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Trump a réservé le pire pour la fin

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Les actions de Donald Trump pendant la période de transition confirmeront sa place parmi les pires présidents de l’histoire des États-Unis.

Cette transition est de plus en plus pénible. Non seulement le président Trump paraît-il complètement désengagé face à une pandémie qui tue quotidiennement des milliers d’Américains, mais il semble résolu à faire le plus de dommages possible avant de partir.

C’est comme s’il avait réservé le pire pour la fin. Ça en dira long sur son héritage politique.

Une longue tradition

Ce n’est pas d’hier que les présidents américains sortants profitent de la transition pour faire une dernière marque pour la postérité.

Certains ont souhaité régler des comptes, comme John Adams, qui n’avait rien ménagé pour nuire à son rival, Thomas Jefferson, ou Herbert Hoover, qui détestait Franklin Roosevelt et lui a mis suffisamment de bâtons dans les roues pour retarder la reprise au cœur de la Grande Dépression.

Plus récemment, George W. Bush et Barack Obama ont profité de cette période pour poser des gestes plus positifs, comme des décrets pour protéger de vastes espaces naturels ou des commutations de condamnations à mort. 

Des gestes irréversibles

Alors que les États-Unis tendaient depuis--- quelques décennies vers un éventuel rejet de la peine capitale, l’administration--- Trump a accéléré le rythme des exécutions fédérales en 2020. Dix exécutions ont eu lieu cette année, dont trois depuis l’élection. Jamais depuis 1889 un président n’avait approuvé une exécution pendant une transition. La première exécution d’une femme par le gouvernement fédéral depuis 1953 est prévue une semaine avant la passation des pouvoirs. L’administration Trump n’a émis aucun signe de clémence. En environnement, certaines mesures seront faciles à annuler, comme le décret caricatural de Trump sur le débit des pommes de douches, mais d’autres seront irréversibles. Trump a déjà inversé plus d’un siècle de progrès en décrétant des centaines de mesures qui ont affaibli les pouvoirs du gouvernement fédéral--- pour protéger les espaces naturels. Pendant la transition, ça continue. 

En Arizona et en Utah, notamment, des permis d’exploitation minière viennent d’être délivrés dans des forêts nationales reconnues comme des territoires sacrés par les peuples autochtones de la région.

Et ce n’est pas fini

En politique étrangère, Trump se moque de la tradition de réserve pour les présidents sortants. Qu’il s’agisse de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, d’attiser la tension avec l’Iran ou de minimiser une cyberattaque pour ne pas froisser les maîtres du Kremlin, les crocs-en-jambe de Trump à son successeur s’accumulent.

C’est sans parler du terrain miné qu’il laissera derrière lui sur le plan des normes et valeurs démocratiques. Il a réussi à convaincre des dizaines de millions d’Américains, sans preuves à l’appui, que leur prochain président sera illégitime et il complote avec des conseillers déjantés qui réclament la loi martiale pour renverser le verdict des électeurs.

Triste spectacle que cette transition qui s’éternise et s’enlise de plus en plus dans les bas-fonds.