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Les miraculés: sur ses patins grâce au Botox

Un garçon de Sainte-Julie gagne de la motricité grâce à un traitement de l’Hôpital Shriners

GEN - ARTHUR HERRERA 10 ANS
Photo Martin Alarie Arthur Herrera-Charbonnier, âgé de 10 ans, a reçu en cadeau de Noël une patinoire dans sa cour de Sainte-Julie, en Montérégie.

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Un traitement inusité d’injections de Botox dans la jambe permet au jeune Arthur Herrera-Charbonnier, atteint d’une paralysie cérébrale limitant sa motricité, d’enfiler des patins et de glisser sur la glace. C’est le plus beau des cadeaux pour un fanatique de hockey comme lui. 

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« On lui met des patins et il s’émerveille, lance sa mère, Sylvie Charbonnier. Le sourire qu’il a, et il donne tout ce qu’il peut, moi, ça me dépasse. »

« Je suis quand même pas pire », renchérit en souriant le garçon de 10 ans.

Arthur est né prématurément à 30 semaines. Mais il a surtout fait un accident vasculaire cérébral (AVC) périnatal, causant une paralysie cérébrale.

« [Les médecins] ne peuvent pas nous dire pourquoi ou si c’était pendant la grossesse, à la naissance ou juste après [...] mais Arthur est très chanceux, car c’est la forme la moins sévère. Ç’a seulement touché à sa motricité, du côté droit », dit sa mère.

Ce n’est d’ailleurs que de nombreux mois après sa naissance que l’AVC et la paralysie ont été découverts, lorsqu’Arthur a commencé à déambuler. 

« Il marchait comme sur la pointe du pied. On trouvait ça étrange, mais tout le monde nous disait de ne pas nous inquiéter », se souvient Mme Charbonnier, âgée de 55 ans.

GEN - ARTHUR HERRERA 10 ANS
Photo Martin Alarie

La résidente de Sainte-Julie se rappelle aussi sa surprise voyant que son fils semblait être un gaucher.

Chanceux dans sa malchance

Quand le verdict est finalement tombé, après une IRM du cerveau, elle a pleuré. Mais elle s’est vite ressaisie, voyant le peu de séquelles pour Arthur. 

« On comprend la chance qu’on a », souffle-t-elle.

Arthur a reçu les soins de physiothérapeutes pour l’aider. Mme Charbonnier souligne que très tôt, on lui a suggéré de ne jamais empêcher son fils d’essayer un sport, afin d’aider son développement.

N’empêche, son cœur de maman se déchirait à voir la passion de son fils pour les sports, comme le hockey et le Canadien de Montréal surtout, et son désir de jouer dans une équipe.

Une percée est néanmoins venue aider grandement son garçon à l’Hôpital Shriners pour enfants à Montréal, spécialisé dans les soins orthopédiques (voir texte plus bas).

Grâce à des injections de Botox dans la jambe, le muscle d’Arthur se relâche et lui permet de marcher le pied à terre. 

« À l’école, si je ne le mentionnais pas, personne ne le voyait », assure Mme Charbonnier. 

« Ou presque », ajoute Arthur, à ses côtés, conscient du regard des autres parfois.

Non seulement il enfile aujourd’hui ses patins, mais Arthur joue aussi au baseball l’été – où il adore être au premier but –, joue au soccer et fait même du ski.


 

AVC PÉRINATAL  

  • Paralysie cérébrale, affectant sa motricité du côté droit  
  • Injections de Botox à la jambe pour relâcher ses muscles     

Excellent pour relâcher les muscles  

Les injections de Botox sont très populaires pour combattre les rides du visage, mais à l’Hôpital Shriners pour enfants de Montréal, les médecins injectent cette toxine pour aider des jeunes à marcher.

Chez un enfant qui souffre de paralysie cérébrale comme Arthur Herrera-Charbonnier, le muscle « est toujours contracté », explique le chirurgien orthopédique et pédiatre Thierry Benaroch.

Le Botox est une toxine botulique, un poison, qui paralyse les nerfs. En minuscule quantité, il a des bienfaits thérapeutiques.

« Ça relâche le muscle, précise le Dr Benaroch. Ainsi, le tendon d’Achille se relaxe et le pied descend. »

Après les injections, le pied est aussi mis dans le plâtre quelques semaines pour l’allonger. L’effet est temporaire et s’estompe après environ neuf mois. 

Douloureux

Arthur a reçu quatre fois du Botox au Shriners. Chaque traitement comprend quatre injections localisées. 

« Ça faisait mal, ça brûlait », se souvient le garçon.

Les quatre traitements sont le maximum, dit Thierry Benaroch, car sinon, cela pourrait affaiblir le muscle.

L’objectif est « d’acheter du temps » afin de faire une opération plus permanente pour allonger le tendon d’Achille, à un moment où la croissance de l’enfant est beaucoup plus avancée. Car trop jeune, elle serait à recommencer, précise-t-il.

Pas que physique

Si les injections aident Arthur physiquement, le Dr Benaroch y voit aussi une dimension psychologique importante.

« Socialement, c’est plus facile pour [les enfants souffrant d’une paralysie cérébrale]. Ça affecte leur estime de soi et leur image corporelle », explique le médecin.

Arthur devrait être opéré l’an prochain pour allonger son tendon d’Achille et il a hâte de voir la différence, confie-t-il.

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