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Et vous, comment allez-vous célébrer Noël cette année?

Les Québécois sont tristes, déçus et inquiets, révèle un sondage Léger-Le Journal

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Déception, tristesse et inquiétude... c’est ce qui reflétait l’état d’esprit des Québécois à l’approche des Fêtes, des sentiments légitimes vu la pandémie, disent des experts.

• À lire aussi: Moins de dépenses des Fêtes en 2020

« L’humain est un être social. Quand on limite la possibilité de se voir, surtout dans une période centrée sur les relations sociales, on attaque le cœur même de la vie humaine. C’est normal de se sentir désemparé », explique Simon Langlois, professeur retraité de sociologie.

Pas moins de 59 % des Québécois ont un état d’esprit négatif face aux Fêtes de cette année, selon un sondage Léger-Le Journal effectué à la mi-décembre.

« Les gens qui expriment des sentiments positifs (33 %), comme le soulagement, sont peut-être ceux qui n’aiment pas Noël normalement. Les pôles sont inversés cette année », explique Christian Bourque, vice-président de Léger.

Plus difficile pendant les Fêtes

La période des Fêtes est un temps d’arrêt où l’on privilégie les rencontres avec nos proches, surtout ici, car les valeurs familiales sont encore bien imprégnées dans notre culture, explique le sociologue.

« Les conséquences de la pandémie sont donc plus difficiles à supporter qu’à d’autres moments », précise M. Langlois.

Pour Ginette Dubuc, 74 ans, qui ne côtoie plus sa famille depuis plusieurs années, l’annulation du traditionnel souper de Noël avec l’organisme Les Accordailles a suffi pour assombrir cette période de festivités.

« J’ai trouvé une nouvelle famille, ici. La pandémie me coupe de cette présence sociale. C’est ce qui me manquera le plus », confie-t-elle.

La solitude est aussi lourde à supporter pour Rosaire Brouillette, qui fêtera Noël seul dans son petit logement du Plateau-Mont-Royal. « J’en arrache, mais je ne pourrais pas faire autrement à cause de la pandémie », exprime l’homme âgé de 83 ans. 

Tout au long de l’année, on vit du stress et des déceptions et le temps des Fêtes est la période pour recharger nos batteries et s’adonner à « des excès qui font du bien, explique le psychologue et auteur Marc-André Dufour. Être privé de ça, c’est comme si on nous enlevait nos mécanismes de protection qui nous aident avec notre santé mentale », dit-il. 

En parler

Il ne faudrait surtout pas mettre sous le tapis nos émotions, insiste M. Dufour.

« On ne peut pas faire semblant que la pandémie ne nous affecte pas. On n’a pas à avoir honte de ressentir ces émotions [négatives]. Elles sont humaines et ont le droit d’exister », explique le psychologue. 

Il recommande de s’exprimer à ses proches ou d’appeler des ressources d’aide, comme la ligne Info-Social 811.

EN PROFITER POUR RÉINVENTER NOËL  

La majorité des Québécois ont l’intention de respecter les mesures sanitaires et se retrouvent donc à devoir créer de nouvelles traditions pour le temps des Fêtes, une occasion à saisir, croit un psychologue. 

« On n’a pas le choix, on est pris dans cette situation. La seule chose qu’on peut choisir, c’est comment on va traverser avec joie la période des Fêtes », souligne Marc-André Dufour, psychologue et auteur.

Au total, 79 % des Québécois sont en faveur d’interdire les rassemblements, tandis que 90 % ont l’intention de respecter les mesures imposées par le gouvernement, d’après le sondage de la firme Léger.

Encore plus seuls...

Même si les consignes rajoutent à la solitude que vivent des aînés depuis plusieurs mois, certains ont rapporté au Journal qu’il n’est tout de même pas question de les défier.

Pour Gilberte Lemay, qui a célébré son 100e anniversaire le mois dernier, cela ne veut pas dire qu’elle ne fêtera pas Noël. 

« Il faut profiter du bon temps tant qu’on peut. Ça va passer [cette pandémie] », lance-t-elle avec optimisme.

« On reste à la maison, mais on va tous se rencontrer par [vidéoconférence]. Je commence vraiment à aimer ça. Même qu’on se parle plus souvent qu’avant », ajoute-t-elle.

Il est important de trouver comment se ressourcer, malgré une période des Fêtes bouleversée par la pandémie, estime le psychologue Marc-André Dufour.

« C’est très possible de se fabriquer de beaux souvenirs pour Noël 2020. Ça peut être simplement d’aller marcher avec quelqu’un et avoir une conversation profonde ou écouter un film collé sur son conjoint », cite-t-il en exemple.


Quel est votre état d’esprit face à la période des Fêtes ?

Positif : 33%  

  • Optimisme : 10 %  
  • Soulagement : 6 %  
  • Bonheur : 5 %  
  • Satisfaction : 5 %  
  • Joie : 4 %  
  • Excitation : 2 %   

Négatif : 59 %  

  • Déception : 19 %  
  • Tristesse : 18 %  
  • Inquiétude : 12 %  
  • Frustration : 8 %  
  • Colère : 2 %  
  • Peur : 1 %   

Aucun de ces choix : 8 % 


Respecterez-vous les mesures qui interdisent les rassemblements pour Noël ?

Oui : 90 %  

  • Totalement en accord : 62 %  
  • Plutôt en accord : 28 %   

Non : 10 %  

  • Plutôt en désaccord : 7 %  
  • Totalement en désaccord : 3 %   

Je suis en faveur des mesures imposées par le gouvernement

Oui : 79 %  

  • Totalement en accord : 46 %  
  • Plutôt en accord : 33 %   

Non : 21 %  

  • Plutôt en désaccord : 12 %  
  • Totalement en désaccord : 9 %   

 

Quelles sont les probabilités que vous participiez à un rassemblement ?

18-34 ans  

  • Probable : 28%  
  • Improbable : 72 %   

35-54 ans  

  • Probable : 17 %  
  • Improbable : 83 %   

55 ans et +  

  • Probable : 9 %  
  • Improbable : 91 %   

  

21 % des aînés de 65 ans ou plus sont tristes à l’approche de Noël

« Profitons de ce Noël tranquille pour téléphoner à une personne seule. Ce geste peut faire une différence énorme pour quelqu’un qui passe le temps des Fêtes seul », propose le psychologue Marc-André Dufour.


Les étudiants sont ceux qui se disent les plus positifs avec 52 % des répondants

Même si certains ont des émotions négatives à l’approche des Fêtes, les étudiants sont plus nombreux à ressentir du bonheur (14 %) ainsi que de l’excitation (9 %). 


 

Les 18 à 34 ans sont les plus enclins à prendre part à un rassemblement illégal

Cette tendance s’explique par le fait qu’ils se sentent moins vulnérables face à la COVID-19, selon Christian Bourque, vice-président de la firme de sondage Léger.


Méthodologie : La collecte de données a eu lieu du 11 au 14 décembre 2020 grâce à un sondage web. L’échantillon est composé de 1035 Québécois âgés de 18 ans et plus pouvant s’exprimer en français ou en anglais. 

Les données présentées ont été arrondies. Par conséquent, il est possible que les totaux diffèrent légèrement.

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