans le Sud. 

Et vous savez quoi ? Ça ne me fait pas un pli.

On vit une situation exceptionnelle. Le système de santé est en train de péter au frette. 

Et j’irais chanter Feliz Navidad les fesses dans l’eau, un verre de rhum dans chaque main, au risque de rapporter un virus dans mes bagages ?

Non. 

D’ailleurs, qu’on laisse les gens partir dans le Sud alors que le 26 décembre, je ne pourrai même pas entrer dans une librairie est d’une stupidité sans nom.