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Grandir entre un père cherokee et une mère blanche

WE 1224 en mode lecture
Photo courtoisie Betty
Tiffany McDaniel
Aux Éditions Gallmeister, 720 pages

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S’inspirant de sa propre histoire familiale, l’écrivaine américaine Tiffany McDaniel nous offre l’un des plus beaux romans de l’année.

On a eu envie de terminer l’année avec ce bouleversant roman, qui a entre autres remporté le prix America du meilleur roman et le prix du roman Fnac. Et l’avoir lu un peu plus tôt, il se serait certainement glissé dans notre liste de coups de cœur 2020. 

Pourquoi un tel engouement ? Parce que l’écriture est belle et l’histoire plus encore, même si elle est terriblement noire par moments. D’ailleurs, c’est dans un cimetière de Joyjug, Ohio, qu’elle commence. Landon Carpenter, un Cherokee de 29 ans, y travaille en tant que fossoyeur et un jour, non loin d’une pierre tombale, il apercevra une jeune fille en train de manger une pomme. Elle a 18 ans et s’appelle­­­ Alka Lark. Mais ça, il ne l’apprendra que bien plus tard... lorsqu’elle viendra le retrouver à la sortie de son travail pour lui annoncer qu’elle est enceinte de lui !

L’héritage du passé

Après ce premier bébé, qui verra le jour en 1939, Landon et Alka auront sept autres enfants. Dont la Betty du titre, née en 1954 dans une baignoire vide. Comme son père, elle aura la peau, les yeux et les cheveux foncés, ce qui lui vaudra vite toutes sortes de remarques racistes. 

Mais aussi dur et violent soit le monde autour d’elle, elle pourra toujours compter sur son père, un homme intègre qui lui transmettra son immense savoir sur la nature­­­, ainsi que les légendes de son peuple. Tout le contraire de sa mère, qui a déjà vécu trop d’horreurs pour n’être qu’amour et gentillesse.  

Un beau, très beau roman.

Frissons garantis

Metropolis

<b><i>Metropolis</i></b><br>
Philip Kerr, Aux Éditions du Seuil, 400 pages
Photo courtoisie
Metropolis
Philip Kerr, Aux Éditions du Seuil, 400 pages

Juste avant d’être emporté par un cancer en mars 2018, l’écrivain britannique Philip Kerr a eu le temps de terminer ce quatorzième opus mettant en vedette son célèbre enquêteur berlinois, Bernie Gunther. En d’autres termes, il s’agit là du tout dernier volet de la série. Mais si l’on se fie à la période à laquelle il se déroule, c’est aussi le tout premier.  

Philip Kerr n’ayant jamais vraiment suivi d’ordre chronologique pour raconter­­­ ses histoires, on se retrou­vera ainsi en 1928. Et Bernie, qui n’était alors qu’un simple policier sans grande expérience, se verra offrir sous nos yeux le poste d’inspecteur à la Kripo. 

Dans la tourmente

Tandis que Berlin peine toujours à se remettre de la Première Guerre et qu’Hitler commence sérieusement à faire parler de lui, un nouveau genre de malade semble circuler librement dans les rues de la ville : trois jeunes prostituées ont en effet été massacrées et scalpées, ce qui vaut à leur tueur le surnom de Winnetou, tout comme l’Apache des romans de Karl May. 

C’est bien sûr Bernie qui sera chargé de l’enquête, et le voir encore aussi jeune et aussi tourmenté risque de chambouler bien des cœurs. Surtout dans cette Allemagne pré-nazie, où même les anciens combattants seront eux aussi bientôt persécutés. 

À LIRE AUSSI CETTE SEMAINE

L’accident de chasse

David L. Carlson et Landis Blair, aux Éditions Sonatine, 472 pages
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David L. Carlson et Landis Blair, aux Éditions Sonatine, 472 pages

Charlie Rizzo a toujours pensé que son père était devenu aveugle à cause d’un bête accident de chasse. Mais un jour, Matt Rizzo sera obligé d’avouer la vérité à son fils : du temps où il faisait encore partie de la mafia de Chicago, il a participé à un braquage qui a mal tourné et à la suite duquel il a perdu la vue. Tiré d’une histoire vraie, un roman graphique en noir et blanc tout à fait admirable.  


Le vin en un coup d’œil

Catherine Gerbod et Pierre Herbert, aux Éditions First, 336 pages
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Catherine Gerbod et Pierre Herbert, aux Éditions First, 336 pages

Si l’on veut en savoir plus sur les vins, c’est le livre qu’il nous faut. Sa présentation aérée (pas de longs blocs de texte bourrés de détails techniques !) et ses nombreuses illustrations nous permettent en effet de découvrir facilement les principaux cépages, d’apprendre les bases de la dégustation ou d’accorder plus judicieusement mets et vins.


Secrets d’Histoire 10

Stéphane Bern, aux Éditions Albin Michel, 352 pages
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Stéphane Bern, aux Éditions Albin Michel, 352 pages

Eh oui, le temps file à une vitesse folle ! Car avec ce dixième tome de la collection Secrets d’Histoire, on peut affirmer sans se tromper que ça fait déjà 10 ans que Stéphane Bern nous régale chaque année avec ses portraits d’illus­tres personnages. Le cru 2020 vaut donc le détour, surtout si l’on souhaite en savoir plus sur Beethoven, Gengis Khan, Simone de Beauvoir ou la comtesse de Ségur.  


Tea time à Downton Abbey

Collectif, aux Éditions Solar, 144 pages
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Collectif, aux Éditions Solar, 144 pages

Si l’on profite de la période des fêtes pour voir ou revoir en rafale tous les épisodes de la télésérie britannique Downton Abbey, ce livre est le complément idéal. Afin de nous permettre de reproduire à la maison un afternoon tea susceptible de faire pâlir d’envie les membres de la famille Crawley, il nous explique en effet comment réaliser scones à la crème, shortbread au toffee, cannelés, cake au gingembre, tartelettes au citron, bouchées au fromage ou cornish pasties. Miam !