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Le casse-tête des produits essentiels

Les électroménagers ne sont pas considérés comme «nécessaires», mais la teinture à cheveux l’est

Alexandre Tremblay
Photo Nora T. Lamontagne Alexandre Tremblay a acheté une pelle et du papier hygiénique au Costco, mais pas la poubelle dont il avait besoin à cause des restrictions sur les produits non essentiels.

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Des clients qui doivent remplacer un électroménager sont perplexes devant la décision du gouvernement de ne pas les considérer comme des produits essentiels alors que la peinture blanche ou la teinture à cheveux le sont.

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«Je trouve ça un peu fou de dire qu’un four et un frigo, ça ne fait pas partie de la catégorie essentielle», juge Catherine Lavarenne, qui a dû s’en procurer pour meubler son nouveau logement.

La Montréalaise a finalement fait affaire en ligne et au téléphone avec un magasin de meubles usagés pour mettre la main sur ses précieux électros.

L’idéal aurait été d’aller les inspecter en personne pour s’assurer que tout était en ordre, reconnaît-elle, mais c’est impossible selon les règles sanitaires en vigueur jusqu’au 11 janvier.

«Ça nous oblige à faire confiance [aux vendeurs de seconde main]», ajoute-t-elle, en espérant que la porte de son prochain four ne grincera pas trop.

Pas de toasts

Rencontrés dans un Canadian Tire de Montréal, Suzanne et Bruce Shadeed étaient pour leur part à la recherche d’un nouveau grille-pain après que le leur a rendu l’âme.

«On fait beaucoup d’achats sur internet, mais c’est une urgence, alors on est venus», explique M. Shadeed.

Ils se sont rabattus sur le seul modèle de la rangée qui n’était pas derrière un X fait en ruban.

Incertains de pouvoir faire leur achat, ils ont été surpris de repartir avec leur petit électroménager.

«Vous pouvez [l’acheter] parce que c’est un four grille-pain», a expliqué la caissière après avoir consulté sa collègue. «Si c’était un grille-pain seulement, on ne pourrait pas.»

Cette situation illustre bien l’arbitraire de l’application des règles et la confusion qui règne autour de certains produits.

Pour le moment, on peut se procurer de la peinture blanche en quincaillerie, mais pas de mitaines dans les magasins à grande surface, alors que le mercure est à la baisse.

Ajustements nécessaires

Le gouvernement ayant préféré s’en tenir à de grandes catégories plutôt qu’à une liste de produits spécifiques, des ajustements seront nécessaires, concède Jean-François Belleau, porte-parole du Conseil canadien du commerce de détail.

«D’ici la fin de la semaine, les offres de service vont s’équilibrer. Les commerçants qui étaient un peu trop libéraux dans leur interprétation vont resserrer et ceux qui étaient trop rigides vont desserrer un peu», assure-t-il.

En attendant, les consommateurs sont nombreux à multiplier les arrêts pour trouver l’objet convoité, ce qui n’est pas nécessairement mieux.

«On est en train de déménager et il nous manque plusieurs trucs. On n’est pas capables de tout trouver», témoigne Alexandre Tremblay, à la sortie du Costco alors qu’il cherchait une poubelle et une brosse à cuvette, des produits jugés non essentiels par la chaîne.

Sans se laisser décourager, il comptait poursuivre sa quête dans les quincailleries avoisinantes.

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