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Jusqu’où vont aller Trump et ses enragés?

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Trump intensifie ses efforts, aussi futiles que pathétiques, pour renverser les résultats de l’élection. Sa défaite l’a détaché davantage de la réalité, enrageant et aigrissant encore plus ce narcissique malfaisant, désespéré et dangereux.

Ces derniers jours, Trump s’est entretenu à plusieurs reprises à la Maison-Blanche avec l’avocate dérangée Sidney Powell et son ancien conseiller à la sécurité nationale disjoncté, le général Michael Flynn. 

Powell pense que le dictateur vénézuélien décédé Hugo Chavez et la CIA ont truqué l’élection, une théorie tellement farfelue que Trump lui-même la rejetait jusqu’à tout récemment. Flynn a obtenu une grâce présidentielle de Trump, lui évitant ainsi la prison pour avoir menti au FBI.

Trump boycotte Biden et prête lui-même serment ?

Le duo insensé a discuté avec Trump de l’idée de saisir les machines à voter et de déclarer la loi martiale dans les États clés remportés par Joe Biden, où l’armée se chargerait d’organiser une nouvelle élection. Trump nommerait Powell conseillère spéciale pour enquêter sur la fraude électorale inexistante qui a donné la victoire à Biden. 

Même les hommes de main les plus serviles de Trump, le secrétaire d’État Mike Pompeo et le procureur général Bill Barr, ont pris leurs distances de ses insanités.

Le Pentagone a aussi cru nécessaire d’avertir qu’il ne participerait pas à une telle folie : « Il n’y a aucun rôle pour l’armée américaine dans la détermination du résultat d’une élection américaine », ont déclaré le secrétaire à l’armée, Ryan McCarthy, et le chef d’état-major des forces terrestres, le général James McConville.

Plusieurs médias rapportent que Trump a l’intention de boycotter la prestation de serment de Biden pour annoncer, le 20 janvier, le lancement de sa campagne pour reprendre la Maison-Blanche en 2024. Son comité d’action politique « Save America », lancé le mois dernier, a déjà amassé plus de 200 millions de dollars. 

Certains de ses partisans les plus détraqués l’incitent même à tenir une cérémonie parallèle de prestation de serment. Normal. Ils sont convaincus qu’il a gagné.

Ce ne sera pas le début d’un temps nouveau

Ces signes avant-coureurs de perturbations à venir ont atténué l’ambiance festive des démocrates, maintenant gagnés par un sentiment d’inquiétude. Ils ne sont pas les seuls. Des membres du personnel de la Maison-Blanche expriment aussi des appréhensions concernant la détérioration de l’état mental de Trump.

Les graves tensions politiques, culturelles, régionales et sociales qui divisent les Américains datent de bien avant Trump, qui n’en est finalement que le symptôme le plus manifeste et le plus délétère. Elles ne disparaîtront pas miraculeusement le 20 janvier. Il n’y aura pas de retour à la normale. 

La situation politique risque même de s’aggraver. Y aura-t-il encore quelqu’un dans son entourage pour calmer Trump quand les médias d’extrême-droite Fox, Newsmax et OAN encourageront ses provocations et propageront ses théories du complot, confortant plus de soixante-dix millions d’Américains dans leurs croyances idiotes ?

La « détrumpisation » des États-Unis n’est pas pour demain. Combien de temps avant que les disciples de Trump échappent à la mystique quasi religieuse qui les envoûte ? Dix ans ? Quinze ans ?