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Plus de 40 000 cartes de Noël pour nos aînés

Des Québécois ont fait preuve d’une générosité hors du commun pour les Fêtes

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Le mouvement d’envois de cartes de Noël aux aînés esseulés s’est transformé en raz-de-marée, avec des résidences qui en reçoivent par milliers et des citoyens qui en rédigent par centaines. 

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«Aujourd’hui, on a reçu deux poches de lettres [...] À toutes les heures, ça sonne», témoigne Claire Moreau, directrice de la résidence Sainte-Thomas-d’Aquin, à Saint-Hyacinthe, qui est inondée de cartes et de cadeaux de citoyens. 

Tout a commencé au début décembre, quand l’initiative d’une infirmière de Gatineau est devenue virale. En raison de la pandémie, les visites sont interdites et la solitude est décuplée. Elle a donc photographié les résidents du Château Symmes avec l’adresse du centre pour qu’ils puissent recevoir des cartes.

Les résidents ont depuis reçu plus de 40 000 cartes, dont certaines de l’autre bout du monde, selon l’agence QMI. 

Or, le mouvement est en train de se propager à de nombreux établissements. 

Andréanne Labelle, 17 ans, et Chantal Parent, 31 ans, travaillent dans une station-service de Saint-Lin–Laurentides. 

Touchées par l’idée, elles ont conçu et rédigé à la main pas moins de 224 cartes diversifiées. Cela leur a pris deux semaines. 

Andréanne Labelle (à droite) et Chantal Parent (à gauche) ont confectionné plus de 200 cartes de Noël pour les résidents du CHSLD de Saint-Jérôme.
Photo Martin Alarie
Andréanne Labelle (à droite) et Chantal Parent (à gauche) ont confectionné plus de 200 cartes de Noël pour les résidents du CHSLD de Saint-Jérôme.

«J’étais en fin de session, j’avais des examens et des dissertations de 800 mots à écrire, mais je voulais absolument le faire. Ça me tenait trop à cœur», dit la cégépienne.

Elle a fait quelques jours de bénévolat au CHSLD de Saint-Jérôme cet été. C’est donc à la réception de cet établissement que la poche de cartes a été remise. 

On peut voir la table de cuisine remplie de cartes avant qu’elles n’aillent les porter.
Photo courtoisie
On peut voir la table de cuisine remplie de cartes avant qu’elles n’aillent les porter.

400... par résident

Elles sont loin d’être les seules à avoir embarqué, constate Annie Côté, fondatrice de la page Facebook «RÉSILIENCE "lash tes lumières"», qui compte plus de 300 000 membres.  

«Ça prend des proportions qu’on n’est pas capables de mesurer», dit-elle. «On a des gens qui nous envoient des photos de cartes [qu’ils fabriquent], qui nous disent "j’ai fait ça toute la fin de semaine".»

Elle croit que, d’une part, la tragédie des éclosions de COVID-19 en CHSLD a «traumatisé» les gens. D’autre part, le concept d’envoi de cartes est un geste à la portée de tous.  

Chez Groupe Sélection, on remarque une hausse du nombre de cartes reçues par rapport aux années passées. Par exemple, la résidence Sélection Île-des-Sœurs a reçu 250 cartes de la part d’écoliers, illustre Mylène Dupéré, vice-présidente aux affaires publiques.  

À la résidence Saint-Thomas-d’Aquin, où le concept viral a été reproduit, c’est le tsunami. 

«On est rendus à 5000 cartes et on a autant de cadeaux», estime Claire Moreau. «Ça fait au-dessus de 400 par résident.»

Bémols

Il faut toutefois faire attention avant d’envoyer des cartes, particulièrement en CHSLD, où beaucoup de résidents sont hypothéqués cognitivement, rappelle Marc Rochefort, du Regroupement provincial des comités des usagers. 

«Des gestionnaires qui me disent: on a reçu 200 cartes de Noël et on ne sait pas quoi faire avec», illustre-t-il.

Reste que, pour certains, ces cartes visent dans le mile, note Mme Moreau. Des résidents pleurent de joie, d’autres s’exclament «ben voyons!», incrédules à chaque nouvelle surprise.