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Sol Invictus

Christmas winter decorations on the window
Photo Adobe Stock

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Chers amis, en cette période chamboulée de nos vies et de notre histoire; en ces temps où nous sommes privés de nos étreintes et de nos chaleurs, et après une année où nous avons tous été durement éprouvés, en toute honnêteté, j’avoue que je me demandais vraiment comment vous adresser mes vœux.

Je n’avais pas l’instinct d’y aller de mes joies folkloriques et traditionnelles, car je savais que cette fois-ci, elles passeraient de travers, même en étant aussi sincères que d’habitude. J’étais là, depuis quelques jours, à tourner en rond, quand j’ai fini par faire ce que je fais toujours quand quelque chose me chicote: je suis retournée faire un tour dans l’histoire, et cette fois-ci jusqu’aux origines mêmes de Noël.

Bien avant le marathon consumériste, bien avant que ce ne soit déclaré être la fête du p’tit Jésus et bien avant qu’on appelle même ça Noël, il y avait, au temps des anciens Romains, ce que l’on appelait les fêtes du Sol Invictus, du Soleil invaincu. Ces dernières se tenaient lors du solstice d’hiver et marquaient le début de l’allongement des jours. C’était, aussi concrètement que symboliquement, le déclenchement du compte à rebours avant le retour du beau temps. Mais, voyez-vous, plus je m’y attarde, plus je vois au cœur de cette tradition ancestrale une métaphore plus importante et plus belle encore. En effet, pour moi, le Sol Invictus, c’est la promesse nichée au cœur de la race humaine qui lui assure qu’elle sera toujours capable de tout traverser et la certitude que toute nuit n’est jamais éternelle.

Aujourd’hui, à ne pouvoir célébrer Noël comme nous en avons autrement l’habitude, je trouvais à propos de l’évoquer, car ainsi collectivement empêchés de nous livrer à nos traditions, on ne peut que mieux se rendre compte de ce qu’est véritablement l’essence de cette fête. C’est le rendez-vous annuel qui nous rappelle que, qui que nous soyons le reste de l’année, sans égard pour nos provenances, nos carrières et nos croyances, nous appartenons tous à cette même espèce, qui est habitée par un même besoin d’amour et de chaleur, qui lui permet ultimement de tout braver.

Je crois que si cette vieille coutume peut encore nous rappeler quelque chose, c’est que même le plus sombre et le plus terrible des hivers passe toujours. Même quand on désespère ou qu’il fait trop froid, car ce fameux soleil invaincu, bien avant d’être une divinité, un astre lointain ou une kyrielle de rites et d’interprétations, c’est d’abord et avant tout ce qui célèbre ces cœurs qui battent en nos poitrines, ainsi que la force de toutes nos résistances.

Alors, très chers amis, permettez-moi de vous souhaiter, simplement et au plus humble de ma personne, un très joyeux Noël et beaucoup d’amour. Que mes meilleurs sentiments et toute mon affection vous accompagnent et, en attendant de pouvoir nous retrouver, gardons bien en tête que viendra tôt ou tard le jour où nous nous remémorerons cette étrange période avec l’immense fierté d’en être sortis plus forts.