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Quand la maladie d’un enfant fait aussi mal aux finances de la famille

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Illustration Adobe Stock

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La naissance d’un enfant constitue habituellement une source de bonheur et de réjouissance. Pour Jeanne et Guillaume, l’état de santé précaire de leur bébé a plutôt eu de douloureuses conséquences.

Jeanne étudiait dans le domaine de la santé lorsqu’elle est tombée enceinte. 

Mettant ses études sur pause, elle a déniché un emploi à temps partiel dans une petite boutique, ce qui lui a permis de contribuer aux dépenses du ménage. 

Son conjoint, lui, travaillait comme mécanicien au garage du village.

Même s’ils avaient accumulé quelques dettes en cartes de crédit et en prêts personnels, l’avenir ne semblait pas sombre aux yeux des futurs parents. 

Mais à l’arrivée du nouveau-né, les problèmes de santé de celui-ci nécessitent son hospitalisation dans un établissement spécialisé situé à plus de 400 kilomètres de la résidence familiale. 

Les parents restent au chevet de leur petite fille pendant trois mois, ce qui engendre des coûts importants en logement et nourriture.

Heureusement, leur enfant se rétablit et la petite famille peut désormais rentrer chez elle. Cette expérience angoissante et épuisante a toutefois eu raison de la santé de Guillaume, qui sombre dans une dépression et n’est pas en mesure de reprendre son travail au garage. 

C’est la catastrophe pour le couple qui comptait sur ce salaire pour réussir à joindre les deux bouts.

Aucune marge de manœuvre

Lorsqu’ils ont rencontré Érika Cloutier, conseillère principale en redressement financier chez Raymond Chabot, Jeanne et Guillaume avaient accumulé 37 500 dollars de dettes. La jeune femme devait encore 7500 dollars sur un prêt étudiant, ainsi que 10 000 dollars sur ses cartes de crédit. Son conjoint avait contracté un prêt personnel de 8000 dollars alors que ses cartes de crédit affichaient un solde de 12 000 dollars.

« Pour rembourser leur dû, ils devaient chacun débourser plusieurs centaines de dollars par mois. À cela s’ajoutent des dépenses mensuelles de 2845 dollars pour le logement, l’épicerie, les médicaments, etc. Au total, cela représente un montant de près de 4200 dollars par mois », détaille Érika Cloutier.

La mère de famille reçoit des prestations du Régime québécois d’assurance parentale et Guillaume des prestations de maladie de l’assurance-emploi. 

Avec les allocations fédérales et provinciales pour enfant, leurs revenus totaux s’élèvent à 3360 $, ce qui ne leur laisse aucune marge de manœuvre.

Une proposition libératrice

Avant de consulter la conseillère, le couple avait tenté d’obtenir un prêt de consolidation auprès de leur institution financière, afin de payer leurs dettes d’un seul coup puis de rembourser progressivement. Il ne leur a toutefois pas été accordé, car leur niveau d’endettement était déjà trop élevé et qu’ils avaient aussi plusieurs retards de paiement. 

Voulant à tout prix éviter la faillite et souhaitant rembourser leurs créanciers autant que possible, Guillaume et Jeanne ont opté pour la proposition de consommateur. 

Leurs dettes n’étant pas conjointes, chacun a effectué sa propre proposition, pour un montant de 225 $ pendant 60 mois. 

« Le prêt étudiant de Jeanne n’étant pas garanti par le gouvernement, elle a pu l’inclure dans la proposition de consommateur. Dans le cas contraire, il faut savoir qu’un tel prêt ne peut être inclus dans une faillite ou une proposition que si cela fait plus de sept ans que les études sont terminées », précise Érika Cloutier.

Aujourd’hui, Guillaume a recouvré la santé et a pu reprendre son travail au garage, ce qui a amélioré les revenus du ménage. Leur petite fille se porte bien et bientôt, Jeanne pourra reprendre ses études. 

Après avoir traversé de très mauvais moments, le couple peut enfin pousser un soupir de soulagement.

LEUR SITUATION FINANCIÈRE

Actifs :

  • Véhicule de Jeanne, Toyota Corolla 2011 : valeur marchande de 6000 $
  • Véhicule de Guillaume, Honda Civic 2013 : valeur marchande de 4000 $

Dettes de consommation :

Jeanne :

  • Prêt étudiant non garanti par le gouvernement : 7500 $ (2,45 % d’intérêt, paiement mensuel de 78 $)
  • Trois cartes de crédit totalisant 10 000 $ (19,99 % d’intérêt, paiement mensuel de 500 $)

Guillaume :

  • Deux cartes de crédit totalisant 12 000 $ (19,99 % d’intérêt, paiement mensuel de 600 $)
  • Prêt personnel : 8000 $ (10,42 % d’intérêt, paiement mensuel de 170 $)

TOTAL DES DETTES DE CONSOMMATION : 37 500 $

Revenus mensuels

  • Prestations de maladie de l’assurance-emploi de Guillaume : 1520 $
  • Régime québécois d’assurance parentale de Jeanne : 1075 $
  • Allocation canadienne pour enfant : 560 $
  • Soutien aux enfants : 209 $

TOTAL DES REVENUS : 3363 $

Dépenses mensuelles

  • 2845 $ (incluant loyer, téléphone, électricité, assurances, épicerie, médicaments, couches et lait pour l’enfant, etc.)