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MindGeek: agir là où ça fait mal!

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Grâce au journaliste du New York Times deux fois primé par un prix Pulitzer Nicholas Kristof, le dossier MindGeek a pu enfin éclater au grand jour au début du mois de novembre. MindGeek est une compagnie montréalaise qui héberge le site PornHub, visité 42 milliards de fois en 2019. Elle embauche 1000 employés.

Au printemps dernier, The Guardian avait également lancé l’alerte et une pétition réclamant la fermeture du site a recueilli, à ce jour, plus d’un million de signatures. Il a été démontré que PornHub publie des vidéos de victimes juvéniles et de viols. Les vidéos les plus recherchées sont celles d’adolescent(e)s. 

L’argent de Québec

Un employé a déclaré au Daily Mail que la firme se croyait intouchable et a failli à ses obligations morales. Selon le journaliste Martin Patriquin, la COVID-19 a fait bondir l’achalandage de 23%. 

Et dans son édition d’hier, Le Journal de Montréal révèle que MindGeek a profité de subventions du gouvernement du Québec.

Depuis cette publication-choc du New York Times, des compagnies telles Master Card et Visa ont bloqué leur accès à PornHub, et Grant Thornton, la firme comptable de renommée internationale, a aussi expulsé MindGeek en Irlande à qui elle fournissait une adresse.

Pour clôturer le tout, 40 victimes ont déposé une poursuite de 40 M$ US devant un tribunal de la Californie la semaine dernière.

À titre de vice-présidente de la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs, j’ai, à plusieurs reprises, amené le dossier MindGeek à la table des discussions. Nous avions même invité la compagnie à venir témoigner lors de nos audiences, ce qu’elle a refusé de faire. Nous n’avons malheureusement pas poussé davantage notre exercice, compte tenu du mandat et de l’échéancier qui nous étaient imposés.

L’urgence d’agir

Nous avons toutefois adopté à l'unanimité une recommandation qui demande au gouvernement «de confier à des experts le mandat de produire un avis concernant la présence de pornographie juvénile sur des sites liés à des entreprises enregistrées au Québec et les mesures mises en place pour la prévenir et la réprimer.» 

Je réitère donc l’urgence, pour la ministre Geneviève Guilbault, nommée responsable par le premier ministre Legault du suivi de nos recommandations, de mettre rapidement en place ce comité afin de nous assurer que MindGeek ne bénéficie d’aucun avantage fiscal, tel des crédits d’impôt, des tarifs d’électricité préférentiels ou des accès à des programmes d’aide gouvernementale. 

Il en va de sa responsabilité! 

Christine St-Pierre

Ex-vice-présidente de la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs

Députée de l'Acadie