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Les p’tits bonheurs

GEN-
Photo Agence QMI, Steve Madden Privés de nos distractions habituelles des Fêtes, profitons-en pour redécouvrir les vrais bonheurs de la vie. Sur la photo, glissade au parc Michel-Chartrand de Longueuil, dimanche dernier.

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Jamais Noël n’aura fait l’objet d’autant de débats.

Quatre rassemblements, deux rassemblements, pas de rassemblements. Contrat moral, isolement volontaire, hausse des hospitalisations, confinement.

On a concocté les plans les plus fous, on a négocié, puis on s’est résigné.

Cette année, ce serait un Noël-COVID. Ma fille qui aime inventer des mots l’a baptisé le « Covidel ».

Et si c’était ça, un vrai Noël ?

Sans enjeu

On a été tellement stressé à espérer fêter, pour réaliser que finalement, Noël fut presque zen.

Pas de marathon de cuisine, pas d’angoisse sur la cuisson d’un mets ou d’un autre, pas de duel entre les femmes de la famille dans la cuisine.

Pas de pèlerinage sur nos routes glacées et enneigées.

L’isolement nous a même épargné la déception d’avoir raté notre coup en offrant un cadeau peu apprécié. Cette fois-ci, nous étions trop loin pour voir la déception sur le visage du destinataire. Avouons-le, ça n’a pas de prix.

Nous avions déjà pleuré l’absence des êtres chers. Nous avions déjà renoncé à certaines traditions pourtant immuables.

Que restait-il ?

Un coup de téléphone qui fait vraiment plaisir.

Une marche à 2 mètres pour se raconter, s’écouter, se dire qu’on s’aime.

Un café ou un verre de vin sur le perron et le trottoir.

Sans les artifices de la fête, il ne restait que le vrai. L’amour et l’amitié.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Se retrouver

Ce ne sont pas nos familles élargies que nous avons retrouvées, mais nous-mêmes.

Une intimité inhabituelle pendant les temps des Fêtes nous a permis de savourer une foule de petits bonheurs négligés.

Les rires victorieux d’un enfant qui bat enfin son papa aux cartes. Un gâteau cuisiné à la dernière minute parce que l’on a oublié d’acheter une bûche de Noël. Une, puis deux, puis trois journées en pyjamas. Manger des crêpes pour souper, du steak le 25, des cannes en bonbon pour déjeuner.

Lire, placoter, se reposer, se cajoler, se chatouiller. Prendre le temps de prendre son temps.

Quand nous arriverons à la fin de 2021 à la course, épuisés, surchargés par l’ensemble des fêtes de famille et d’amis pour venger la pandémie, n’oublions pas ce qu’elle nous a appris ces derniers jours.

Car, comme toute épreuve dans la vie, 2020 nous a ramenés à l’essentiel.

Félix Leclerc l’a exprimé avec justesse et poésie.

« J’ai bien pensé mourir, de chagrin et d’ennui. J’avais cessé de rire. C’était toujours la nuit... Enfin je me suis dit : Il me reste la vie. »