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Le marché immobilier en 2020 : que doit-on retenir?

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Confinement, télétravail et taux d’intérêt plus bas : le marché immobilier ne l’a pas eu facile en 2020. Voici ce qu’il faut retenir de cette année plus que mouvementée.

Un premier trimestre occupé  

Selon le directeur général et courtier chez Royal LePage Village, Georges Gaucher, le premier trimestre de l’année a été le plus occupé depuis plus d’une décennie. Le premier confinement imposé pour limiter la propagation de la COVID-19 a toutefois freiné cet élan, comme le courtage immobilier n’était plus possible durant au moins sept semaines.

Charles Brant, directeur du Service de l’analyse à l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), ajoute de son côté qu’une baisse de 75% des ventes au mois d’avril a été remarquée. 

«Quand on est sorti du confinement, ç’a été comme l’effet d’un élastique. L’activité du marché a démarré en trombe et ça n’a pas cessé jusqu’à environ maintenant avec l’approche des Fêtes», explique Georges Gaucher, qui qualifie l’année 2020 de phénoménale. 

Photo d'archives, Didier Debusschère

Télétravail et confiance des consommateurs  

Si la pandémie n’a pas refroidi la confiance des consommateurs, personne ne prévoyait toutefois un engouement pour la propriété aussi important.

Pour Charles Brant, le télétravail a eu un effet notable sur le marché à l’extérieur. «La proximité du lieu de travail, ce qui est un élément de choix fondamental, a été remise en question et grâce au télétravail ça permet de travailler de plus loin. Tous les marchés qui sont plus en périphérie des grandes zones urbaines ont explosé», raconte-t-il. 

Une volonté d’avoir accès à un espace plus grand et de passer à une propriété unifamiliale s’est beaucoup reflétée dans les statistiques. Une forte hausse des ventes dans le secteur des propriétés unifamiliales a d’ailleurs été observée, contrairement à une baisse de la copropriété sur l’île de Montréal. 

Photo Adobe Stock

Emplois et taux d’intérêt  

Le souhait d’acheter une propriété pour les ménages québécois n’aura également pas été freiné par la perte des emplois, qui ont tous majoritairement repris après le premier confinement. 

«L’emploi était là, les taux d’intérêt étaient bas et ce qu’on n’avait pas prévu, c’est que les gens en restant chez eux n’ont pas dépensé. La mise de fonds s’est trouvée bonifiée, alors ç'a augmenté les fonds», soutient Georges Gaucher. C’est trois éléments qui ont fait que les consommateurs ont repris où ils avaient laissé dans l’achat d’une propriété. En 2020, personne n’aurait pu le prévoir qu’il y aurait plus d’acheteurs qu’avant», note-t-il. 

Devant cette explosion du marché pour les maisons unifamiliales et un niveau d’inventaire déjà serré pour ce type de propriété, une forte pression à la hausse pour les prix a été créée dans le marché de ces propriétés dans les banlieues.

Et en 2021?  

Ceux qui envisageaient une baisse des prix en 2021 pourraient bien être déçus. « On pense que, comme l’inventaire est quand même serré partout et que le niveau de construction n’est pas en mesure de venir contrebalancer ce phénomène, les prix vont continuer à monter en 2021», explique Charles Brant. 

De son côté, Georges Gaucher croit qu’une situation semblable aux suites du premier confinement se produira à la fin de cette pause imposée par le gouvernement Legault pour le temps des Fêtes. «On va avoir un printemps très actif et ça va se stabiliser au courant de l’été et de l’automne et on va arriver à un marché plus équilibré à la fin de l’année.»

Les acheteurs de copropriétés, par exemple à Montréal, pourraient toutefois être servis par la nouvelle année. «Ça sera une opportunité pour certains ménages qui veulent rester en ville d'acheter à des conditions plus intéressantes et avec moins de surenchère», note M. Brant. 

hedgehog94 - stock.adobe.com

Principaux faits saillants du bilan 2020 de l’APCIQ   

  • Record de ventes pour l’année 2020 avec 110 000 transactions projetées      
  • Toutes catégories confondues, augmentation de 15 % des ventes en 2020 et diminution de 29 % des inscriptions      
  • Hausse importante des ventes de propriétés unifamiliales (+17 %), de janvier à novembre      
  • 32 250 ventes hors RMR ont été enregistrées de janvier à novembre 2020, une hausse de 28 % contre 10 % pour les RMR, ce qui démontre une accélération des déplacements hors des grandes villes      
  • Le prix des propriétés résidentielles n’est plus le critère de choix principal des premiers acheteurs      
  • Hausse des déplacements vers la périphérie de l’île de Montréal      
  • La généralisation du télétravail est un catalyseur dont l’impact est majeur puisqu’il s’applique à tout le Québec      
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