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COVID-19: Jean-François Roberge ne céderait sa place de ministre de l’Éducation à personne

La dernière rentrée scolaire lui a causé de l’insomnie

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Pas un seul instant, depuis le début de la pandémie, Jean-François Roberge n’a souhaité occuper un autre siège que celui de ministre de l’Éducation à l’Assemblée nationale, où il a été photographié un peu plus tôt ce mois-ci.

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Malgré l’ampleur de la tâche accomplie durant ces derniers mois de pandémie, Jean-François Roberge ne céderait sa place de ministre de l’Éducation à personne. Il reconnaît néanmoins que l’insomnie l’a tenaillé au plus fort de la première vague et à la rentrée scolaire de septembre.

La vie d’un élu dans l’opposition est bien différente de celle de ministre, reconnaît-il d’emblée, en entrevue dans son bureau du complexe G, à Québec.

Derrière lui trône un support de guitare. Lorsqu’il était député de l’opposition, il se rendait à l’Assemblée nationale à pied les jours de session. Il profitait parfois de ce parcours pour jouer quelques mélodies.

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

Fonction de ministre oblige, il se rend désormais au bureau dans sa «limousine», le terme utilisé dans le jargon parlementaire pour désigner en fait une bien ordinaire minifourgonnette Toyota Sienna. Jean-François Roberge n’a pas pour autant remisé sa guitare, qu’il n’hésite pas à sortir lorsque le travail le retient au cabinet tard le soir.

«Un moment donné, je prends un dix minutes, je dérange tout le monde dans le bureau en jouant de la guitare, il faut que ça sorte», précise le grand gaillard de 6 pieds et 4 pouces. 

L’angoisse de la rentrée

Et le ministre reconnaît que les derniers mois ont parfois été «durs». Au printemps, les outils technologiques manquaient et il y avait de grandes disparités dans le réseau. «Ça me travaillait». L’angoisse de la rentrée, il l’a vécue lui aussi. «J’ai fait de l’insomnie», admet celui qui était professeur avant de faire le saut en politique. 

Une crise qu’il a aussi vécue comme père, son premier rôle. Comme bien d’autres jeunes, sa plus vieille a quitté le secondaire sans bal de finissants. Cet automne, pour sa toute première session au cégep, elle n’a pas mis les pieds en classe. «C’est très dur». 

Le ministre Jean-François Roberge en entrevue avec notre journaliste Geneviève Lajoie
Photo Stevens LeBlanc
Le ministre Jean-François Roberge en entrevue avec notre journaliste Geneviève Lajoie

Sa plus jeune, qui aura bientôt quinze ans, vit les cours en alternance, une journée sur deux à l’école, l’autre à la maison. « C’est sûr que les décisions du gouvernement les touchent directement. Des fois, elles m’en parlent, c’est normal ». 

L’arrêt des sports

L’arrêt des sports a aussi eu un impact dans sa propre chaumière. Une de ses filles fait de la danse et doit se contenter, comme beaucoup de jeunes, de faire des entraînements devant son écran.

Malgré les critiques, pas un seul instant Jean-François Roberge n’a souhaité occuper un autre siège que celui de ministre de l’Éducation. Il aimerait d’ailleurs pouvoir le conserver jusqu’aux prochaines élections. 

«Ce n’est pas moi qui contrôle tout ça, mais j’aimerais avoir la chance de faire quatre années. J’ai lancé beaucoup de choses qui sont à moyen et long termes». Réforme de la gouvernance scolaire, maternelle 4 ans, de belles écoles, énumère-t-il.

À 46 ans, il est toujours aussi passionné de politique. Il sera candidat en 2022. Le député de Chambly se voit-il, un jour, chef de la CAQ? «C’est vraiment pas sur mon écran radar , répond-il, du tac au tac.    

Ce qu’a dit le ministre Roberge   

  • «Il y a une chanson de Zébulon qui dit : “Quand c’est trop facile, il n’y a pas de mérite”. On dirait que je carbure à ça aussi, la hauteur du défi et la complexité de l’enjeu, ça me fait courir, ça me donne de l’énergie.» 
  • «Même si beaucoup de personnes m’ont déjà dit : “Je ne prendrais pas ta place”, bien moi, je ne céderais pas ma place. [...] Au contraire, je suis content d’être là pour prendre soin du réseau.»  
  • «J’ai de très bonnes relations avec [les porte-parole de l’opposition en éducation]. [...] Elles jouent leur rôle, elles le jouent très bien.»   

Du télétravail sur la table de ping-pong  

Comme nous tous, Jean-François Roberge a lui aussi dû s’adapter à la pandémie. À l’image de nombreux Québécois, il a parfois privilégié le télétravail. Et où s’installe un ministre de l’Éducation qui doit enchaîner les réunions virtuelles et plancher sur un plan de rentrée scolaire avec mesures sanitaires? Sur la table de ping-pong du sous-sol, évidemment! Sa conjointe, également contrainte au télétravail, occupait déjà la pièce servant de bureau, confie-t-il. 

Diplomatie française  

Malgré son emploi du temps chargé et ses nombreux déplacements à Québec, le député de Chambly tente de ne pas négliger son rôle de père. Évidemment, c’est «mathématiquement» impossible pour lui d’être présent auprès de ses filles tous les jours quand le Parlement siège. N’empêche, Jean-François Roberge se fait un devoir de leur parler tous les soirs, sans exception. «Ça fait six ans que je suis à l’Assemblée nationale, ça n’est jamais arrivé que je ne parle pas à mes filles. Tous les soirs elles ont leur quinze minutes avec leur père». Une règle qui s’applique également lorsqu’il est à l’étranger. Il se remémore une mission en France avec son homologue français Jean-Michel Blanquer. «Un moment donné, au milieu du souper, oubliez ça, je sors, je m’occupe de mes filles, les Affaires internationales attendront, ce n’est pas négociable!»