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Nashville: paranoïa 5G et/ou acte de vengeance?

Nashville: paranoïa 5G et/ou acte de vengeance?
Photo AFP

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L’enquête de la police fédérale américaine sur l’explosion à Nashville, au Tennessee, progresse à grands pas: 250 agents du FBI sont affectés au dossier. Les enquêteurs travaillent présentement selon l’hypothèse que l’auteur de la déflagration agissait seul et qu’il a péri dans l’attentat.

Plusieurs médias identifient Anthony Quinn Warner, 63 ans, comme principal suspect. Le FBI a perquisitionné son domicile en banlieue de Nashville. Il est propriétaire d’un VR comme celui qui contenait les explosifs. La police fédérale américaine a effectué un prélèvement d’ADN sur la mère de Warner afin de le comparer à celui tiré des restes humains retrouvés dans les débris du véhicule. 

La radio WSMV de Nashville rapporte que le FBI cherche à déterminer si Warner était victime de la parano 5G, qui veut que les Américains soient espionnés par cette technologie. Cela pourrait expliquer pourquoi le VR a explosé devant un centre de communications de l’entreprise AT&T. L'explosion a lourdement endommagé sa centrale et nécessité l'arrêt du service téléphonique sans fil dans plusieurs villes et États.

Autre comportement étrange de Warner. Selon le Daily Mail, Wagner a donné récemment sa demeure perquisitionnée par le FBI ainsi qu'une autre maison, une valeur totale de 409 000 $, à Michelle Swing, une femme de 29 ans vivant à Los Angeles. Contactée par le Daily Mail, elle a dit que c'était à son insu. Lorsque le journaliste lui a demandé si elle connaissait Warner, elle a répondu qu’à la demande du FBI, elle ne pouvait rien dire à ce sujet.

Il semble donc, pour l’instant, qu’il s’agisse d’un individu déséquilibré agissant seul qui est passé à l’acte. Pas un attentat de terrorisme intérieur comme les premières informations le laissaient craindre. 

L’extrémisme intérieur violent est une plus grande menace que celle des djihadistes. Depuis 1990, il y a eu plus d’attaques meurtrières aux États-Unis par des groupes armés d’extrême-droite que par des terroristes islamistes.

L'explosion de Nashville rappelle celle d'Oklahoma City. En 1995, un déséquilibré d’extrême-droite du nom de Timothy McVeigh avait fait sauter une voiture remplie d’explosifs devant un édifice fédéral d’Oklahoma City, tuant 168 personnes et en blessant plus de 680 autres. Parmi les victimes, 19 des morts étaient des enfants, dont 15 âgés de moins de 6 ans, qui étaient dans la garderie de l’immeuble. Il s’agit de l’acte de terrorisme le plus meurtrier de l’histoire des États-Unis, avant les attentats du 11 septembre 2001, et il demeure l’acte le plus meurtrier de terrorisme intérieur.

À Nashville, les responsables du Département de la Sécurité intérieure des États-Unis et du FBI ont d’abord pensé avoir affaire à un attentat d’un groupe voulant semer la terreur en faisant le moins de victimes possible. Un acte de représailles d’extrémistes déçus des résultats de l’élection présidentielle désirant faire un bras d’honneur aux élites du «Deep State» et aux Démocrates.

Des complots de l’ultra-droite de ce genre ont été déjoués ces derniers mois, dont celui visant à kidnapper et à assassiner la gouverneure démocrate du Michigan, Gretchen Whitmer, dans le but de provoquer une guerre civile.

Comme il fallait s’y attendre, les réseaux sociaux ont immédiatement été encombrés de théories complotistes concernant Nashville, où l'on complimentait l’auteur de l’attentat pour la méthode utilisée afin de minimiser les victimes. On vise les élites, pas le peuple.

Parmi les détraqués d’extrême-droite, le mimétisme est à redouter.

«Armé et prêt, Monsieur le Président». Des groupes pro-Trump ont lancé un appel à leurs partisans les invitant à apporter des armes et à se préparer à de la violence pour la manifestation «Stop the Steal» du 6 janvier à Washington, à l’occasion de la confirmation par le Congrès de la victoire de Joe Biden. Les Proud Boys, d’autres miliciens armés et des suprémacistes blancs, se sont tous engagés à y assister.

Dans un tweet, Trump avait exhorté ses disciples à participer à une «grande» manifestation «sauvage» (wild) à Washington pour remédier à son «impossible» défaite.