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Les grandes leçons de 2020

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Photo d'archives, AFP Des partisans de Donald Trump ont manifesté devant la Cour suprême pour dénoncer le résultat de l’élection présidentielle sur cette photo prise le 12 décembre, à Washington.

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L’année 2020 a été riche en enseignements dont nous aurions préféré nous passer. La première leçon provient de la pandémie de COVID-19. Personne ne s’attendait à ce que ce coronavirus fasse de tels dommages. 

Il n’est pas très mortel, en comparaison de l’Ebola ou de la peste noire. Mais il a nécessité des confinements partout dans le monde, de crainte que les systèmes de santé débordent. Que nous nous soucions autant de la santé des autres est une bonne nouvelle. Il n’y a pas si longtemps, les démunis auraient été sacrifiés. 

La pandémie a aussi montré que nous comprenons mieux l’économie. Ne pas intervenir massivement aurait fini par coûter encore plus cher. Certains pays ont-ils trop aidé ? Peut-être. Mais il valait mieux faire trop que pas assez.

La seconde leçon concerne Donald Trump. Sa folie a permis de montrer combien la démocratie tient finalement à peu de choses. On conçoit que sans une culture démocratique profondément implantée aux États-Unis, le pays serait devenu une dictature avec Trump à sa tête.

Une Chine brutale

La troisième grande leçon vient de la Chine. Elle a démontré qu’elle n’était plus un partenaire souhaitable pour les démocraties.

Xi Jinping est parvenu à discréditer la Chine dans une majorité de pays. Son gouvernement a adopté des politiques brutales, agressives et totalitaires.

Par exemple, il a interné plus d’un million de musulmans ouïgours dans des camps de rééducation afin de les assimiler davantage à la culture chinoise dominante. Cette assimilation accélérée s’est produite sous le silence troublant des pays musulmans.

Xi est aussi intervenu brutalement à Hong Kong, notamment en votant une loi qui criminalise ceux qui partout dans le monde osent critiquer son administration. La Chine a attaqué l’Inde. Une première depuis presque 60 ans. Elle s’est livrée à une propagande médicale répugnante. Sa diplomatie est devenue plus arrogante et elle travaille plus ouvertement contre la démocratie. 

Petits États, grande dépendance

Une quatrième leçon provient de petits États. L’avenir de plusieurs d’entre eux est plus que jamais lié à la volonté des grandes puissances. Par exemple, les Biélorusses peinent à se libérer de la dictature en raison de la bienveillance intéressée de Vladimir Poutine pour Alexandre Loukachenko. Le Liban ne peut pas se débarrasser de ses dirigeants corrompus, entre autres parce que le Hezbollah est piloté par l’Iran qui veut garder son influence dans ce pays.

Les Algériens ne peuvent pas mettre dehors leurs dirigeants corrompus parce que les Européens redoutent le vacuum que cela pourrait créer. Les Arméniens ont perdu des territoires parce que la Russie préférait garder de bonnes relations avec ses alliés régionaux, en particulier la Turquie.

La Corée du Nord, en apparence si forte avec son armement nucléaire, est en réalité devenue plus dépendante de la Chine. 

Pour ces petits pays, 2020 a été le triomphe de la realpolitik.