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Pour une vraie éducation civique en 2022

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Photos d'archives 40 % de la population ignore qui est Anglade et 66 % PSPP.

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Certaines réponses aux sondages d’opinion vous donnent parfois l’impression d’être dans un vox pop de Guy Nantel.

Avant de briguer la chefferie du PQ, l’humoriste s’amusait souvent à poser des questions de connaissance générale politique à des passants.

Il sélectionnait les pires réponses, celles exsudant une ignorance abyssale, et en faisait un montage déconcertant : « Qui a fondé le Parti québécois ? – Jean Chrétien ! »

Ainsi, selon le Baromètre Léger des personnalités politiques, 4 % de la population ignorerait qui est François Legault ! 40 %, la chef de l’opposition officielle Dominique Anglade et 66 % le nouveau chef du PQ Paul St-Pierre-Plamondon. Pascal Bérubé est lui aussi un inconnu pour 57 % de la population.

Explications

Qu’on connaisse moins bien les deux « nouveaux » chefs, Anglade et Plamondon, passe encore. Ils sont arrivés à la tête de leur formation politique lorsque l’attention générale était ailleurs.

Reste que, de sondage en sondage, l’ignorance d’une portion de la population pour les connaissances politiques de base surprend. Appelons ça le « syndrome Andréanne », cette participante d’Occupation double qui a candidement admis ignorer où se trouve la capitale du Canada. Est-ce un phénomène nouveau ? La politique a longtemps été une affaire d’élites éduquées, mais l’ère de médias de masse, doublée de la démocratisation de l’enseignement, avaient eu de bons effets.

Chaque citoyen pouvait difficilement échapper à certains personnages et questions qui devaient intéresser la multitude. Suffisait d’allumer la télé, la radio, d’ouvrir un journal...

Niche

Aujourd’hui, sous l’effet des médias sociaux, on le sait, chacun tend à s’enfermer dans sa niche d’intérêts, sa « chambre d’écho ».

Tels des virus qu’on croyait terrassés, certaines croyances reprennent du service. Les tenants de la Terre plate s’affirment ! En 2019, une conseillère municipale de Gatineau, Nathalie Lemieux, dans un message, a écrit : « Qui a décidé que la Terre est ronde et pourquoi le croire lui ? »

Certains phénomènes moins caricaturaux, mais plus inquiétants, s’observent. Le débat intense autour du confinement le montre bien, avec les franges les plus exaltées du mouvement antimasque.

L’école

Devant cet éclatement, doublé d’une sorte d’indifférence pour les grandes questions de l’heure – et de celles et ceux qui, vaillamment, portent ces débats –, que faire ? La réponse est institutionnelle. Elle doit passer en premier lieu par un renforcement de l’école, non pas seulement comme un lieu d’apprentissage de « compétences », mais, surtout, de connaissances.

Profiter, par exemple, de la redéfinition du cours éthique et culture religieuse (ECR) pour en faire un lieu de transmission des savoirs civiques fondamentaux.

Une consultation a été lancée en début d’année par le ministre Jean-François Roberge. Mais pour l’instant, pour remplacer le souk religieux d’ECR, le gouvernement semble préparer un autre fourre-tout où l’on enseignera l’écocitoyenneté et des notions d’éducation sexuelle, en passant la citoyenneté numérique.

L’éducation civique, la présentation de nos institutions démocratiques, de leur fonctionnement, de leurs principes fondamentaux (et leurs principales critiques); des notions juridiques fondamentales devraient être au cœur de ce nouveau cours. (À lire : le dossier de la revue « Argument » : « Quelle éthique enseigner à nos enfants »)

Avant la pandémie, le ministre prévoyait une mise en place en 2022. 

À surveiller donc en 2021.